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Sans eau potable depuis près de 25 ans : Neskantaga décrète l'état d'urgence

Une affiche montrant un robinet barré.
Cet avertissement est affiché dans toutes les salles de classe de l'école élémentaire de la Première Nation de Neskantaga, afin de rappeler aux élèves de ne pas boire l'eau du robinet. Photo: CBC/Christina Jung
Radio-Canada

La Première Nation de Neskantaga, dans le Nord-Ouest de l'Ontario, a décrété l'état d'urgence en raison du manque d'accès à l'eau potable qui perdure. La communauté autochtone est visée par un avis de faire bouillir l'eau depuis près de 25 ans.

Dans un communiqué publié samedi, la Première Nation déplore que ses membres n’aient toujours pas accès à de l’eau potable dans leurs robinets, ce qui est pourtant un droit de la personne de base.

En 2019, [l’eau potable] devrait être disponible à tous les Canadiens.

Extrait du communiqué de la Première Nation de Neskantaga

Le chef de la communauté autochtone, Wayne Moonias, a aussi envoyé une lettre au ministre des Services aux Autochtones, Seamus O’Regan, dans laquelle il exige une rencontre en personne la semaine prochaine pour discuter de la situation.

Nous aimerions aussi vous inviter à venir dans la communauté après notre rencontre pour vous rendre compte des défis auxquels la communauté fait face pendant cet avis de faire bouillir l’eau, peut-on lire dans la lettre.

Un point de presse dans une communauté autochtone.Le chef Wayne Moonias a été avare de commentaires. Le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler (deuxième à partir de la droite), était présent lors de l'annonce. Photo : CBC/Christina Jung

L’annonce arrive trois jours après que le chef Moonias eut rompu le contrat de construction d’une usine de traitement des eaux avec l’entreprise Kingdom Construction.

Bien qu’il n’ait pas voulu expliquer la raison exacte de la décision, le chef Moonias a souligné les nombreux retards du projet de construction. Initialement prévue pour le printemps 2018, la fin de la construction de l’usine de traitement des eaux avait été par la suite repoussée à mars 2019.

Par courriel, le ministère des Services aux Autochtones du Canada a confirmé être au courant de la déclaration d'état d'urgence.

Une porte-parole a indiqué à Radio-Canada que le ministre O'Regan établira bientôt des contacts avec les leaders [de Neskantaga] afin de déterminer les prochaines étapes à suivre et discuter de l'invitation à rendre visite à la communauté.

Un système temporaire de filtration défaillant

La communauté de Neskantaga, établie à plus de 400 km au nord de Thunder Bay, se sert actuellement d’un système d’osmose inversée afin de filtrer son eau qui, selon le chef Moonias, « ne produit pas une eau propre à la consommation ».

Dans sa lettre au ministre O’Regan, il exige de nouveau du gouvernement fédéral l’octroi d’une quantité illimitée d’eau embouteillée à sa communauté jusqu’à ce que l’usine de traitement des eaux soit opérationnelle.

Dans un courriel envoyé vendredi soir à Radio-Canada, la porte-parole du ministère des Services aux Autochtones, Martine Stevens, avait confirmé que le gouvernement répondrait à la demande.

Le ministère des Services aux Autochtones continuera de répondre aux besoins en eau de consommation de la communauté jusqu’à ce que les rénovations de l’usine de traitement des eaux soient terminées et que l’avis de longue date de faire bouillir l'eau soit levé, a-t-elle indiqué.

L’avis de faire bouillir l’eau en vigueur à Neskantaga est celui qui dure depuis le plus longtemps au pays.

Partout au pays, 62 communautés autochtones sont aussi soumises à des avis similaires.

Nord de l'Ontario

Autochtones