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Des fédérations étudiantes exigent une meilleure protection des stagiaires

Les étudiants sont assis en cercle et écoute des intervenants. Le caméraman tient dans un coin un carton sur lequel est écrit : étudier, c'est travailler.

Des étudiants en grève discutent de leurs revendications pour des stages rémunérés en éducation, en travail social.

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Nahila Bendali

Les stagiaires du Québec doivent être intégrés à la Loi sur les normes du travail pour offrir aux étudiants des conditions « décentes » et permettre une équité entre les différents milieux de stage, réclament les principales fédérations étudiantes du Québec.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l’Union étudiante du Québec (UEQ) proposent un projet de loi aux ministres de l’Éducation et du Travail pour démontrer de la faisabilité de leurs demandes.

La FECQ et l’UEQ veulent appliquer les mêmes protections dont les travailleurs bénéficient grâce à la Loi sur les normes du travail aux stagiaires, mais sans obliger une cotisation à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) pour éviter « de décourager les milieux de stage d’accueillir des étudiants et étudiantes stagiaires. »

Les stagiaires devraient également être soumis à la Loi sur les accidents et de travail et les maladies professionnelles, qui protège les travailleurs des accidents de travail ou des maladies professionnelles et assure une compensation financière, plaident les fédérations.

Question d’équité

Les stagiaires rémunérés, principalement en milieu privé dans des milieux majoritairement masculins, profitent de ces protections, précise le président de l’UEQ, Guillaume Lecorps. Les stages en milieu public et parapublic non rémunérés y échappent toutefois.

« Ce sont souvent des professions à prédominance féminine, on pense à nos futures infirmières, à nos futures enseignantes. Pour rétablir l’iniquité qui sévit présentement par rapport au milieu privé […] c’est important qu’on agisse de façon proactive », affirme M. Lecorps.

Une stagiaire non couverte par la Loi ne serait pas protégée par la politique d’entreprise en cas de harcèlement sexuel, illustre le président de la FECQ, Fred-William Mireault.

« Les hommes, qui sont moins susceptibles de vivre des violences sexuelles, sont couverts par ces politiques, et les femmes dans le milieu public ne le sont pas », déplore-t-il.

Le ministre de l’Éducation avait lancé en janvier un chantier sur l’encadrement et la rémunération des stages. Jean-François Roberge devrait avoir un meilleur portrait de la situation en avril.

Les deux fédérations étudiantes ont rencontré le ministre Roberge pour présenter leurs propositions. L’attaché du ministre affirme que celles-ci sont à l’étude et des scénarios pour encadrer les stages seront présentés en avril, après les consultations.

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-Francois Roberge.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-Francois Roberge.

Photo : Radio-Canada

Les présidents de la FECQ et de l’UEQ n’ont pas été en mesure de chiffrer combien coûterait l’inclusion des stagiaires à la Loi, puisqu’il manque de données sur le nombre exact d’étudiants en stage au Québec.

Ils espèrent toutefois des montants dès le prochain budget, pour assurer une protection dès la rentrée.

Des mesures pour la compensation

Sans être le principal aspect, la FECQ et l’UEQ suggèrent des mécanismes pour trouver des solutions à l'absence de compensation financière de certains stages.

La question de la rémunération, qui a poussé certaines associations étudiantes à déclencher des grèves, est plus « épineuse », selon les présidents, alors qu’il y a « consensus au Québec » pour agir rapidement sur l'inclusion des stagiaires aux normes du travail.

« On veut rapidement donner la décence des conditions aux stagiaires et ensuite finaliser la question de la compensation financière dans les mois à venir. Le ministre Roberge demande de ne pas défoncer de portes ouvertes, on lui en offre une nouvelle aujourd’hui », souligne le président de la FECQ, tout en ajoutant qu’il s’attend à une « réponse positive » du gouvernement caquiste.

Une grève pour un meilleur rapport de force

Du côté des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE), qui prônent une grève pour établir un rapport de force avec le gouvernement, la FECQ et l’UEQ ne vont pas assez loin.

« Retirer l’exclusion des stagiaires de la Loi sur les normes du travail, ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas un réel statut de travailleur, et ça ne permet pas d’être valorisé. On revendique la rémunération de tous les stages, dans tous les domaines », plaide Sandrine Boisjoli, qui milite au sein du CUTE-UQAM.

Plusieurs associations étudiantes doivent se prononcer dans les prochaines semaines au sujet d’une grève d’une semaine dès le 18 mars, afin de faire pression à nouveau sur le gouvernement au sujet de la rémunération des stages.

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