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Technologie 5G de Huawei : des nouvelles de Londres qui pourraient rassurer Ottawa

L'extérieur du centre de recherches de Huawei à Ottawa
L'équipementier chinois Huawei continue de susciter des interrogations et des craintes ici comme en Europe. Photo: Reuters / Chris Wattie
Radio-Canada

Les responsables canadiens vont « pousser un soupir de soulagement » après des indications de décideurs britanniques selon lesquelles Londres serait en mesure de gérer d'éventuels risques posés par le géant chinois des télécommunications Huawei dans le cadre du développement de la prochaine génération de réseaux sans fil, estime un expert en renseignement au fait du dossier.

Des médias britanniques ont rapporté que le National Cyber Security Centre du pays avait conclu qu'en agissant de façon prudente et en instaurant des garde-fous, les équipements de Huawei pouvaient être employés pour déployer des réseaux « 5G », alors que les États-Unis font pression pour faire interdire l'équipementier chinois.

Si Londres donne prudemment le « feu vert » à l'entreprise, cela laissera un peu de marge de manoeuvre à Ottawa pour prendre une décision de façon autonome, affirme Wesley Wark, un expert en renseignement qui enseigne à l'Université d'Ottawa.

« Quant à savoir si une telle approche peut fonctionner au Canada, au vu de la pression américaine, c'est là la grande question, tout comme on s'interroge là-dessus au Royaume-Uni et en Europe », mentionne M. Wark.

L'arrivée prochaine de la réseautique nouvelle génération, qui promet une vitesse de transfert bien supérieure aux vitesses actuelles, pousse le gouvernement fédéral à évaluer une possible participation de Huawei à ce nouveau système de télécommunications.

Une entreprise ou un réseau d'espionnage?

Les inquiétudes concernant Huawei tournent autour du fait que le fondateur de l'entreprise est un ancien membre de l'Armée populaire de libération et est membre en règle du Parti communiste chinois.

En Chine, d'ailleurs, la Loi sur le renseignement national stipule clairement que les organisations et citoyens du pays doivent apporter leur soutien, leur assistance et leur collaboration aux démarches nationales en matière de renseignement.

Beaucoup d'experts et de politiciens pensent que Pékin pourrait utiliser les nombreuses installations de Huawei présentes dans divers pays du globe pour espionner les ressortissants de ces pays.

Les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, trois partenaires du Canada au sein du réseau de renseignement Five Eyes, ont déjà tranché cette question, en bannissant l'entreprise de leur territoire respectif.

Sur le Vieux Continent, l'Union européenne évalue toujours ses options avec, à la clé, la possibilité d'évincer Huawei par la force des choses. Cela pourrait passer par la modification d'une loi de 2016 sur la cybersécurité, qui oblige les entreprises impliquées dans des infrastructures jugées critiques à prendre des mesures de sécurité appropriées.

Modifiée, une telle loi pourrait empêcher les fournisseurs européens d'utiliser des équipements fournis par une entreprise soupçonnée d'espionnage ou de sabotage.

En Allemagne, en France et en Pologne, par exemple, on jongle avec l'idée d'exclure Huawei des appels d'offres, mais les opérateurs régionaux ont dans plusieurs cas mentionné qu'ils utilisaient déjà des équipements de Huawei et que changer ces derniers pourrait s'avérer coûteux.

Même son de cloche au Canada, où Bell et Telus font pression sur le gouvernement fédéral pour éviter toute contrainte imposée à Huawei, dont les équipements permettent aux deux fournisseurs d'offrir de la connectivité 3G et 4G.

Avec La Presse canadienne et Reuters

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