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Le NPD demande à Ottawa de ne plus acheter de véhicules GM fabriqués à l'étranger

Environ une centaine de personnes assises dans une salle, elles applaudissent.
D'anciens travailleurs de l'industrie automobile venus assister à la conférence de presse des députés néo-démocrates à Windsor Photo: Radio-Canada / Floriane Bonneville
Radio-Canada

Trois députés néo-démocrates de la région de Windsor-Essex, Tracey Ramsey, Brian Masse et Cheryl Hardcastle, ont tenu une conférence de presse lundi pour demander au gouvernement fédéral d'arrêter d'acheter des véhicules de GM produits au Mexique.

Le gouvernement a investi 320 millions de dollars dans l’achat de véhicules GM au cours des dernières années, il ferait mieux d’arrêter cela tout de suite et d’acheter des véhicules fabriqués au Canada, a déclaré Mme Ramsey, la députée fédérale d’Essex.

La conférence de presse, à laquelle une centaine de retraités de l’industrie automobile assistait, fait partie des moyens de pression qu’adoptent le syndicat Unifor et les néo-démocrates pour que GM garde ouverte son usine d’Oshawa, selon Mme Hardcastle, qui représente Windsor-Tecumseh.

Pour sa part, Philippe-André Bisson, porte-parole de GM, estime que le fédéral et la GRC ont acheté un peu moins de 1000 véhicules fabriqués au Mexique depuis 10 ans. Il évalue que 90 % de ces véhicules étaient fabriqués au Canada et aux États-Unis.

Une stratégie de l’industrie automobile

Cheryl Hardcastle affirme que le Canada devrait adopter une nouvelle stratégie pour mieux protéger l’industrie automobile.

Elle explique que l'approche du NPD consiste à considérer l’innovation, la fabrication et les conditions liées au financement gouvernemental, afin que les compagnies ne délocalisent pas la production après avoir remboursé une dette.

C’est une stratégie d’approvisionnement local, dit-elle, nous voulons une politique de l’automobile, une stratégie nationale [...] nous militons pour cela en ce moment, mais le gouvernement reste silencieux.

Mme Ramsey ajoute que tous les pays avec qui nous signons des traités économiques et à qui nous donnons toutes nos ressources ont des politiques ou stratégies au sujet de l’automobile.

Selon elle, cette stratégie pourrait établir qu’un pourcentage fixe d’une automobile doit être fabriqué au Canada.

Selon Mme Ramsey, le gouvernement fédéral affirme qu’il fait tout ce qu’il peut pour les travailleurs automobiles. Toutefois, la politicienne estime que rien n’est plus loin de la réalité.

Il y a tant de choses qu’il [le gouvernement libéral] pourrait faire, dit-elle.

Le ministre fédéral du Développement économique, Navdeep Bains, est en contact régulier avec GM et Unifor, souligne son attaché de presse Dani Keenan.

M. Keenan rappelle que le ministre Bains s'est entretenu avec la PDG de GM, Mary Barra l'exhortant à trouver une solution pour l'usine d'Oshawa. S'il y a une solution possible, nous serons à la table.

Il assure que le gouvernement continuera à défendre les travailleurs canadiens de l'automobile.

Une députée fédérale se tient dans son bureau. Tracey Ramsey reçoit souvent des appels de résidents qui sont préoccupés par l'odeur de production de cannabis médicinal. Photo : Radio-Canada / Katerina Georgieva/CBC

Une industrie automobile en péril

M. Masse, le député de Windsor-Ouest, considère qu’un mensonge est propagé depuis quelques années : on nous dit que si notre productivité augmente et que nous innovons plus, cela amènera des emplois. Toutefois, reprend le député, la réalité est que Windsor et Oshawa ont fait ces changements, mais qu’ils ont tout autant été dans le pétrin.

Selon lui, cela est inacceptable. Nous avons besoin d’un gouvernement qui se tient debout devant la cupidité des multinationales, affirme le politicien. Selon lui, le Mexique, les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon et l’Allemagne ont tous des mesures pour protéger l’industrie automobile, mais le Canada n’en a pas.

En agitant une feuille de papier sur laquelle figure une liste de véhicules produits au Canada, M. Masse a affirmé que l’approvisionnement local doit être mis au premier plan au Canada.

Il y a une liste facile d’accès juste ici, M. Trudeau, dit-il, avant d’ajouter à l’endroit du premier ministre du Canada, voyez comment vous pouvez utiliser l’argent des contribuables pour soutenir les emplois locaux.

Brian Masse, député fédéral pour le NPD dans la circonscription de Windsor-Ouest. Brian Masse, député fédéral pour le NPD dans la circonscription de Windsor-Ouest. Photo : CBC / Jason Viau

Le syndicat des postes appuie Unifor

Le STTP sera avec vous à chaque étape du processus, dit Phil Lyons, le président de la division locale du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

M. Lyons estime que si le coût de production à l’étranger est très bas comparativement au coût de production local, des tarifs représentant la différence de ce montant devraient être imposés à la frontière.

Si produire une automobile au Mexique coûte deux dollars de l’heure et qu’au Canada cela coûte 60 $, le tarif devrait être de 58 $, dit-il.

Même son de cloche d'Andy Schmidt, un ancien travailleur qui a perdu son emploi chez General Motors.

Je crois qu’il est temps que le gouvernement fédéral se tienne debout et dise à toute industrie voulant quitter Canada qu’il y aura un tarif salé si elle veut y vendre ses produits.

Andy Schmidt, retraité

Windsor

Politique fédérale