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Des parents exigent la fin des salles d’isolement dans les écoles

Un enfant assis contre un mur, l'air déprimé
Selon Inclusion Alberta, certains enfants avec des divergences cognitives ou des handicaps sont régulièrment placés dans des salles verrouillées ou physiquement retenus à l'école. Photo: iStock
Radio-Canada

Il faut interdire les salles d'isolement dans les écoles grâce à une loi ou un arrêté ministériel: c'est en tous cas ce que réclament Inclusion Alberta et la Société de l'autisme de l'Alberta. Ils craignent que le gouvernement, qui a promis de réviser ses directives à ce sujet, ne se contente de demi-mesures.

« Il est temps de mettre en place un arrêté ministériel pour protéger nos enfants vulnérables », lance O, la mère d’un jeune garçon qui a été laissé nu et couvert d’excréments dans une salle verrouillée d’une école de Sherwood Park en 2015. La femme ne peut pas être nommée parce que son cas est présentement devant les tribunaux.

Après la médiatisation de cette affaire, le ministre de l’Éducation David Eggen a promis de mieux encadrer le recours aux salles d'isolement dans les écoles. Il a invité O, ainsi que d'autres parents et groupes de défense des personnes avec des handicaps à faire partie d'un groupe de consultation sur cette question.

Ceux-ci n’ont toutefois pas l’impression que leurs demandes ont été entendues.

« J’ai le sentiment d’avoir été utilisée comme symbole par le gouvernement juste pour qu’il puisse avoir l’air de consulter les parents », déplore O.

Lors d’une rencontre entre les consultants et les représentants du ministère, le 19 décembre, ceux-ci ne semblaient pas enclins à proposer une loi ou une interdiction complète, selon Inclusion Alberta.

Ils suggéraient plutôt de nouvelles directives qui permettraient de mettre les enfants en isolement seulement si les parents donnent leur autorisation et si la porte n'est pas verrouillée.

« Ça me brise le coeur, qu’après tout ce travail, rien n’aura changé », admet O, la voix étouffée par l’émotion.

Le ministre de l'Éducation réagit

David Eggen, ministre de l'Éducation en Alberta affirme être « franchement perturbé » par les expériences que certains enfants ont vécues dans les salles d’isolement.

Après des discussions initiales avec le groupe de travail, je suis convaincu que les salles d’isolement doivent être bannies.

David Eggen, ministre de l’Éducation de l’Alberta.

Il affirme qu’il a l’intention de « rédiger des directives strictes » sur l’utilisation de l’isolement dans les écoles. Il n’a cependant pas précisé s’il serait prêt à en faire une loi.

Une autre rencontre avec le comité de consultation est prévue dans les prochaines semaines.

Une pratique répandue

Inclusion Alberta a mené une étude auprès de 389 parents d'enfants avec des handicaps.

Ceux-ci ont rapporté que plus de la moitié de leurs enfants avaient déjà été placés en isolement ou physiquement retenus à l'école. Un petit nombre d'entre eux l'ont été pendant plus de trois heures.

Certains des parents croient que ces pratiques sont parfois nécessaires. Plusieurs autres ont rapporté des conséquences graves sur la santé mentale de leur enfant, allant jusqu'au syndrome de stress post-traumatique.

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