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Un hiver difficile pour les personnes à mobilité réduite de Gatineau

Une personne en fauteuil roulant électrique  circule sur un trottoir inondé.
Les bordées de neige successives bousculent les priorités de déneigement, compliquant les déplacements des personnes à mobilité réduite. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Un père du secteur de Hull dénonce le mauvais entretien des routes et des trottoirs qui l'empêche de promener sa fillette de façon sécuritaire. L'importante quantité de neige reçue dans les dernières semaines complique également la tâche des citoyens en fauteuil roulant.

Yucca Léonard réside dans le secteur Hull. Sa fille de deux ans et demi est atteinte de paralysie cérébrale. Ils doivent se rendre régulièrement au centre de réadaptation qui se trouve à moins de quinze minutes à pied de leur logis. Le mauvais entretien des trottoirs rend impossible quelconque promenade avec l'imposante poussette.

Au niveau du déneigement, c'est une des pires villes que j'ai vues. Les trottoirs ne sont pas déneigés, les rues, c'est désastreux, même dans le centre-ville de Hull.

Yucca Léonard, résident de Hull

Ayant résidé à plusieurs endroits, M. Léonard propose de s'inspirer des « autres villes de même grandeur » pour ce qui est du déneigement. À Québec, Montréal et Terrebonne, des systèmes de voyants lumineux clignotent aux entrées de la ville, lorsqu'une opération de déneigement est en cours, par exemple.

La Ville de Gatineau installe plutôt des pancartes à même les bancs de neige pour avertir les résidents de garer leur voiture ailleurs, en attendant que le tout soit complété. Cette méthode semble peu efficace, selon M. Léonard.  Ici, ça fait 4 ou 5 jours [que les pancartes ont été installées], pis il n'y a pas rien qui a été fait, explique-t-il en entrevue à Radio-Canada.

Le père de famille comprend qu'il s'agit d'une année record en ce qui concerne les précipitations, mais il remet en question la récurrence du problème. Si vous étiez venu, il y a deux semaines, c'était la même chose, indique-t-il.

M. Léonard et sa conjointe, en promenade avec leur fille de deux ans, dans une poussette. La rue est glacée. M. Léonard et sa conjointe n'ont d'autre choix que de marcher dans la rue avec leur fillette de deux ans puisque les trottoirs ne sont pas déneigés. Photo : Radio-Canada

C'est le même constat pour la directrice générale du Regroupement des associations de personnes handicapées de l'Outaouais (RAPHO), Monique Beaudoin. C'est difficile, marcher dans nos rues locales, c'est très difficile, déplore-t-elle.

Difficile pour les fauteuils roulants

Francine St-Jean, la directrice de l'organisme Entre Deux Roues, un centre d'activités pour personnes à mobilité réduite, souligne qu'il faut moins de 10 centimètres de neige pour empêcher un fauteuil roulant d'avancer. Le vice-président de l'organisme, Joël Bellehumeur, se déplace lui-même en fauteuil roulant.

Me promener, c'est pratiquement impossible, les trottoirs sont très mal déneigés.

Joël Bellehumeur, vice-président de l'organisme Entre Deux Roues

Il soutient que l'état des rues est pire que dans les années précédentes, une opinion partagée par Mme St-Jean. Cette dernière affirme qu'il s'agit d'un « problème au quotidien » pour sa clientèle.

Deux personnes en fauteuil roulant électrique se dirigent vers un trottoir enneigé de Gatineau. Joël Bellehumeur et Camille Lefebvre soulignent qu'il est pratiquement impossible de se déplacer sur les trottoirs de Gatineau étant donné la quantité de neige et de glace. Photo : Radio-Canada

Le transport adapté leur permet de se déplacer plus facilement, mais tous ne sont pas éligibles, selon Mme Beaudoin. Également, il faut prévoir un déplacement la veille avant midi, en plus de s'assurer que la destination est accessible en fauteuil roulant, intervient Mme St-Jean.

S'ils n'ont pas de sorties, d'activités extérieures, ils restent entre les quatre murs de leur chambre à attendre...

Francine St-Jean, la directrice de l'organisme Entre Deux Roues

Pour Yucca Léonard, c'est simple : il y a un manque qui doit être comblé quelque part. On paye cher de taxes, on est en droit, les citoyens, d'exiger d'avoir des services équivalents, conclut-il.

Avec les informations du journaliste Martin Robert

Ottawa-Gatineau

Société