•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Chemin de la Ballade à Matane : choisir entre fermeture ou privatisation

Le chemin de la ballade en hiver.
Le chemin de la ballade en hiver. Photo: Radio-Canada / Joane Bérubé
Radio-Canada

La Ville de Matane ne donne plus que deux choix à la vingtaine de villégiateurs et résidents du chemin de la Ballade : fermer le chemin et inviter les gens à partir ou encore former une association de propriétaires afin d'acquérir le chemin qui conduit à leur chalet ou à leur résidence.

La Ville de Matane a rencontré la semaine dernière une vingtaine de résidents et villégiateurs pour leur faire part de la décision des élus quant à l’avenir du chemin, jugé non sécuritaire à la suite d’un glissement de terrain, survenu en mai 2017.

Lors de la rencontre, le directeur général de la Ville, Nicolas Leclerc, a expliqué que la solution de construire une voie de contournement, proposée au printemps dernier, ne tient plus.

Des hypothèses non retenues

La construction de ce chemin est maintenant évaluée à 700 000 $ au lieu de 300 000 $.

Des résidents permanents au nombre de trois et des propriétaires de chalets habitent le secteur.Des résidents permanents au nombre de trois et des propriétaires de chalets habitent le secteur. Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La facture, si elle était entièrement payée par la vingtaine de propriétaires, s’élèverait à 1750 $ par année pendant 20 ans. Les élus ont donc écarté cette proposition en raison des coûts trop élevés.

Comme indiqué le printemps dernier aux citoyens concernés, il reste peu de solutions sur la table. Ainsi la construction d’une fosse de captation pour contenir un autre glissement de la montagne est impossible en raison de la configuration du terrain.

L’érection d’un mur de soutènement sur une longueur de 300 à 400 mètres est aussi une solution trop onéreuse pour être retenue.

La fermeture

Reste donc, selon la Ville, l’éventualité de fermer complètement le chemin.

Les propriétaires devront alors rompre leurs baux avec la Municipalité, propriétaire des lieux. Ils devront ensuite, avant de restituer le terrain, démolir toutes leurs installations ce qui inclut les fosses septiques.

Une des propriétés construites dans le secteur de la BalladeUne des propriétés construites dans le secteur de la Ballade Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Seuls les trois résidents permanents recevront une indemnisation de la Ville, qui sera ensuite remboursée par la Sécurité publique.

Une privatisation

Comme les propriétaires de maisons ou de chalets ne peuvent pas acquérir leur terrain en raison de leurs trop petites dimensions, l’autre solution, d’après la Ville, serait de créer une association de propriétaires qui deviendrait propriétaire du chemin de la Ballade et des terrains occupés par les chalets et les résidences.

Cette association gérerait les baux de location et serait responsable de percevoir les impôts fonciers et les taxes municipales.

Les résidents permanents qui décideraient de devenir membres de l’association perdraient tous droits d’indemnisation en lien avec le glissement de terrain de mai 2017.

L'entrée du chemin de la Ballade à MataneL'entrée du chemin de la Ballade à Matane. Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La Ville de Matane ne serait plus responsable des bris ni des accidents qui pourraient survenir sur le chemin de la Ballade.

Plusieurs propriétaires cachaient mal leur colère lors de la rencontre de la semaine dernière.  Ne pensez pas qu’on va se laisser faire , a commenté l’un d’eux.

Un coin de paradis

À cinq minutes du centre-ville de Matane, le petit boisé qui longe la rivière à saumon est un site auquel sont profondément attachés les occupants, malgré les inondations fréquentes au printemps.

Certaines familles sont installées là depuis plus de 50 ans.

Plusieurs chalets sont construits sur le bord de la rivière MatanePlusieurs chalets sont construits sur le bord de la rivière Matane Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Pendant des années, des gens ont loué un terrain à l’ancien propriétaire qui entretenait le chemin. La Ville a acheté les lieux il y a quelques années pour aménager une piste cyclable qui aurait relié le camping municipal au Parc des Îles.

Le projet ne s’est jamais concrétisé.

Installations de Rayonier

Lors de la réunion, plusieurs citoyens ont interrogé la Ville de Matane sur ses obligations envers la compagnie Rayonier. La prise d’eau de l’usine de pâte ainsi que des installations électriques sont situées dans le secteur.

Le directeur général de la Ville de Matane, Nicolas Leclerc, a répondu que l’utilisation des lieux par Rayonier n’était pas liée à une servitude. Une rencontre devrait toutefois avoir lieu, cette semaine, entre les représentants de la Ville et de l’entreprise afin de clarifier l’accès aux installations de l’usine dans le contexte d’une fermeture ou de la privatisation de la route.

Plusieurs résidents estiment qu’ils ne peuvent pas prendre de décisions sans connaître l’issue de ces discussions.

Une rivière gelée avec des bâtiments de chaque côté de la rive.Les installations électriques de Rayonier (à gauche) sont situées en face du secteur de la Ballade. La ligne électrique traverse les terrains des villégiateurs. Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Certains croient qu’une entente entre la Ville et l’entreprise pourrait favoriser le maintien des autres occupants du secteur. À l’inverse, des citoyens s’interrogent sur les responsabilités et obligations envers l’usine si le chemin devenait leur propriété.

À la demande d’une citoyenne, les propositions de la Ville seront envoyées par écrit à chaque propriétaire concerné.

Une autre rencontre entre la Ville et les propriétaires du secteur devrait avoir lieu d’ici un mois ou deux.

La Ville souhaite qu’une décision soit prise le plus rapidement possible par les citoyens.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Affaires municipales