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250 nouvelles classes de maternelle 4 ans ouvriront à la rentrée

Le reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau
Radio-Canada

Dès la prochaine rentrée scolaire, le gouvernement de François Legault compte ouvrir 250 nouvelles classes à temps plein de maternelles pour les enfants âgés de 4 ans.

Dès septembre, il y aurait ainsi 644 classes de maternelle 4 ans au Québec.

Chacune de ces classes devra compter un minimum de six élèves qui vivent dans un milieu défavorisé. Les critères seront établis notamment en fonction du lieu de résidence des parents et de leurs revenus.

En appui au personnel enseignant prévu habituellement dans les maternelles, une ressource spécialisée (un technicien en éducation spécialisée ou en service de garde) sera présente à mi-temps dans ces classes.

Les établissements ne pouvant pas offrir cette disposition pourront néanmoins s’en soustraire. Ils devront alors prouver leur incapacité à réaliser cet objectif gouvernemental.

Des classes disponibles

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a expliqué que la sélection de l’emplacement des nouvelles maternelles 4 ans a été effectuée en concertation avec les commissions scolaires, qui ont reçu un sondage en décembre dernier à cet effet. Leur répartition sur le territoire a été décidée en fonction de la capacité d’accueil. Au final, un peu plus de 250 classes étaient disponibles, a-t-il confirmé en entrevue sur les ondes de RDI.

« Éventuellement, il y en aura davantage, parce qu’on va en bâtir des écoles, on va en agrandir des écoles. À ce moment-ci, on avait le souci d’en ajouter dans toutes les régions du Québec, mais surtout le souci de le faire dans le respect du milieu et de s’assurer qu’il y ait des places de qualité pour ces jeunes », a-t-il précisé.

Entrevue avec le ministre québécois de l'Éducation, Jean-François Roberge

Les classes devront compter au moins six élèves issus de familles défavorisées, afin de venir en aide à cette clientèle plus fragile. « On investit là où ça peut compter le plus. […] À compter de l’année d’après, en 2020, on va pouvoir faire du déploiement sans nécessairement tenir compte de cela. On va pouvoir offrir le libre choix de plus en plus aux parents, peu importe s’ils sont en milieu défavorisé ou pas, parce qu’on va modifier la loi en ce sens-là », a-t-il promis.

Jean-François Roberge a rectifié la situation concernant la pénurie de main-d’œuvre dans le milieu de l’éducation. « C’est vrai que des fois on peine à trouver des suppléants, mais ce n’est pas vrai à la grandeur du Québec. Ce n’est pas vrai dans toutes les commissions scolaires », a-t-il nuancé.

Le ministre a assuré ne pas procéder au déploiement de « la prématernelle 4 ans contre le réseau des services de garde ou contre les CPE ».

On va continuer de déployer, d’agrandir, de construire de nouveaux CPE. On prévoit qu’il y aura pas mal d’enfants qui vont s’ajouter dans les 0-3 ans, 0-4 ans. Il y a un petit baby-boom, donc il y a de la place pour tout le monde.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

M. Roberge reconnaît que le réseau de CPE répond aux besoins des tout-petits, mais il souligne qu’il s’agit d’une minorité des enfants. « Il y a à peu près 75 % des enfants de quatre ans qui ne sont pas en CPE. […] Il y a de la place en masse pour déployer le réseau des maternelles, sans même qu’un seul enfant ne transfère des CPE aux maternelles », a-t-il déclaré.

Où seront situées ces classes?

De nombreuses nouvelles classes de maternelle 4 ans ouvriront en région.

Un total de 18 nouvelles classes sera autorisé auprès des commissions scolaires de Kamouraska – Rivière-du-Loup et du Chemin-du-Roy (Trois-Rivières). Ils accueilleront ainsi, respectivement, 24 et 26 classes de maternelle 4 ans.

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay verrait, quant à elle, son total être porté à 22, avec l’ajout de 15 classes.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM), la plus importante de la province, devra, elle, ouvrir 4 classes de plus (32 au total). Aucune classe n’ouvrirait à Marguerite-Bourgeoys.

Toujours à Montréal, les commissions scolaires anglophones auront la tâche d’ouvrir 19 (Lester-B.-Pearson) et 13 nouvelles classes (English-Montréal).

Quels critères?

Pour être éligibles, les enfants devront avoir 4 ans avant le 1er octobre. Une demande d’inscription devra également être remplie par les parents.

Aucun redoublement n’est prévu.

Par ailleurs, les parents dont l’enfant fréquente ces établissements pourraient rencontrer les enseignants à dix reprises au cours de l’année scolaire.

Recul réclamé par des opposants pour la maternelle à 4 ans

Ce projet de loi ne fait cependant pas l'unanimité au sein des associations du milieu éducatif et des groupes politiques. Des opposants ont réclamé dimanche une marche arrière du gouvernement Legault, dans le but d'investir notamment auprès des Centres de petite enfance (CPE).

« Si le premier ministre veut vraiment investir et continuer d’investir dans la petite enfance, qu’il consolide le réseau actuellement bâti », a assuré Francine Lessard, directrice générale du Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance (CQSEPE).

À l’occasion d’une conférence de presse, cette dernière a dénoncé la volonté du gouvernement de François Legault d’investir annuellement entre 400 et 700 millions de dollars, sans compter les coûts de construction, dans le but d’implanter l’une des promesses phares du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

En compagnie de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), le CQSEPE a soutenu que les CPE offraient déjà une multitude de services appréciés par les parents.

Des excuses réclamées à François Legault

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec a réclamé dimanche des excuses au premier ministre François Legault. En chambre, jeudi, ce dernier avait comparé les employés des CPE à « des techniciens de garde », afin de mettre l’accent sur les « spécialistes » travaillant dans les écoles primaires.

« On a été choqués, a assuré Valérie Gagnon, présidente de la FIPEQ-CSQ. Pour nous, c’était rabaisser notre profession. Nous dire qu’on est encore des gardiennes, c’est inacceptable. Ce n’est pas reconnaître les services que l’on rend. »

Les partis de l’opposition font eux aussi front commun derrière ces organisations.

« On n’a pas besoin [des maternelles à 4 ans] », a clamé Vincent Marissal, député de Québec solidaire (QS), affirmant que le gouvernement « s’entête » dans ce dossier, qualifié de « poudre aux yeux » par la libérale Jennifer Maccarone.

« On manque d’écoles et de classes », a ajouté M. Marissal, mentionnant que « des écoles sont dans un état lamentable ».

« On voit un gouvernement qui a décidé de mettre tous ses œufs et investissements sur les maternelles [à] 4 ans », a poursuivi l’élue péquiste Véronique Hivon.

« Des milliers de gens attendent des places [en CPE], a-t-elle précisé. C’est quoi le message qu’on envoie? »

Vendredi, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) avait elle aussi fait part de son opposition à ce projet. Elle a néanmoins annoncé qu’elle allait collaborer avec le gouvernement.

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