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L'ONU demande au Canada et au Québec d'en faire plus pour les réfugiés

Des groupes de parrainage attendent des familles syriennes à l'aéroport de Toronto en décembre 2015.
Statistique Canada a étudié pour la première fois les conditions de vie des réfugiés syriens accueillis au Canada en 2015 et 2016. Photo: The Canadian Press / Chris Young
Jean-François Nadeau

Le Canada et le Québec doivent en faire plus pour accueillir des réfugiés et leur venir en aide. De passage à Québec, le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés affirme qu'il faut combattre les préjugés et les idées préconçues.

Jean-Nicolas Beuze était dans la capitale pour rencontrer, entre autres, des représentants du Centre multiethnique et des ministères de l'Immigration et des Relations internationales.

« La question devient de plus en plus politisée et avec un discours relativement populiste et négatif vis-à-vis des étrangers, des réfugiés, des demandeurs d'asile. Nous demandons vraiment au Canada et au Québec de faire encore plus et de garder les portes ouvertes », a-t-il soutenu.

Le représentant canadien du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Jean-Nicolas Beuze.Le représentant canadien du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies, Jean-Nicolas Beuze. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Le gouvernement Legault dit vouloir réduire le nombre d'immigrants qui entrent au Québec chaque année, pour leur assurer une meilleure intégration. On souhaite mieux cibler les personnes en fonction des besoins en main-d'oeuvre.

Les réfugiés ne sont pas dans la même situation. Ils sont accueillis au pays non pas pour des raisons économiques, mais parce qu'ils fuient la violence, la pauvreté extrême ou des conditions qui menacent leur vie.

Jean-Nicolas Beuze affirme que, parmi tous les immigrants, les réfugiés sont ceux qui ont le plus tendance à rester dans leur première communauté d'accueil. Il soutient qu'il faut les considérer comme un plus pour l'économie.

« Le recensement de 2016 au Canada a montré que ça prend 10 à 15 ans pour les réfugiés à s'intégrer et avoir les mêmes revenus que les Canadiens nés au pays. Ce n'est rien du tout. Ce n'est même pas une génération. Les réfugiés ont aussi une plus grande propension à créer des emplois », explique-t-il.

« On s'attend à ce que ces populations-là soient mises [à profit] pour travailler et pour aider à l'économie. Ce sont des gens qui contribuent, qui participent à l'évolution de la société », ajoute la directrice du Centre multiethnique de Québec, Dominique Lachance.

Elle souligne également que, malgré la médiatisation autour du fait que certaines familles syriennes ont quitté Québec, la plupart vivent toujours dans la région et participent à la vie économique de la capitale.

« Il y a toujours des départs, mais ça, c'est normal. Il y a des gens qui vont retrouver des membres de leur famille. Les communautés sont plus grandes à certains endroits au pays. Ils y retrouvent un soutien. On a quand même gardé une bonne proportion de ces réfugiés-là », explique Dominique Lachance.

Jean-Nicolas Beuze affirme que l'ONU a de plus en plus de mal à venir en aide aux réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique. Avec la situation internationale et les changements climatiques, le nombre de réfugiés dans le monde est appelé à augmenter au cours des prochaines années.

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