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La mérule pleureuse fait de nouvelles victimes en Mauricie

Vêtu d'une combinaison blanche et portant un masque, Steve Frigon photographie le champignon à l'aide de son téléphone.
Steve Frigon constate la progression de la mérule pleureuse sous sa maison d'Hérouxville. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Un couple d'Hérouxville vit un véritable cauchemar depuis un an. Il devra démolir sa maison en raison d'une infestation de mérule pleureuse, un champignon qui s'attaque à l'intégrité physique des bâtiments. Il leur manque toutefois 50 000 $ pour réaliser les travaux de démolition.

Steve Frigon a acheté la maison patrimoniale en 2006.

En 2012, avec sa conjointe Angie Garceau, ils entreprennent des travaux d’agrandissement de 80 000 $. Des rénovations sont aussi effectuées dans l’isolation du vide sanitaire, ce qui a créé les conditions parfaites pour l’éclosion du champignon.

Le premier signe repéré par les occupants de la maison a été le gondolement des planchers. Le couple a d'abord cru à une infiltration d'eau.

Or, lorsque le copropriétaire de la demeure est allé vérifier dans le vide sanitaire, il a constaté qu'il était envahi de champignons.

Après vérification auprès d'experts, le verdict est sans appel.

La mérule pleureuse a envahi les fondations de la maison, et se propage même aux pièces habitées. En janvier, un évaluateur confirme l'inévitable : la demeure devra être démolie dès le printemps.

Steve Frigon et Angie Garceau devront démolir leur maison complètement envahie par la mérule pleureuse.Steve Frigon et Angie Garceau devront démolir leur maison complètement envahie par la mérule pleureuse. Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Eux nous recommandaient d'arracher tout, de déshabiller la maison de fond en comble, souligne M. Frigon.

Enlever tous les isolants, c'est un gros processus et ça dépasse les coûts de la valeur de la maison.

Steve Frigon, résident d'Hérouxville

Le couple s’est qualifié pour recevoir une aide gouvernementale par le biais d’un projet-pilote lancé à l'automne par la Société d'habitation du Québec. Cette aide ne couvre toutefois qu’une partie des frais de démolition et de reconstruction de la maison. Ils ont donc lancé une campagne de sociofinancement dans l’espoir de récolter 50 000 $.

Le plus important pour nous, c'est d'avoir une maison saine, indique Angie Garceau.

Pour plus d'aide aux victimes

Depuis 2010, l’organisme Mérule pleureuse Québec a recensé près de 300 maisons touchées par le champignon dans la province. La Mauricie est l'une des régions où l’on en dénombre le plus, avec une vingtaine de cas signalés.

Chaque semaine, on a un appel d'un nouveau cas, d'une nouvelle famille. Lorsqu'on parle avec les firmes environnementales aussi, les firmes qui identifient le champignon, le nombre de cas explose au Québec, on voit qu'il y a une augmentation du nombre de cas, estime le président de Mérule pleureuse Québec, Maxime Boivin.

Selon lui, le sujet demeure largement tabou chez les propriétaires victimes de la mérule pleureuse.

L’organisme milite pour que les propriétaires victimes de ce champignon soient considérés comme des sinistrés, ce qui leur permettrait d’obtenir une aide financière plus importante.

Une rencontre avec Québec à ce sujet est prévue prochainement.

Mauricie et Centre du Québec

Habitat