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Les communautés culturelles se méfient de la police, conclut un rapport interne du SPO

Ketcia Peters en entrevue devant l'un des édifices du Service de police d'Ottawa.
Ketcia Peters rapporte que les communautés ethnoculturelles n'ont pas le sentiment d'être bien servis par le Service de police d'Ottawa (SPO). Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des militants afro-canadiens sonnent l'alarme sur le manque de confiance qui existe entre la police et les communautés culturelles de la capitale. Leurs revendications font suite à un rapport interne du Service de police d'Ottawa (SPO), rendu public cette semaine, qu'ils jugent « cynique ».

Ketcia Peters du groupe de travail sur les relations policières et communautaires admet qu'il s'agit d'un excellent portrait de la situation, mais elle remet en question la portée d'un tel rapport.

 C'est du cynisme, parce que, pour eux, ça va être un autre rapport qui est maintenant publié, mais après ça quoi? Quelles vont être les prochaines étapes? Est-ce un autre rapport qui va rester sur une tablette et prendre la poussière ou est-ce qu'on va implanter les recommandations, demande-t-elle.

Parmi les nombreuses recommandations, on demande aux autorités de reconnaître la présence du racisme systémique dans ses rangs et l'urgence de trouver les moyens d'y remédier. L'une des membres de la Coalition Justice pour Abdirahman Abdi, Dahabo Ahmed Omer, souligne que la communauté parle de discrimination et de profilage depuis longtemps déjà.

On attend toujours pour que la police [prenne] ça au sérieux et que finalement elle dise: on sait qu'il y a un problème, voici ce qu'on va faire.

Dahabo Ahmed Omer, membre de la Coalition Justice pour Abdirahman Abdi

Un rapport de 142 pages et de 183 recommandations

Le rapport final de l'équipe de liaison communautaire du Service de police d'Ottawa (Nouvelle fenêtre) a été rendu public cette semaine, même s'il était prêt à être présenté en mai 2017. Rappelons que cette unité temporaire, dirigée par l'inspectrice Isobel Granger, a été formée peu après l'arrestation fatale de Abdirahman Abdi en juillet 2016.

L'unité a sondé plus de 1000 résidents issus de la diversité afin de mieux comprendre leur perception de la police. De ses entretiens, deux éléments ressortent : la peur et la méfiance vis-à-vis des policiers ainsi que les inquiétudes sur la transparence et l'imputabilité.

Nous avons reçu un message fort de la communauté. Nous avons besoin d'écouter ce qu'ils nous disent

Isobel Granger

Certains immigrants associent la police à la violence physique, les pillages ou les massacres, peut-on lire dans le rapport de 142 pages. [Les parents] sont très inquiets pour la sécurité de leurs enfants lors des interactions avec la police.

La méfiance serait plus élevée chez les jeunes marginalisés et dans les communautés somaliennes, noires, autochtones et arabes. Ces communautés seraient par conséquent moins portées à signaler les crimes dont elles sont victimes ou témoins.

Plusieurs personnes ont exprimé cette perception [de méfiance] et, à mon avis, c'est une perception qui est réelle puisqu'elle se base sur leur propre expérience, a reconnu l'inspectrice Isobel Granger.

Parmi les recommandations :

  • Revoir le mandat de l'Unité bandes et armes à feu;
  • Mener un projet pilote sur le port des caméras corporelles pour policiers;
  • Identifier des mesures pour améliorer la reddition de comptes;
  • Faire en sorte que les policiers impliqués dans un incident violent n'interagissent pas avec la communauté avant la conclusion de l'enquête;
  • Reconnaître officiellement l'existence de barrière systémiques, de discrimination et de racisme.

Avec les informations de Judy Trinh et de Florence Ngué-No

Ottawa-Gatineau

Minorités culturelles