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Cuisine de rue : les restaurateurs tenus dans l'ignorance

Photo d'un camion de cuisine de rue
La Zèbre Mobile du restaurant le Côtes-à-Côtes Photo: Radio-Canada / Martine Côté
David Rémillard

La Ville de Québec n'a toujours pas fait le bilan de la saison 2018 de son projet pilote de cuisine de rue, qui a pris fin le 31 octobre, laissant la poignée de restaurateurs intéressés dans le néant.

L'été dernier devait être le deuxième et ultime test de la cuisine de rue à Québec. Après un succès mitigé la première saison, la seconde année n'a guère été meilleure. À la fin, seulement trois restaurateurs étaient de la partie.

Et depuis le 31 octobre, c'est le silence radio. Personne ne sait si la cuisine de rue sera pérennisée, si le projet pilote se poursuivra ou si l'idée est carrément abandonnée.

« On ne sait toujours rien », se désole Nicolas Lavigne, propriétaire de la Zèbre Mobile et participant aux deux saisons du projet pilote.

M. Lavigne dit avoir reçu un coup de fil de la Ville en janvier seulement. Or, le temps presse puisque son horaire estival est déjà en train de se remplir, dit-il.

Plus ça va, moins il reste de place dans le calendrier. Et encore une fois, il y a très peu de chance qu'il y ait d'autres entrepreneurs qui se joignent à nous dans l'aventure.

Nicolas Lavigne, restaurateur et propriétaire de La Zèbre Mobile
Nicolas Lavigne, propriétaire du camion-restaurant La zèbre mobile et du restaurant Côtes à Côtes en entrevueNicolas Lavigne, propriétaire du camion-restaurant La zèbre mobile et du restaurant Côtes à Côtes Photo : Radio-Canada

Impression de déjà vu

L'an dernier, Nicolas Lavigne avait plaidé pour un bilan rapide. « Ce qu'on trouvait difficile de ne pas avoir eu de nouvelles », se remémore-t-il.

La Ville n'avait accouché de ses règles qu'en mai, laissant à peine un mois de préparation aux restaurateurs. Seul un nouveau joueur qui n'était pas là en 2017 s'était manifesté, soit Chez Victor, mais plus tard dans la saison.

« Si on avait eu quelque chose d'intéressant dès le début janvier, on aurait eu la chance de promouvoir auprès d'autres entrepreneurs », insiste Nicolas Lavigne, qui a l'impression d'avoir plus de volonté que la Ville de mettre en place la cuisine de rue.

Lui-même n'a plus la même motivation qu'il y a deux ans, lorsque la cuisine de rue était réclamée par la population, forçant la Ville à lancer un projet pilote.

Au début, on a fait partie du buzz, on se battait pour quelque chose. Mais un moment donné, j'ai l'impression de me battre tout seul contre un gros monstre

Nicolas Lavigne

Le restaurateur n'en a pas directement contre les gestionnaires du projet pilote. Selon lui, le problème est surtout politique. Il évoque notamment les pressions de l'Association des restaurateurs du Québec pour expliquer cette impression que la Ville est sur les freins.

Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville Jean-François Gosselin demande au maire Labeaume de faire connaître ses intentions.

En 2019, on fait quoi? Est-ce qu’on va de l’avant ou non avec la cuisine de rue? J’ai hâte de savoir ce que le maire va faire.

Jean-François Gosselin, chef de l'opposition officielle, ville de Québec

Selon Jean-François Gosselin, des restaurateurs investissent du temps et de l’argent dans la cuisine de rue, sans savoir la suite des choses.

Le maire de Québec Régis Labeaume a quant à lui refuser de commenter le dossier pour l’instant.

Les événements privés en profitent

Les festivals et les événements privés, plus payants, seront au sommet des priorités de M. Lavigne. Il ne ferme pas complètement la porte à un projet de la Ville, s'il y a lieu.

« J'ai de l'ouverture s'il y a une avancée du projet pour aller chercher des améliorations. Mais c'est certain que je ne serai pas là sur l'ensemble du calendrier comme les deux dernières saisons. »

Guy Lévesque, du camion Saga Nomade, n'est pas aussi pressé que Nicolas Lavigne d'avoir des nouvelles de la Ville. Il admet néanmoins que son calendrier se remplit et que plus le temps avance, moins il pourra occuper les éventuels espaces publics.

Guy Lévesque, propriétaire de la Saga cuisine nomade, en train de préparer une commandeGuy Lévesque, propriétaire de la Saga cuisine nomade Photo : Radio-Canada / Carl Marchand

M. Lévesque croit que pour être dynamique, la cuisine de rue doit gagner la Haute-Ville de Québec. « Il faut des sites », dit-il, évoquant le parc de l'Amérique-Française.

Sondage et questionnaire

Ironiquement, alors que les restaurateurs préparent leur saison, la Ville vient tout juste de réaliser des entrevues individuelles pour sonder leurs intentions pour l'été qui approche.

Initialement, une rencontre devait réunir tous les participants au projet pilote. Par trois fois les réunions ont été annulées. La dernière devait avoir lieu le 11 février. ,

« Afin de ne pas retarder les délais pour la réalisation du bilan, il a été proposé de réaliser des entrevues individuelles », explique Audrey Perreault, porte-parole à la Ville de Québec.

Par courriel, cette dernière affirme que « le bilan de la saison 2018 est en cours d’élaboration ». La date pour sa présentation n'est pas déterminée.

La Ville confirme finalement avoir commandé un sondage à la firme Léger pour connaître l'impression des citoyens sur la cuisine de rue. « Du 18 au 26 décembre 2018, auprès de 1000 résidents de la Ville de Québec. » Les résultats n'ont pas été rendus publics.

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