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L'UE est prête à riposter si Washington surtaxe les voitures européennes

Des véhicules Volkswagen dans une tour de voitures.
Des véhicules de Volkswagen sont exposés dans une tour de voitures de la compagnie à Wolfsburg, en Allemagne, en décembre 2018. Photo: Getty Images / TOBIAS SCHWARZ
Agence France-Presse

Bruxelles a promis lundi de riposter de manière « rapide et adéquate » si les États-Unis surtaxaient les automobiles européennes, mais espérait toujours éviter une escalade commerciale avec Washington qui s'avérerait désastreuse.

Le ministère américain du Commerce a annoncé dimanche soir avoir officiellement remis à la Maison-Blanche un rapport sur l'industrie automobile, qui pourrait conduire Donald Trump à surtaxer les voitures importées, comme il le menace depuis des mois.

Selon des sources concordantes à l'AFP, les conclusions de cette enquête seraient « positives » sur la question de savoir si les voitures importées constituent une menace pour la sécurité nationale du pays, un raisonnement jugé « effrayant » dès samedi par la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président américain dispose désormais de 90 jours pour imposer ou non des taxes sur les automobiles et leurs équipements, un épouvantail pour cette industrie en Europe, en particulier en Allemagne.

« La Commission européenne est au courant de la conclusion d'une enquête menée par le ministère américain du Commerce », a déclaré lundi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

Si ce rapport se traduisait par des mesures préjudiciables aux exportations européennes, la Commission européenne réagirait de manière rapide et adéquate.

Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne

M. Schinas n'a pas livré le détail de cette riposte, mais les Européens avaient répondu l'an passé à des taxes similaires sur leur acier et leur aluminium par une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), des mesures dites « de sauvegarde » pour protéger leur industrie, ainsi que des taxes punitives imposées en rétorsion sur des produits américains emblématiques.

Une vingtaine de produits américains ciblés

Suivant ce même schéma, Bruxelles a préparé, dans le cas des voitures, une liste de biens américains, à hauteur de 20 milliards d'euros, susceptibles d'être taxés si les États-Unis déclenchaient les hostilités.

La Commission continue cependant d'espérer une issue « positive » dans les discussions entamées avec les États-Unis, actuellement concentrés sur le front chinois, après la trêve conclue en juillet dernier entre son président Jean-Claude Juncker et Donald Trump.

M. Juncker « a confiance dans la parole du président Trump. L'UE tiendra parole, tant que les États-Unis feront la même chose », a déclaré M. Schinas.

Les deux hommes s'étaient engagés à travailler en faveur d'un accord de libre-échange exclusivement consacré aux droits de douane sur les biens industriels.

Les ministres européens du Commerce se retrouvent d'ailleurs vendredi à Bucarest pour décider d'accorder ou non à la Commission le droit d'ouvrir des négociations.

Les Européens divisés

« Certains États membres, comme l'Allemagne, veulent aller vite et espèrent un accord de principe dès vendredi sur ce mandat. Mais la France se veut plus prudente », explique une source européenne.

Selon cette même source, Paris se montre « très négatif », et ne souhaite « pas ramener le sujet sur le devant de la scène » en pleine crise des « gilets jaunes » et à trois mois des élections européennes.

La France veut également s'assurer que l'agriculture ne fera pas partie des négociations, contrairement à ce que souhaitent les États-Unis, comme l'a rappelé lundi le secrétaire d'État Jean-Baptiste Lemoyne.

« Il ne s'agit pas de discuter d'ouvertures supplémentaires du marché européen aux produits alimentaires américains » ni « de discuter de nos standards sanitaires », a-t-il insisté.

L'ouverture de négociations avec les États-Unis ne semble pas faire l'unanimité au Parlement européen, qui ne dispose cependant que d'un rôle consultatif.

Un projet de résolution de l'eurodéputé social-démocrate allemand Bernd Lange, soumis mardi au vote au sein d'une commission parlementaire, recommande aux États membres « de ne pas » autoriser Bruxelles à négocier avec les États-Unis.

Ce texte relève que l'UE est toujours sous le coup de sanctions américaines sur son acier et son aluminium, qu'une menace existe désormais sur ses automobiles et les États-Unis ont en outre quitté l'accord de Paris sur le climat.

« Ce mandat, dans sa forme actuelle, n'est pas acceptable », a résumé M. Lange à l'AFP.

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