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Déroule le rebord : le coût environnemental des gobelets à usage unique en vaut-il la peine?

Déroule le rebord pour... gaspiller?
Radio-Canada

Tandis que de nombreux buveurs de café ces jours-ci déroulent le rebord de leur gobelet Tim Hortons pour voir s'ils ont gagné un prix, l'entreprise est interpellée quant à la quantité de déchets générés par sa promotion printanière populaire.

Afin de participer à son concours Dérrroule le rebord pour gagner, il faut en effet avoir en main un gobelet jetable en papier de Tim Hortons, dont le rebord peut receler la possibilité de recevoir un prix allant d’un café gratuit jusqu’à un véhicule neuf. Si l’on a l’habitude de boire son café dans une tasse réutilisable, on ne peut pas jouer.

Pour ce populaire concours lancé en 1986, pas moins de 300 millions de gobelets jetables sont fabriqués. Et comme cinq gobelets sur six ne recèlent aucun prix, cela soulève des questions sur la responsabilité environnementale de la chaîne de restauration rapide.

Les gobelets jetables se retrouvent sur nos routes, sur nos plages, dans la nature, dans nos parcs et on a un problème avec ça, souligne Mark Butler, le directeur des politiques au Centre d’action écologique d’Halifax.

Tim Hortons est un grand producteur de déchets qu'on retrouve sur les plages canadiennes, renchérit Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l’Université Dalhousie, citant une récente enquête identifiant Tim Hortons comme l’un des plus importants pollueurs (Nouvelle fenêtre).

Aux côtés d'Eve Helman devant un Tim Hortons de Calgary, Mya Chau montre sur son cellulaire la pétition en ligne.Agrandir l’imageEve Helman (à gauche) et Mya Chau (à droite), âgées de 12 ans, ont lancé une pétition pour que la campagne de Tim Hortons soit plus environnementalement responsable. Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Ce mois-ci, trois jeunes de Calgary, Mya Chau, Eve Helman et Ben Duthie, ont lancé une pétition pour que Tim Hortons revoie sa façon de faire à l’occasion du concours Dérrroule le rebord. Les deux adolescentes qui participent à la présente initiative avaient auparavant interpellé avec succès l'entreprise Starbucks pour qu’elle améliore certaines de ses pratiques.

Ces appels pour que Tim Hortons envisage de nouvelles façons de faire pour son populaire concours ne sont pas nouveaux, et vont croissants, souligne Sylvain Charlebois. Chaque année, il y a des pétitions qui, à répétition, sont présentées auprès de RBI, c’est-à-dire Restaurant Brands International, la société mère de Tim Hortons.

On voit vraiment qu'il y a une mouvance vers la responsabilisation environnementale dans la restauration rapide.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires.

L’une des avenues proposées, avance M. Charlebois, c'est de numériser la campagne, donner le choix aux Canadiens d'arriver avec une tasse réutilisable, mais tout de même leur donner une chance de participer à la campagne, au concours.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie.Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie. Photo : Radio-Canada

Une autre idée : que Tim Hortons utilise des gobelets compostables, plutôt que jetables, dans ses magasins. Mais comme les solutions compostables sont plus chères, elles pourraient être peu séduisantes pour une entreprise comme Tim Hortons, qui se targue de vendre ses cafés à faible coût.

Tim Hortons n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

Les gobelets en papier de Tim Hortons sont en principe recyclables, indique l'entreprise sur son site Internet (Nouvelle fenêtre), mais de nombreuses localités ne possèdent pas les installations appropriées pour les recycler.

D’après un reportage de Paul Légère

Nouvelle-Écosse

Pollution