•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Winnipeg veut savoir ce que vous pensez de ses monuments controversés

Une statue montée sur une colonne entre deux bâtiments imposants.
Cette statue rend hommage à un soldat mort en combattant le chef métis Louis Riel. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le maire de la capitale manitobaine veut entendre l'avis des Winnipégois au sujet des monuments et des noms de rue. Il souhaite ainsi éviter les conflits culturels qui font rage ailleurs sur le continent.

C’est la Journée Louis Riel au Manitoba. La province commémore le chef métis exécuté en 1885 pour trahison. Beaucoup le considèrent maintenant comme le fondateur de la province. C’est un exemple qui illustre l’évolution de notre perception de l’histoire.

Un autre indice de cette évolution est que certains s’insurgent contre des noms de monuments, de lieux et de rue. C’est ce qui a mené Victoria, en Colombie-Britannique, à retirer une statue de John A. McDonald qui trônait devant l’hôtel de ville. Des situations comme celle-ci ont suscité des débats intenses.

Pour éviter une telle polarisation, Brian Bowman, le maire de Winnipeg, a décidé de consulter la population. Un sondage servira prochainement à déterminer la meilleure manière de tenir compte de différentes perspectives du passé.

Interrogé au sujet de monuments qui le « dérangent » à Winnipeg, Brian Bowman, qui est Métis, donne l'exemple d’une statue qu’il peut voir depuis son bureau.

Logé entre le musée du Manitoba et la Salle de concert du Centenaire, rue Main, à Winnipeg, c’est l'un des plus anciens monuments de guerre du Canada. Du haut de ses 15 mètres et de ses 133 ans, la statue rend hommage à un soldat mort en combattant le chef métis Louis Riel.

« Ce n'est pas une représentation fidèle de l'histoire », estime M. Bowman. Il pense qu’une statue comme celle-ci pourrait être contextualisée pour rappeler la mort de combattants métis à Batoche, et ainsi refléter une image plus complète de l'histoire.

Le président de la Fédération des Métis du Manitoba (MMF), David Chartrand, applaudit les efforts du maire, mais lui conseille d'être prudent. « Il ne faut pas effacer l'histoire », dit-il. Il souligne plutôt l’importance de tenir compte de toutes les perspectives.

L’exemple du monument de la bataille de la Grenouillère

Il rappelle le débat qui existait quant au nom de la bataille de la Grenouillère, longtemps appelée massacre de Seven Oaks.

Le 19 juin 1816, une altercation armée, brève et violente, éclate entre un groupe surtout composé de Métis de la Compagnie du Nord-Ouest et un autre de la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH).

L'escarmouche n’a duré que quelques minutes dans le nord de l'actuel emplacement de Winnipeg, non loin de la rue Main et du boulevard Rupertsland. Au total, 22 hommes perdent la vie, principalement dans les rangs de la CBH, puisqu'un seul Métis tombe au combat.

Pour commémorer les 200 ans de l’affrontement, la MMF et des représentants des trois ordres du gouvernement ont organisé une cérémonie, qui comportait, entre autres, le dévoilement d’un monument embelli, avec des panneaux soulignant l’importance de l’événement pour les Métis.

Manitoba

Histoire