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Gazoduq : « Sans consentement, pas de projet », préviennent les Anichinabés

Un homme d'origine autochtone s'adresse au micro d'un journaliste.
Steeve Mathias, chef de la communauté autochtone de Winneway Photo: Radio-Canada / Thomas Deshaies
Thomas Deshaies

Les chefs anichinabés de 11 communautés du Québec et de l'Ontario étaient réunis à Val-d'Or vendredi pour un sommet politique. Ils en ont profité pour envoyer un avertissement aux représentants de l'entreprise Gazoduq, tout en dénonçant qu'ils n'aient pas encore été consultés officiellement par l'entreprise.

Si on en croit la Grande cheffe du Conseil tribal de la nation algonquine Anishnabeg, Verna Polson, les représentants de Gazoduq ont raté une occasion de faire bonne impression auprès des Anichinabés.

C'est qu'ils auraient amorcé une série de consultations auprès d'élus et de représentants de groupes d'intérêts dans les derniers mois, sans toutefois consulter officiellement les premiers peuples.

Ma position en tant que Grande cheffe, c'est sans consentement, pas de projet. Assez c'est assez. Ils doivent comprendre.

Verna Polson
Verna Polson qui pose dans une salle de conférence.La Grande chef Verna Polson. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Les chefs, qui étaient réunis dans une salle adjacente à celle qu'utilise l'entreprise pour ses consultations publiques, à l'hôtel Forestel de Val-d'Or, ont invité un représentant de l'entreprise à prendre la parole devant leur assemblée.

Ils lui ont lancé un avertissement, explique le chef de la communauté de Winneway, Steeve Mathias. On lui a dit bien clair et net, comme quoi dorénavant, pour les projets qui touchent plusieurs communautés, ce sera la nation qui va prendre position. Pas de consentement, pas de développement, souligne-t-il.

Gazoduq s'explique

La directrice aux affaires publiques et relations avec les communautés pour Gazoduq, Marie-Christine Demers, assure que l'entreprise souhaite impliquer les Premières Nations dans l'établissement du tracé. On est en début de processus, le projet a été lancé en novembre, souligne-t-elle. On a initié les discussions avec eux dans les dernières semaines, derniers mois.

On leur a tendu la main pour qu'on puisse poursuivre la discussion dans les prochaines semaines.

Marie-Christine Demers

Steeve Mathias n'a pas été impressionné par les explications de Gazoduq. C'est un discours qu'on a déjà entendu, déplore-t-il. Puis à un moment donné, ils arrivent puis là tout est fait, tout est décidé, puis là on n'a pas le choix, les permis vont être émis puis on n'a plus de recours. Ce genre de manières-là, c'est rendu inacceptable.

Des réticences

Selon la Grande cheffe Polson, les Anichinabés n'hésiteront pas à se mobiliser pour bloquer le projet s'il n'y a pas de consentement. Des participants au sommet politique auraient d'ailleurs déclaré publiquement devant le représentant de l'entreprise qu'ils n'hésiteraient pas à le faire, ajoute-t-elle.

Steeve Mathias précise que les communautés ne sont pas opposées aux projets de développement économique, mais pas à n'importe quel prix. Les promoteurs de Gazoduq ne gagneront pas facilement le consentement des communautés autochtones, si on en croit les propos tenus par M. Mathias. C'est sûr que c'est inquiétant [le projet de gazoduc], explique-t-il. C'est fondamental les impacts que ça peut avoir sur le territoire puis toute la population de l'Abitibi-Témiscamingue.

Les représentants de Gazoduq ont invité les chefs à soumettre une formule de consultation. Les chefs ont alors convenu de se consulter pour répondre à cette proposition, a fait savoir le chef Mathias.

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