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Le SPVM met en garde les étudiants chinois contre un nouveau stratagème d’extorsion

Une jeune femme recroquevillée sur elle-même.
Le stratagème vise à isoler la victime avant de faire croire à son enlèvement. Photo: iStock
Delphine Jung

De plus en plus d'étudiants chinois seraient les cibles d'un stratagème d'extorsion appelé « kidnapping virtuel ». Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) met en garde contre cette nouvelle menace qui a déjà fait plusieurs victimes au pays ces deux dernières années.

Le « kidnapping virtuel » est un stratagème d’extorsion qui consiste à faire croire aux victimes qu’elles ou leurs proches sont en danger.

À Montréal, il semblerait que les étudiants chinois soient les premiers visés par ce genre d’arnaque.

« Il y a une idée répandue qui dit que les étudiants chinois installés à Montréal ont beaucoup d’argent et sont capables d’effectuer des transferts d’argent rapidement », explique Maya Alieh, sergente-détective et superviseure de l’équipe de cyberenquête du SPVM.

Généralement, la victime reçoit un appel automatisé en mandarin qui l'invite à rappeler un représentant du gouvernement ou un policier relativement à son implication dans une enquête en Chine. Elle se fait ensuite convaincre de verser une somme d'argent considérable afin d'être innocentée.

Les sommes à verser sont importantes. Ce sont des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars qui sont demandés. Les moyens de paiement varient de la cryptomonnaie aux virements plus conventionnels.

Maya Alieh, sergente-détective

Puis la victime est manipulée afin qu’elle mette en scène son propre enlèvement, allant même jusqu’à la production d’une vidéo.

« On leur demande de quitter leur appartement, de n’en parler à personne et d’éviter toute interaction avec la police et les proches, poursuit Mme Alieh. Les échanges s’étalent sur plusieurs jours et la victime reste en contact permanent avec les suspects. Ceux-ci communiquent avec la famille et leur envoient une vidéo en leur expliquant que leur enfant a été enlevé, afin de leur soutirer de l’argent. »

Les premiers cas montréalais ont été recensés avant les Fêtes. Une enquête a été ouverte, mais « la tâche est ardue », admet la policière, « car il est très difficile de cibler la provenance des appels ».

Des cas similaires ont été rapportés à Vancouver et à Toronto. Là encore, les étudiants d’origine chinoise étaient les premiers visés par ce stratagème.

Toutefois, il est difficile de déterminer le nombre de personnes qui auraient été victimes de telles arnaques, certains se contentant de simplement raccrocher sans donner suite et sans prévenir la police.

Conseils de prévention

Le SPVM appelle à la vigilance. « Aucune autorité gouvernementale ne va demander à quelqu’un de quitter [son logement] sans laisser de traces », rappelle Mme Alieh.

La policière conseille aux citoyens de noter le numéro d’appel et de vérifier sur Internet s’il correspond à celui de la police ou du consulat général de la République populaire de Chine.

Il faut aussi éviter de communiquer toute information personnelle au téléphone, comme son nom, son adresse ou son numéro de carte de crédit.

Grand Montréal

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