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Les jeunes Québécois coincés en Haïti arrivent à Montréal

Des gens se serrent dans leurs bras à l'aéroport.

Les 26 élèves et leurs accompagnateurs arrivent à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'avion qui rapatriait un groupe d'adolescents de Victoriaville, parti faire un voyage humanitaire en Haïti, a atterri à l'aéroport Montréal-Trudeau dimanche soir, au lendemain du rapatriement d'une centaine de touristes québécois.

L'appareil affrété par Air Transat qui a décollé de Port-au-Prince en fin d'après-midi s'est posé après 20 h à Montréal. Les 26 élèves, avec leurs accompagnateurs, avaient rejoint l'aéroport Toussaint-Louverture vers 7 h dimanche matin.

À bord du vol TS 663, il y avait aussi des employés d’Affaires mondiales Canada et bon nombre de missionnaires. L’ambassadeur du Canada en Haïti et sa garde rapprochée sont restés sur place à Port-au-Prince.

Parents, proches, amis et directrices d’école se disent rassurés de savoir les élèves en sol canadien, et ce, malgré le fait que la communication était bonne avec l’ambassade du Canada et les organisateurs tout au long du voyage.

« Pour avoir parlé régulièrement avec le groupe, j’entendais les enfants chanter derrière eux au téléphone. On était en confiance. On sait qu’ils étaient bien encadrés, bien entourés, bien accompagnés. Mais très contente de les voir ce soir également », a déclaré Patricia Bouchard, directrice de l’école secondaire Le Boisé.

Mère d’un fils parti vivre une expérience humanitaire en Haïti, Marie-Claude Baril a raconté à Radio-Canada ne pas avoir été trop inquiétée par la crise qui secoue actuellement le pays.

« Dès le départ, on savait que nos jeunes étaient en sécurité, plus éloignés, en montagne. Tous les jours, on avait des informations sur Facebook via les animateurs Rock et Francine. Jamais on n’a su nos enfants en danger. La pire journée qu’on craignait, c’était le retour. Encore là, les informations qu’on avait pour le retour [c'est qu'il] se ferait en toute sécurité. Jamais ils ne mettraient la vie de nos enfants en danger », a-t-elle affirmé.

Selon elle, son fils et ses camarades n’auraient pas eu une vive connaissance des affrontements entre le peuple et les forces policières. « Je ne pense pas qu’ils ont été témoins [des actes de violence], mais je pense que les animateurs les ont mis au courant de ce qui se passait. […] Probablement témoins de la misère qu’il y a, la révolte, mais je ne pense pas qu’ils aient vu des scènes de saccage », a-t-elle raconté.

En tant que grand-père, Jacques Baril voit une utilité à cette expérience. « Le point de vue positif de cela, c’est que mon petit-fils s’en va en tourisme d’aventure. Ça va lui donner une bonne chance de voir la réalité sur le terrain », a-t-il dit.

« Je n’ai jamais senti qu’on était en danger »

Le trajet en autobus du groupe venu de Victoriaville, entre sa zone de résidence, dans la région de Kenscoff située au sud de Port-au-Prince, et la capitale, « s’est bien passé », a précisé par téléphone Rock Tourigny, responsable de ce groupe, à RDI Matin.

Ces jeunes, provenant des écoles Le Boisé et Le Tandem, sont arrivés à Haïti dimanche dernier. Rapidement, assure Rock Tourigny, ils ont pris contact avec l’ambassade canadienne pour planifier un vol de retour.

« Ils nous ont conseillé de revenir dimanche. C’était le meilleur temps. Des gens vont à la messe très tôt le matin. C’était pas mal certain qu’il n’y aurait pas de barricades et de barrages », a confié Rock Tourigny.

Selon ce dernier, aucun problème de violence n’a été constaté au cours de leur semaine passée à Haïti.

« Je n’ai jamais senti qu’on était en danger. On était dans la campagne, a-t-il expliqué, précisant également que les jeunes "ont mangé à leur faim". C’est une autre réalité. La vie continue. Les gens avec lesquels on travaille ont plein de projets. »

« Les jeunes ont très bien vécu ça, a-t-il poursuivi. Des Haïtiens sont venus nous parler un peu de la situation et ont expliqué aux jeunes pourquoi présentement des gens manifestaient. On comprend très bien. »

On est venus en novembre. Un dollar américain valait 65 gourdes. On revient en février et un dollar américain vaut 80 gourdes. Il y a une inflation épouvantable pour eux autres. Les gens ont faim. On comprend ce qu’ils vivent ici.

Rock Tourigny, responsable du Groupe solidarité jeunesse de la Commission scolaire des Bois-Francs
Un groupe de jeunes pose pour une photo.

Le groupe de jeunes Québécois présent à Haïti pour un voyage humanitaire va rentrer dimanche soir à Montréal.

Photo : Facebook / Rock Tourigny

D'autres Canadiens secourus

Des bénévoles albertains qui se trouvaient en Haïti ont pu prendre leurs proches dans leur bras dimanche après-midi à l'aéroport de Calgary. Ils ont été forcés de quitter la région où ils se trouvaient à bord d'un hélicoptère en déboursant près de 7000 $.

L’hélicoptère a effectué trois déplacements vers l’aéroport de Port-au-Prince, puisque le groupe de 24 bénévoles était coincé à Grand-Goâve, à une soixantaine de kilomètres de la capitale. De là, ils ont pu prendre des vols différents jusqu’à Miami, en Floride, pour par la suite s’envoler vers l’Alberta dimanche.

Des professionnels de la santé de la Colombie-Britannique sont aussi de retour au Canada dimanche soir alors qu'ils devaient rester en Haïti jusqu'à mercredi. Ces 12 bénévoles participaient depuis le 6 février à un projet d’aide humanitaire à Grand-Goâve, située à une soixantaine de kilomètres de la capitale haïtienne, en collaboration avec l’organisme Heart to Heart Children's Home.

Ils ont loué une voiture et ont été escortés par des policiers jusqu’à l’aéroport. De la capitale, ils ont pris un vol vers Montréal dimanche après-midi. Ils doivent maintenant organiser leur déplacement jusqu’à Vancouver.

Des coopérantes provenant des Maritimes sont maintenant hors de danger dans la foulée de la crise sociopolitique qui secoue Haïti.

Un groupe d’infirmières et une médecin sont rentrées à la maison samedi après un périlleux trajet pour sortir de l’île des Caraïbes. Les trois Néo-Brunswickoises ont pris un vol vers la ville de Portland, au Maine, avant de traverser la frontière américaine par la voie terrestre.

La directrice d’un orphelinat originaire de la Nouvelle-Écosse, Tonya Kucey, est parvenue de peine et de misère à fuir Haïti samedi. Elle est montée à bord d’un vol en direction de la Floride et elle devrait retourner en Nouvelle-Écosse au courant des prochains jours.

Samedi soir, 113 touristes québécois ont été rapatriés avec succès après avoir été confinés durant plusieurs jours dans un hôtel. Des hélicoptères ont été affrétés pour leur permettre de rejoindre l’aéroport de Port-au-Prince.

D’autres Québécois restent cependant encore bloqués en Haïti, incapables de se rendre à Port-au-Prince pour prendre un avion.

Nos envoyés spéciaux, Philippe Leblanc et Laurence Martin, suivent la situation à Port-au-Prince :

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