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  • Envoyé spécial
  • Le scandale de pédophilie qui secoue l'Église française

    Le père Bernard Preynat

    Photo : Radio-Canada

    Jean-Michel Leprince

    Le mois dernier, le cardinal Philippe Barbarin, qui est à la tête du diocèse de Lyon, a subi un procès pour non-dénonciation d'agressions sexuelles de la part d'un prêtre-aumônier de son diocèse sur près d'une centaine de jeunes scouts dans des années 1970 à 1990. Le verdict est attendu le 7 mars. Entre-temps, le film Grâce à Dieu, qui porte sur le silence de l'Église pendant toutes ces années, retient l'attention.

    De 70 à 100 jeunes scouts de 8 à 12 ans auraient été agressés sexuellement par leur aumônier, le père Bernard Preynat, qui a reconnu ses crimes et dont le procès devrait se tenir plus tard cette année. Homme charismatique et respecté, il aurait sévi pendant au moins 20 ans dans le silence le plus complet de l’Église.

    Grâce à Dieu, qui a obtenu samedi le Grand Prix du jury à la Berlinale, raconte le combat de plusieurs victimes qui ont décidé de former, en 2015, une association, La Parole libérée, pour porter leur histoire en cours devant l'inaction de l'Église.

    François Devaux regarde la caméra.

    Le président de La Parole libérée, François Devaux

    Photo : Radio-Canada

    « Le diocèse de Lyon sait que Preynat est un prédateur sexuel depuis les années 60 », avance le président de La Parole libérée, François Devaux. Il ajoute que le cas de ce prêtre est loin d'être unique. « En fait, il y en a plein d’autres à Lyon et il y en a plein d’autres en France et dans le monde entier », poursuit-il.

    Le sommet du Vatican sur les scandales de pédophilie

    À partir de jeudi, les présidents des conférences épiscopales du monde entier seront au Vatican pour un sommet sur la question des abus sexuels dans l’Église, organisé à l’initiative du pape François.

    Quel que soit le verdict au procès du cardinal Philippe Barbarin et de ses coaccusés, « La Parole libérée a déjà gagné », selon le journaliste Mathieu Périsse du collectif We Report. Il ajoute que l'affaire a été largement médiatisée, ce que souhaitaient les victimes.

    Deux commissions d’enquête ont aussi été constituées : une par l’Église et l’autre par le Sénat.

    Des actions, ou plutôt des réactions, que les catholiques de France doivent à La Parole libérée.

    Bien que la justice française eut autorisé lundi la sortie en salle de la fiction de François Ozon – qui est basée sur des faits réels –, le sort de Grâce à Dieu dépend d’une autre décision judiciaire, qui sera tranchée mardi, à Lyon.

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