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chronique

Grippe saisonnière : enfin un vaccin efficace?

Une personne reçoit un vaccin contre la grippe.

Se faire vacciner est la meilleure prévention, souligne le docteur Shobhit Maruti

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Jean-Marie Yambayamba

N'aurais-je pas dû me faire vacciner cette saison? Je me suis reposé cette question alors que je combattais un épisode d'influenza récemment. Je croyais la chose réglée, mais devant l'inconfort provoqué par la maladie, j'ai renoué avec le doute.

Après des rapports sur une efficacité peu convaincante du vaccin contre la grippe saisonnière en 2017-2018, j'avais décidé de m'en passer cette saison. Mais j'ai continué de consulter les informations et les arguments que les autorités médicales nous rappellent chaque année. J'ai aussi l'occasion de suivre l'évolution de la situation sur le site Internet de Services de santé Alberta.

Selon les derniers chiffres en date du 15 février, environ 1,3 millions d'Albertains ont été immunisés contre l'influenza en 2019. La grippe a entraîné près de 1200 hospitalisations et 28 morts.

Tableaux comparatifs - Alberta

Saisons et personnes vaccinées
(en millions)

2018-2019: 1,28 M
2017-2018: 1,23 M
2016-2017: 1,17 M
2015-2016: 1.15 M

Saisons et personnes hospitalisées

2018-2019: 1189
2017-2018: 3000
2016-2017: 1653
2015-2016: 1698

Saisons et décès reliés à l'influenza

2018-2019: 28
2017-2018: 92
2016-2017: 64
2015-2016: 62

Contraste frappant

Les chiffres du tableau montrent que le nombre des Albertains vaccinés a régulièrement augmenté au cours des quatre dernières années, mais il ne représente encore que près du quart des 4,3 millions d'habitants de la province. Par ailleurs, à moins d'une remontée soudaine, 2018-2019 semble être une bonne année pour ses baisses d'hospitalisations et de décès reliés à la grippe. Le contraste est frappant avec 2017-2018 où les hospitalisations étaient le double de la moyenne des quatre ans alors que les décès avaient augmenté de moitié.

Un médecin de santé publique pour la zone d'Edmonton, le docteur Shobhit Maruti, explique qu'en plus de sa campagne habituelle, la province a multiplié les endroits où on peut se faire vacciner. Il croit aussi que le grand nombre d'infections la saison dernière a incité davantage de personnes à opter pour le vaccin cette année. « J'aime simplement dire aux gens qu'il faut prendre l'influenza au sérieux, que l'immunisation fonctionne. La province continue de répéter que l'immunisation est la meilleure prévention, la meilleure protection pour soi-même et pour les enfants », rappelle le docteur Maruti.

Le docteur Shobhit Maruti est le médecin de santé publique pour la zone d'Edmonton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le docteur Shobhit Maruti est le médecin de santé publique pour la zone d'Edmonton.

Photo : Services de santé Alberta

Si la tendance se maintient...

Le médecin conseille d'attendre la fin de la saison pour éventuellement conclure que l'embellie viendrait d'une plus grande efficacité du vaccin. Mais si la tendance s'étale sur une plus grande période, quelques sceptiques pourraient changer d'avis, mais pas nécessairement tous ceux qui hésitent à se faire vacciner ou qui pensent que ne pas prendre le vaccin est le bon choix. À une époque où les médias sociaux véhiculent des opinions qui vont dans tous les sens, il en faudra, sans doute, plus pour convaincre davantage de monde. Il est en effet de plus en plus difficile d'identifier l'autorité médicale qui oriente les choix des gens en matière de santé publique. « C'est un défi, reconnaît le docteur Maruti, nous continuons à faire notre travail en espérant que la population préfère les faits à la fiction. » Mais l'évidence scientifique peut ne pas suffire devant certaines convictions bien enracinées ou des excuses qu'on peut se trouver pour différer ou ne pas se présenter au vaccin.

Relation et confiance

Dans un article publié le 9 février 2019 sur le site Web de CNN, une pédiatre américaine explique avoir misé sur ses rapports personnels et un dialogue ouvert avec des familles pour leur faire accepter les vaccins. « En fin de compte, je crois qu'elles ont pris cette décision à cause de nos relations personnelles : j'étais leur pédiatre et elles avaient confiance en moi », écrit la docteure Edith Bracho-Sanchez. « Nous, les parents et leur pédiatre, nous recherchions le bien-être de l'enfant devant nous. » Le cheminement a été long et dans ce parcours, les deux parties ont accepté de parfois ne pas être sur la même longueur d'onde. « Je suis totalement d'accord qu'il est essentiel de développer une telle relation et une telle confiance », renchérit le docteur Shobhit Maruti.

Décision éclairée

Je réalise moi-même que ma position personnelle sur le vaccin a évolué au gré des influences. Parfois, je me suis basé sur des informations glanées par-ci par-là, en dehors d’une conversation avec mon médecin. L’expérience de la maladie m’aura amené à redécouvrir la pertinence de valoriser ma relation avec l’autorité médicale pour accepter ou refuser le vaccin. Dire que j'ai pris une telle décision après en avoir discuté avec le médecin qui a ma confiance, c'est, me semble-t-il, une position clairement responsable. C'est ainsi que j'espère pouvoir trancher la question de mon immunisation la saison prochaine.

Alberta

Santé