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La décision sur le sort de l'oléoduc Trans Mountain pourrait ne pas être prise avant l'été

Des tuyaux d'acier empilés près d'une grue.
Le gouvernement fédéral disposera de 90 jours pour réagir aux recommandations de l'Office national de l'énergie sur l'expansion de Trans Mountain. Photo: Reuters / Dennis Owen
Radio-Canada

L'organisme canadien de réglementation de l'énergie dira au gouvernement fédéral cette semaine s'il pense toujours que l'oléoduc Trans Mountain devrait être agrandi, mais le Cabinet n'aura pas encore le dernier mot sur l'avenir du projet avant plusieurs mois.

L'Office national de l'énergie (ONE) réexamine actuellement les répercussions du projet sur la vie marine, y compris sur les épaulards résidants du Sud, qui sont en danger de disparition, après que la Cour d'appel fédérale eut statué l'an dernier que l'approbation de l'ONE en 2016 ne tenait pas dûment compte des répercussions qu'aurait la présence de pétroliers supplémentaires dans leurs eaux sur ces baleines.

La remise du rapport commencera dans un délai de 90 jours pour permettre au Cabinet de décider si le projet controversé ira de l'avant, un délai que les fonctionnaires ont déjà annoncé pourrait être repoussé.

En plus de l'examen de l'ONE, le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, a ordonné une nouvelle série de consultations avec les collectivités autochtones afin de satisfaire la cour.

Une équipe de 60 personnes a été affectée aux équipes de consultation qui ont rencontré 70 collectivités depuis octobre. Toutefois, plus de 60 collectivités touchées attendent toujours une réunion.

Il n'y a pas de date limite pour la conclusion de ces consultations, mais les représentants du bureau de Sohi ont dit à la Presse canadienne qu'une décision finale sera prise quant à savoir si le pipeline ne sera pas mis en service avant qu'il soit terminé.

Entre-temps, le Cabinet subit d'énormes pressions pour décider du sort du pipeline avant les élections fédérales de l'automne.

Il y a aussi des pressions pour faire construire l'agrandissement parce qu'Ottawa a acheté le pipeline existant de Kinder Morgan pour 4,5 milliards de dollars en août dernier, après que l'opposition politique à l'agrandissement a laissé les actionnaires de l'entreprise réticents à aller de l'avant.

L'impact sur les épaulards au cœur des discussions

L'impact de l'expansion sur les épaulards résidents du sud – dont seulement 74 survivent – est au cœur des discussions. Les écologistes disent que l'oléoduc rendra leur récupération presque impossible.

« La décision se résume vraiment à : le gouvernement fédéral dira-t-il que les intérêts économiques associés à l'oléoduc l'emportent sur la présence d'épaulards résidants du Sud dans le paysage », a déclaré Misty MacDuffee, biologiste de la Raincoast Conservation Foundation.

Les baleines ont commencé l'année sur une note positive avec la naissance d'un nouveau baleineau, et deux autres femelles de la population sont enceintes. Mais cette heureuse nouvelle s'accompagne d'une mise en garde majeure : aucun bébé résident du Sud n'a survécu plus d'un an depuis 2015.

Les baleines sont victimes du bruit des bateaux, du déclin du saumon quinnat et des contaminants dans l'eau provenant des eaux usées. En 2016, l'Office national de l'énergie a conclu que l'agrandissement du pipeline Trans Mountain « entraverait davantage » le rétablissement des baleines, mais il a quand même donné le feu vert au projet parce qu'il a déclaré que son mandat était de tenir compte des répercussions du pipeline lui-même et non du transport maritime lié au projet.

Le ministre des Pêches, Jonathan Wilkinson, a dit qu'il ne préjugera pas de ce que l'Office national de l'énergie dira, mais il est convaincu que le gouvernement a mis en place suffisamment de nouvelles mesures de protection pour les baleines et les autres espèces marines pour atténuer l'impact du pipeline.

« Aucun gouvernement n'a jamais pris ce genre de mesures pour tenter de s'attaquer à une espèce critique comme l'épaulard résident du Sud », a-t-il dit.

Le Plan de protection des océans, une politique fédérale de 1,5 milliard de dollars dévoilée en 2016, comprend de nouvelles aires protégées pour les baleines, des tentatives pour récupérer leur principale source de nourriture, le saumon quinnat, de nouvelles recherches sur les contaminants de l'eau et des plans pour réduire le bruit des milliers de bateaux qui voyagent près des baleines chaque année.

Le plan n'était pas en place lorsque l'Office national de l'énergie a examiné le projet pour la première fois, et M. Wilkinson note que le tribunal n'en a pas tenu compte non plus.

M. MacDuffee a dit qu'il n'y a rien qui puisse être fait actuellement pour réduire les effets du bruit des bateaux sur les baleines. Elle ajoute que, selon le gouvernement, il n'y aura que six navires-citernes de plus par semaine, mais que ces six navires signifieront que les baleines passeront d'environ 85 % du temps en présence de bateaux à plus de 95 % du temps.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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