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Entre inquiétude et colère : la diaspora haïtienne d'Ottawa et de Gatineau se sent impuissante

Du feu et un homme qui marche
À Port-au-Prince, une barricade de feu a été réalisée par des manifestants. Photo: Reuters / Ivan Alvarado
Radio-Canada

Les membres de la communauté haïtienne de la région d'Ottawa et de Gatineau sont inquiets des récents actes de violence et de pillage commis lors des manifestations des dernières semaines dans leur pays d'origine.

Marie-Lissa Roy-Guérin surveille chaque jour les bulletins d'information. Et ce qu'elle voit à la télévision l'inquiète. Elle s'entretient constamment avec des membres de sa famille en utilisant des applications telles que WhatsApp, parce que les téléphones là-bas ne fonctionnent pas.

Une femme noire d'âge mûr regarde un album-photos.Marie-Lissa Roy-Guérin s'inquiète de la situation en Haïti. Photo : Radio-Canada

Ils sont très inquiets. Ils sont très inquiets parce que quand ça déborde, quand on n'arrive pas à contrôler la foule, on ne sait pas ce qui va se passer, a-t-elle déclaré à Radio-Canada, lors d'une entrevue accordée chez elle dans le secteur Orléans.

Mme Roy-Guérin craint aussi pour ses proches là-bas qui tentent de trouver de la nourriture, alors que les denrées se font de plus en plus rares.

La nourriture se fait rare parce que dans les jardins il n'y a pas de récoltes. Il faut tout acheter au marché et dans les marchés, c'est très cher. La gourde est à 85 gourdes pour un dollar américain, a-t-elle déploré.

On est dans la diaspora. On n'a pas vraiment de prise sur ce qui se passe là-bas.

Marie-Lissa Roy-Guérin

Dans la communauté, on ressent un fort sentiment d'impuissance et de peur.

Un homme noir répond aux questions d'un journaliste.Patrick Auguste, directeur général de l'Association culturelle de la jeunesse haïtienne de demain, craint pour la vie des membres de sa famille. Photo : Radio-Canada

Le directeur général de l'Association culturelle de la jeunesse haïtienne de demain, Patrick Auguste, craint pour la vie des membres de sa famille.

Il y a beaucoup de violence. J'ai une cousine dont l'automobile a été criblée de roches, de pierres. Elle a failli y laisser sa vie, a-t-il relaté.

Les gens ont peur, car la violence vient de partout. Les gens se sentent pris dans un piège. On ne peut pas dire que c'est la police qui fait de la violence ni d'autres gens. C'est très flou.

C'est une situation de confusion totale!

Patrick Auguste, directeur général, Association culturelle de la jeunesse haïtienne de demain

L'abbé Joseph Lin Évillard revient tout juste d'Haïti, où ses parents vivent toujours. Les gens ont beaucoup de frustration, a-t-il dit, parce que la situation économique est très mauvaise.

En Haïti, tout est cher. Les produits locaux sont chers. Et 95 % des gens en Haïti ne travaillent pasAu Canada, il y a 6 % d'inflation. En Haïti, c'est 95 % d'inflation.

La plupart des gens cherchent de quoi vivre et manger de jour en jour.

L'abbé Joseph Lin Évillard

L'abbé dénonce la corruption généralisée et les promesses brisées du gouvernement haïtien.

Il y a les bourgeois qui appuient le président. Et d'autres qui cherchent leur propre intérêt. C'est comme des tentacules, des aigles, des rapaces qui essaient de tout trouver et de tout prendre, a-t-il lancé, désespéré.

Nous sommes à genou. Nous sommes à genou, pourquoi? Parce qu'il y a un manque de volonté pour avoir un projet social, un projet national.

Un prêtre, un homme noir, répond aux questions d'un journaliste.L'abbé Joseph Lin Évillard dénonce la corruption en Haïti. Photo : Radio-Canada

Mme Roy-Guérin estime que tous les ingrédients étaient là pour déclencher ces violentes émeutes. On dirait que cette population-là est dehors parce qu'elle n'a plus d'espoir, a-t-elle déclaré.

Il fallait seulement une petite étincelle pour que ça s'éclate, a renchéri l'abbé Joseph Lin Évillard.

Moi je pense que le président manque d'humilité. Il semble mal entouré. Il n'apprend pas les leçons du passé. Et, vraiment l'avenir est préoccupant, a conclu Patrick Auguste.

Les membres de la diaspora haïtienne de la grande région d'Ottawa-Gatineau sont invités à venir se recueillir et à prier dimanche lors de la messe hebdomadaire de la communauté haïtienne à l'église Sacré-Coeur à compter de 12 h 30.

Avec les informations du journaliste Jean-François Poudrier

Ottawa-Gatineau

Crises politiques