•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Envoyés spéciaux
  • Un calme précaire règne dans les rues de Port-au-Prince

    Un vendeur ambulant pousse son chariot dans les rues de Port-au-Prince.

    Photo : Reuters / Ivan Alvarado

    Radio-Canada

    Un calme précaire règne en Haïti au lendemain de l'appel au calme du gouvernement, qui a invité la population à reprendre le travail à la faveur d'une réouverture des écoles, des commerces et des bureaux gouvernementaux lundi dans le pays. Reste à savoir maintenant si la population emboîtera le pas.

    À la demande du premier ministre Jean-Henry Céant, les écoles, les universités, les entreprises et l'administration publiques ont été invitées à ouvrir leurs portes normalement lundi, après 11 jours de manifestations antigouvernementales qui ont paralysé le pays.

    Selon notre envoyé spécial en Haïti, Philippe Leblanc, le calme régnait toujours dans les rues de la capitale lundi matin, mais l’activité y est toujours au ralenti et de nombreuses écoles et commerces n’ont pas rouvert leurs portes à l’heure prévue.

    De toute évidence, souligne le journaliste de Radio-Canada, les citoyens demeurent prudents avant de s'engager dans la rue pour vaquer à leurs occupations habituelles.

    De leur côté, les opposants au régime qui réclament le départ du président Moïse ont lancé lundi de nouveaux appels à prendre la rue. Pour l’instant, la capitale haïtienne demeure tranquille.

    Des gens attendent pour obtenir du gaz propane.

    Des clients font la file devant un détaillant de gaz propane qui a ouvert ses portes à Port-au-Prince à la faveur d'une accalmie.

    Photo : Reuters / Ivan Alvarado

    Tout le week-end, les Haïtiens sont restés chez eux en dépit des appels à manifester répétés des leaders du mouvement de contestation. Samedi, les citoyens se sont même réapproprié les rues, où des banques, des commerces et des stations d’essence ont rouvert leurs portes.

    D’importants renforts policiers ont aussi été déployés à Port-au-Prince pour tenter d’assurer la sécurité dans les rues et de favoriser le retour à la normale dans la capitale transformée en champ de bataille depuis une semaine.

    Le pouvoir multiplie les promesses

    Profitant de l’accalmie, le premier ministre Jean-Henry Céant s'est adressé à la nation, dimanche soir, et a promis la mise en place de plusieurs mesures pour améliorer la qualité de vie des Haïtiens, notamment une réduction de 50 à 35 gourdes du prix de la marmite de riz d’ici la semaine prochaine.

    Le chef du gouvernement a aussi promis des réformes au sein même de l’appareil d’État pour calmer la colère des Haïtiens.

    L’élimination des privilèges non essentiels impliquant les voyages inutiles, la compression de la taille des consultants, la réduction à 30 % du budget de la Primature, la reconsidération de la seconde résidence accordée aux dignitaires de l’État sont fondamentales.

    Jean-Henry Céant, premier ministre d'Haïti

    « Le Parlement et le Palais national doivent consentir également des efforts en ce sens », a poursuivi Jean Henry Céant dimanche soir.

    Le premier ministre a aussi promis au peuple de récupérer des sommes colossales qui échappent au gouvernement du pays en raison de la contrebande endémique qui sévit dans le pays.

    « Les données statistiques révèlent d’une perte annuelle nette de 60 milliards de gourdes sur la ligne frontalière en raison de la contrebande. De manière urgente, des actions seront engagées de commun accord avec la Police nationale d’Haïti, nos partenaires internationaux, en vue de collecter au moins 30 milliards de gourdes avant la fin de l’exercice fiscal », a-t-il déclaré.

    Une promesse de taille qui sera difficile à réaliser, selon plusieurs observateurs.

    Le reportage de notre envoyé spécial Philippe Leblanc

    Les soulèvements de la semaine dernière dans les grandes villes d’Haïti ont eu des conséquences dramatiques pour beaucoup d’Haïtiens qui doivent composer avec des pénuries de nourriture, d'eau et d'essence, sans compter les écoles et la majorité des bureaux et entreprises qui sont fermés.

    Les pénuries de matériel médical et de main-d’œuvre causent également d’importants problèmes dans les hôpitaux du pays, qui doivent aussi composer avec la violence et les gaz lacrymogènes.

    D’importantes manifestations ont éclaté dans les rues du pays il y a plus d’une semaine pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse.

    Les Haïtiens dénoncent l'explosion de l'inflation et l'incapacité du gouvernement à accuser qui que ce soit dans le détournement de fonds d'un programme vénézuélien de plusieurs milliards de dollars qui visait à envoyer du pétrole au rabais en Haïti.

    Amériques

    International