•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Lorie Hamel : des sculptures qui prennent vie

Lorie Hamel

Lorie Hamel

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Josée Bourassa

Aujourd'hui, j'ai vu naître une œuvre d'art vivante sous mes yeux. Ça s'est passé dans un entrepôt des Galeries de la Capitale. Pour l'inauguration du Méga Parc, on avait requis les services de Lorie Hamel, artiste du bodypainting, ou peinture corporelle, pour créer deux personnages inspirés d'un univers steampunk afin d'animer la soirée. L'esthétique steampunk est inspirée d'un courant littéraire issu de la science-fiction.

Un corps humain, c’est quelque chose qui bouge, qui est vivant, qui a de la personnalité. C’est tellement intense comme médium! , me confie Lorie.

En 2009, la Trifluvienne suit sa première formation en bodypainting et c’est le déclic : elle vient de trouver sa voie. Elle participe à des compétitions internationales en effets spéciaux en Nouvelle-Zélande, en Autriche, aux États-Unis. Elle décroche des premières places. Elle termine de justesse son baccalauréat en art à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), car il est clair pour elle, qu’elle se lance professionnellement dans cette voie.

Une femme déguisée en insecte.

Les créations de Lorie Hamel remportent les honneurs dans différentes conventions internationales.

Photo : Avec l'autorisation de Lorie Hamel

Aujourd’hui, elle n’a plus le temps de se consacrer aux compétitions. Elle reçoit trop de demandes pour créer des personnages lors d’événements corporatifs.

Peu importe que l’événement soit familial ou haut de gamme, le bodypainting c’est une œuvre d’art interactive. C’est une forme d’art accessible à tous, parce qu’il n’y a rien de plus facile à s’approprier que l’image d’une autre personne. C’est super accessible, même pour les gens qui ne connaissent rien en art.

Ses deux modèles s’installent près de sa table remplie de bouteilles de maquillage et d’accessoires. Munie d’un petit compresseur, Lorie applique le maquillage à l’aide d’un jet d’air, c’est ce qu’elle appelle du airbrush. Elle utilise aussi des stencils pour créer plus d’effets.

Selon le contexte et la thématique de l’événement, elle doit trouver le juste milieu entre innover, s’inspirer et répondre au besoin de sa clientèle. C’est une des facettes de son travail qu’elle préfère.

Généralement, les artistes qui font du bodypainting utilisent le corps comme une surface de tableau pour reproduire une image, comme un visage de tigre par exemple. Pour ma part, j’aime transformer mon modèle en personnage.

Pour créer des maquillages résistants à la chaleur et à la sueur, Lorie Hamel utilise des maquillages à base d’alcool. Ils sont généralement utilisés par les artistes de cirque. Pour des maquillages moins résistants, elle utilise des maquillages à base d’eau, comme ceux que l’on utilise dans les fêtes d’enfants.

Lorie est aussi passionnée de couture. Elle a créé des pièces de costumes qu’elle assemble au gré de son inspiration, dans une infinie possibilité de combinaisons. Cela lui permet de contourner le problème de la nudité, généralement associée au bodypainting.

Sur les visages, elle applique des prothèses avec précaution et délicatesse pour que ses modèles se sentent à l’aise dans leurs mouvements.

Lorie Hamel installe des prothèses à ses personnages.

Les prothèses sont faites de mousse. Elles sont souples et confortables pour le modèle.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Son talent l’a emmenée à collaborer avec le Cirque du Soleil, lors d’événements spéciaux. Elle a imaginé des personnages steampunk pour les premières de Curios, créé des costumes pour les premières de Luzia. En fait, l’artiste participe à plusieurs événements chaque semaine. C’est mon travail à temps plein!

Lorie Hamel habille son personnage.

Lorie installe différentes pièces de costumes à l’aide d’épingles de sûreté.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Elle se dit très inspirée par le baroque, le décoratif, le très chic. Cette fameuse inspiration, elle la puise dans un tableau, une robe haute couture ou même une plante!

Je lui demande si elle a déjà fait du maquillage pour le cinéma. Elle me répond oui, dans un soupir.

En fait, je n’aime pas vraiment les plateaux de tournage. Il y a beaucoup trop de coordination, de logistique, de contraintes et beaucoup de négociation entre les intervenants pendant le processus de création.

Puis, son ton s’emballe lorsqu'elle me raconte combien elle aime mettre son talent au service des événements.

Tous travaillent pour la réussite, chacun fait ce qu’il a à faire. Ce n’est pas un travail où les gens se subissent, mais un travail où les gens se choisissent.

Il lui a fallu près de quatre heures pour transformer deux humains en créatures venues d’un autre monde.

Lorie quitte la loge avec ses personnages : le professeur Van der Goode et sa compagne maîtresse du voyage et du temps. Ils suscitent spontanément l’admiration des passants dans le centre commercial.

De jeunes hommes lèvent le pouce, des visages s’illuminent, des gens s’immobilisent devant eux.

Lorie Hamel entourée des personnages qu'elle a créé.

Lorie Hamel et ses modèles juste avant de partir à la rencontre des invités.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Derrière eux, pas très loin derrière, Lorie Hamel savoure d’un large sourire, la récompense d’un long et patient travail. Ses créations prennent vie dans le cœur des gens.

Le reportage de Josée Bourassa

Mauricie et Centre du Québec

Arts visuels