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Le Bureau de projets du prolongement de la ligne bleue lance ses opérations

Plan de la ligne bleue incluant les stations projetées Pie-IX, Viau, Lacordaire, Langelier et Anjou
Le projet le plus récent comprend cinq nouvelles stations jusqu'à l'arrondissement d'Anjou. Photo: Radio-Canada
René Saint-Louis

Le Bureau de projets du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal est maintenant pleinement opérationnel. Une centaine de personnes y travaillent et ce chiffre doit doubler d'ici la fin de l'année.

Ça sent le neuf lorsqu'on entre dans les locaux fraîchement aménagés du 7e étage de la Place Bonaventure. Sur un mur à côté de l'accueil, l'oeil est attiré par une gigantesque carte du métro de Montréal sur laquelle figurent les cinq nouvelles stations de la ligne bleue.

À l'inverse, un détail somme toute très significatif peut facilement passer inaperçu : le nom du Bureau de projets... Tout y est au pluriel : projets, prolongements, grands projets...

Pourquoi ? « Au cas où », répond-on simplement!

Il est intéressant de souligner le choix du pluriel à l'accueil du nouveau bureau de projet de la ligne bleue. Il est écrit sous le comptoir d'accueil: prolongements et grands projets.Il est intéressant de souligner le choix du pluriel au comptoir d'accueil du nouveau bureau de projet de la ligne bleue. Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Le bureau est déjà opérationnel, souligne le responsable des projets majeurs à la Société de transport de Montréal (STM), François Chamberland. Les ressources internes de la STM y sont à pied d'oeuvre. « On a des gens qui connaissent bien la construction de métro. On a le projet du garage Côte-Vertu qui est un mini-prolongement de métro. Il y a quand même un kilomètre et demi de tunnels dans ce projet-là. »

Divers professionnels de l'extérieur de la STM, dont des ingénieurs, se joignent aussi au Bureau de projets. Les plus nombreux sont ceux du consortium GPLB, composé des firmes AECOM, EXP et Tetra Tech, qui a remporté un important appel d'offres l'automne dernier pour fournir l'expertise en géotechnique, en structure, en planification et en gestion de projet.

Le nombre d'employés augmente au fur et à mesure qu'on forme les équipes. À la fin janvier, le consortium d'architectes formé des firmes Barin et Jodoin Lamarre Pratte architectes s'est joint au projet, lui aussi après avoir remporté un appel d'offres. Tous travaillent dans un grand espace ouvert où le bleu domine.

De grandes salles ont aussi été prévues pour des rencontres avec des entrepreneurs, la Ville, des journalistes, et les éventuels comités de citoyens.

François Chamberland, directeur exécutif Ingénierie, Infrastructures et Projets Majeurs de la STM. Il pose devant une carte géante du métro de Montréal.François Chamberland, directeur exécutif Ingénierie, Infrastructures et Projets Majeurs de la STM. Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Prochaine station...

Le projet ne sera pas réalisé en partenariat public-privé, indique le cabinet du ministre des Transports François Bonnardel.

L'équipe du Bureau de projets travaillera donc au cours de la prochaine année à préparer le dossier d'affaires. « Les plans du métro ont été faits à 30 %, précise François Chamberland. Donc on n'a pas répondu à toutes les questions comme la qualité du roc, des choses comme ça. Tout ça reste à préciser. En faisant les plans complets, on va répondre à toutes les questions techniques. On va pouvoir avoir un prix beaucoup plus précis et identifier des risques ou en éliminer. »

L'appel d'offres pour trouver un ou des maîtres d'oeuvre devrait avoir lieu à la fin de 2020 ou au début 2021. Les travaux pourraient commencer dès 2021. L'ouverture complète de la ligne bleue est prévue pour 2026, mais François Chamberland n'écarte pas la possibilité qu'elle survienne plus tôt selon la rapidité d'exécution du constructeur.

Les nouveaux locaux du Bureau de projets de la STMLes nouveaux locaux du Bureau de projets de la STM Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Le grand tunnelier?

La construction des cinq stations et des 5,8 km de tunnel se fera comme par le passé, c'est-à-dire qu'il faudra excaver les stations et les relier entre elles en creusant un tunnel dont la profondeur variera de 25 à 30 mètres. La rue Jean-Talon ne sera donc pas éventrée sur toute sa longueur.

Pour ce qui est de la technologie utilisée pour creuser le tunnel, François Chamberland précise que ce sera au soumissionnaire de l'éventuel appel d'offres de choisir.

« C'est à lui de prendre le risque avec sa méthode de construction pour que ça nous coûte le moins cher possible, pour que son offre soit la plus intéressante. Donc le choix du tunnelier, du dynamitage ou d'utiliser une haveuse... C'est laissé aux entrepreneurs de choisir la méthode. »

Expropriations

Les avis d'expropriation ont été envoyés au cours des dernières semaines, souligne François Chamberland. 45 terrains doivent être expropriés. Cela comprend un restaurant McDonald, un Pharmaprix, une clinique médicale, des résidences et même des immeubles d'habitation. L'emplacement de quatre des cinq futures stations est connu. Elles seront sur la rue Jean-Talon aux intersections du boulevard Pie-IX, de la rue Viau, du boulevard Lacordaire et du boulevard Langelier. L'emplacement de la dernière station demeure inconnu et fera l'objet d'une annonce ultérieure. Les négociations avec des partenaires « commerciaux et privés se poursuivent », dit François Chamberland.

Un budget de 305 millions de dollars a été prévu pour les expropriations.

Le budget de construction de la ligne bleue est estimé à 3,9 milliards de dollars.

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