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Agents unilingues sur la colline : la GRC doit s'expliquer devant un comité du parlement, dit un ancien élu

Un policier vu de dos.

Un policier de la GRC.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Angie Bonenfant

L'ex-député fédéral d'Acadie-Bathurst Yvon Godin exige que les commissaires de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des langues officielles comparaissent devant un comité fédéral pour qu'ils expliquent pourquoi des agents de la police nationale, en poste sur la colline du Parlement, ne sont pas en mesure de s'exprimer en français.

Vendredi, Radio-Canada révélait que quatre ans après avoir fait l'objet d'une plainte pour ne pas avoir déployé suffisamment de policiers bilingues à la sécurité de la colline du Parlement, la GRC n'avait mis en application aucune des recommandations émises dans un rapport d'enquête qui avait blâmé le corps policier.

M. Godin, qui est à l'origine de la plainte, veut que le Comité permanent des langues officielles se saisisse du dossier le plus rapidement possible et en fasse rapport à la Chambre des communes. Il souhaite voir à la table la commissaire de la GRC Brenda Lucki et le commissaire des langues officielles Raymond Théberge.

Les deux devraient venir nous expliquer pourquoi ça prend quatre ans pour dire à la GRC qu'il devrait y avoir des personnes bilingues sur la colline parlementaire, a lancé l'ex-député, pour qui ce dossier est un enjeu de sécurité publique.

Imaginez, si une personne dit à un agent qu'il vient de voir une personne en bas de la colline avec un fusil et que la réponse est ''I'm sorry, I don't speak French'' [...] Ce n'est pas le temps de ''I don't speak French'', c'est le temps d'agir!

Le ministre de la Sécurité publique pourrait intervenir aussi parce que c'est une question de sécurité publique.

Yvon Godin, ex-député fédéral d'Acadie-Bathurst

Yvon Godin reproche au commissaire des langues officielles de ne pas avoir utilisé tous les outils à sa disposition pour forcer la GRC à respecter ses obligations linguistiques. Le commissaire doit intervenir de façon proactive, insiste-t-il, sinon les élus devront le convoquer au Parlement.

Le député conservateur de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke.

Le député conservateur de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Des appuis au comité

Le député conservateur de Beauport-Limoilou Alupa Clarke, qui agit en tant que vice-président du Comité permanent des langues officielles, accueille favorablement la proposition de M. Godin. Il est prêt à travailler avec ses collègues sur ce cas particulier, mais rappelle que le Comité étudie présentement des manières de renforcer la Loi sur les langues officielles.

Je suis prêt à le faire, mais il ne faudrait pas que ce soit dans le cadre d'une réunion normale [mais d'une réunion exceptionnelle], a-t-il déclaré au cours d'une entrevue accordée à Radio-Canada.

Il nous reste 40 heures jusqu'à la fin de la session pour s'attarder à la modernisation de la Loi, qui vise justement à renforcer le libellé de la Loi et à s'assurer que lorsqu'il y a des manquements de ce type-là, on peut faire appel au leadership des politiciens, mais aussi à des moyens plus coercitifs.

Son collègue à la table, le député néo-démocrate de Drummond François Choquette, profitera du passage du commissaire aux langues officielles Raymond Théberge au Comité dans quelques semaines pour lui poser des questions sur son travail d'enquête dans ce dossier.

Je veux m'assurer que l'on voit le commissaire en premier lieu et qu'il nous explique ce qui se passe avec la GRC et comment il collabore. Ensuite, on pourra demander de voir soit la GRC ou le ministre responsable de ce dossier, a-t-il expliqué.

Mélanie Joly, debout, répond à une question.

La ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, durant la période de questions à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La ministre Joly favorable

De passage à Winnipeg, la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie Mélanie Joly estime que des changements doivent être faits quant au fonctionnement de la GRC sur la colline du Parlement.

C'est inacceptable, on doit faire mieux.

Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie

Elle promet d'aborder la question avec son collègue et ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale pour voir de quelle façon la GRC peut répondre aux recommandations.

La Gendarmerie royale du Canada a toutefois affirmé dans une réponse écrite à Radio-Canada qu'elle a déjà pris des mesures pour se conformer à la Loi sur les langues officielles, mais qu'elle doit présenter une mise à jour au commissariat.

La GRC n'embauche maintenant que des membres bilingues pour travailler sur la colline parlementaire et rappelle à ses agents affectés à la colline leur obligation de respecter les langues officielles, a-t-elle cité en guise d'exemple.

Avec la collaboration d'Antoine Trépanier

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale