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Un rappeur autochtone invite les hommes à se dépasser pour les femmes de leur vie

Un homme et une femme, assis sur un escalier, devant la porte d'un immeuble institutionnel en pierre grise.
Pour se sortir de la dépendance, Jeremiah Manitopyes dit avoir dû se redéfinir comme homme autochtone. Photo: Facebook/Iam Drezus
Radio-Canada

Après une enfance difficile en l'absence de son père et un début d'âge adulte marqué par le peu respect qu'il avait pour les femmes, le rappeur autochtone Jeremiah Manitopyes, aussi appelé Drezus, invite maintenant les autres hommes à se dépasser pour celles qu'ils côtoient au quotidien.

Vivant avec une mère à la tête d'une famille monoparentale, Jeremiah Manitopyes raconte avoir grandi avec les stéréotypes de la culture hip-hop comme seules figures masculines. Selon lui, ce point de vue unique a influé sur sa vision de la masculinité et ses relations.

« Certaines parties [de la culture] hip-hop sont totalement misogynes, ce que je ne savais pas vraiment… En voyant tous les autres hommes autour de moi agir de la même façon, je me disais que c’était normal », explique-t-il.

Ce sont ces idées que reflétaient les paroles des premières pièces de sa carrière.

« Je manquais de respect envers les femmes, envers moi-même et envers ma communauté, comme envers mon entourage, ma famille et mes enfants, et ça a été très difficile d’y faire face », poursuit-il.

Se réfugier dans l’isolement

« Depuis, j’ai remarqué que beaucoup d’hommes sont abandonnés ou se sentent abandonnés et qu’à un moment de leur vie, ils finissent par trouver ça normal. »

C’est à ce moment qu’ils abandonnent femmes et enfants, cessent de communiquer pour s’enfermer dans l’alcool et la drogue, précise Jeremiah Manitopyes.

Se dépasser pour elles

Sobre depuis 21 mois, M. Manitopyes a récemment profité de son cercle d’amis Facebook pour inviter les hommes autochtones à « se dépasser » pour celles qui les entourent.

Il dit trouver le courage de rester sobre et de se tenir debout pour les femmes dans la force de sa conjointe, Kiela Bird, et de leur fils, Ryder.

« Je pense moins à faire la fête et je ne vis plus le perpétuel lendemain de veille qui m’empêchait d’être avec ma famille. Le goût pour la rechute est dépassé par l’amour de mes proches », confie-t-il.

Selon lui, des relations saines exigent de se redéfinir comme homme autochtone et à le vivre dans son couple, ancré dans la prière et les cérémonies traditionnelles.

Pour sa conjointe et lui, « l’amour vrai dépasse » la violence, le commérage ou les querelles tribales, qui minent bien des couples autochtones.

Saskatchewan

Égalité des sexes