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Usine de compostage à Montréal : un premier contrat de 175 millions

Un bac de compost de la Ville de Montréal.

Photo : Getty Images / Marc Bruxelle

Radio-Canada

Après près de dix ans d'attente, Montréal s'apprête à octroyer un contrat de 175 millions de dollars pour une première usine de compostage dans l'arrondissement de Saint-Laurent. L'administration Plante remet à plus tard quatre autres usines annoncées par son prédécesseur Denis Coderre pour des raisons financières, notamment.

Un texte de Jean-Philippe Robillard

La Ville de Montréal souhaite depuis plusieurs années que les matières organiques des bacs bruns soient traitées sur son territoire plutôt qu’à l’extérieur pour des raisons environnementales. Dans cette optique, le comité exécutif doit autoriser mercredi la Ville à octroyer un contrat de 175 millions de dollars à la multinationale française Suez pour construire et gérer un centre de compostage dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

Le contrat prévoit une somme de 146 millions de dollars pour la construction de l’usine, et un montant de 29 millions de dollars pour une période de cinq ans pour la gestion du centre de traitement. Les travaux devraient être terminés en 2021. On devrait y traiter 50 000 tonnes de matières organiques par année.

Le responsable de l'Environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau, estime que le premier « objectif de ce centre de traitement est de vraiment de réduire les gaz à effet de serre parce que c'est beaucoup, beaucoup de camionnage quand on envoie à l'extérieur ».

Ces matières organiques sont présentement acheminées et traitées sur la rive nord de Montréal.

Il affirme également que l’implantation de ce nouveau centre va permettre à la Ville d’étendre la cueillette des matières organiques aux immeubles à logements de neuf unités et plus ainsi qu’à l’ensemble des commerces et institutions de la métropole.

Selon M. Parenteau, les écoles et les hôpitaux vont s’ajouter à la cueillette pour augmenter le taux de participation au compostage. « Les gens le font chez eux, mais lorsqu’ils arrivent dans leur milieu de travail ou encore à l’école, ils ne peuvent pas le faire », soutient-il.

Le taux de récupération des matières organiques est actuellement de 27 % à 29 % dans la métropole. L’administration Plante souhaite faire grimper ce taux au cours des prochaines années.

Jean-François Parenteau soutient que le compost traité dans la nouvelle usine sera « réutilisé dans les parcs de la ville ». La matière pourrait aussi être vendue dans des centres de jardin.

Des projets remis à plus tard

Alors qu'elle octroie ce contrat, l'administration de Valérie Plante revoit la stratégie de ses prédécesseurs dans ce dossier en raison de l’explosion des coûts des projets. On a décidé d’implanter les usines par étape.

L’autre centre de compostage qui était prévu par l'administration Coderre dans le secteur Pointe-aux-Trembles est remis à plus tard. Des retards sont aussi à prévoir pour le centre de biométhanisation dans l'est de Montréal.

L’administration Plante trouve le montant de la soumission, qui s’élèverait autour de 120 à 130 millions de dollars, trop élevé. La situation est telle que la Ville a entamé des négociations avec l’unique soumissionnaire, la multinationale Suez.

Jean-François Parenteau ne s’en cache pas : il souhaitait faire baisser le coût de la facture. « Comme il y a un fournisseur unique, on commence les négociations pour essayer d'avoir un meilleur prix pour l'implantation de ce centre », explique-t-il.

Il ajoute qu’une fois l’usine en fonction, les camions de la ville pourraient éventuellement utiliser les gaz produits par l’usine « pour rouler ».

L’autre centre de biométhanisation dans l’arrondissement de LaSalle est également remis à plus tard, tout comme le centre de prétraitement à Montréal-Est.

Les projets de centres de compostage et biométhanisation ont été annoncés par les maires Gérald Tremblay et Denis Coderre.

En 2010, l'administration Tremblay avait annoncé vouloir se doter de deux centres de compostages, de deux usines de biométhanisation et d’un centre de prétraitement des matières organiques.

En 2017, plusieurs années plus tard, le maire Denis Coderre a lancé des appels d’offres pour la construction de cinq centres de traitement de matières organiques dont l’ouverture était prévue en 2020 et 2024.

À l’époque, les coûts étaient estimés à quelque 344 millions de dollars. Ils avaient depuis grimpé en flèche.

Appel à la vérificatrice générale

Devant l’augmentation des coûts des projets de biométhanisation et de compostage, l’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal demande à la Vérificatrice générale de la Ville d'enquêter sur l’ensemble de ces projets.

« On pense que c’est justifié de demander à la vérificatrice générale de s’attaquer à ce dossier-là, de donner l’heure juste. C’est pas avec un dix minutes au conseil municipal sur un dossier de 175 millions de dollars qu’on va pouvoir donner tout le temps et l’attention qui sont nécessaires pour ce contrat-là, mais également tous les autres contrats », a dit le chef du parti Ensemble Montréal, Lionel Perez.

M. Perez rappelle que le Vérificateur général de la Ville avait enquêté sur les contrats des compteurs d'eau il y a une dizaine d'années.

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