•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les commissions scolaires dénoncent le manque d'écoute du gouvernement Legault

Le président de la FCSQ, Alain Fortier. Photo: Radio-Canada
Jérôme Labbé
Mathieu Dion

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) regrette de n'avoir pu se faire entendre du ministre des Finances Éric Girard dans le cadre des consultations prébudgétaires. Elle réclame malgré tout des budgets plus importants.

C'est un appel qui risque d'être ignoré, parce que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) veut transformer les commissions scolaires en simples centres de services.

Il n'empêche qu'elles ont voulu vendredi matin procéder à une démonstration de force en organisant une conférence de presse à laquelle une quinzaine de présidents de commissions scolaires avaient été conviés.

« Depuis que le gouvernement est en place, il semble faire fi de son réseau politique scolaire », a dit constater Alain Fortier, président de la FCSQ.

Pourtant, les projets du gouvernement en éducation sont multiples : réforme de la taxe scolaire, obligation d'offrir deux récréations d'au moins 20 minutes dans les écoles primaires, implantation des maternelles 4 ans sur tout le territoire québécois, etc.

Le gouvernement demande notre contribution pour faire aboutir ses projets, mais il refuse de nous écouter pour tenir compte de nos opinions.

Alain Fortier, président de la FCSQ

Les besoins sont pourtant énormes, fait valoir M. Fortin.

Ainsi, la FCSQ demande au gouvernement de réinvestir un milliard de dollars dans les commissions scolaires pour pallier des « compressions paramétriques récurrentes », lit-on dans le communiqué de la fédération.

Ce milliard ne tient toutefois pas compte des réformes proposées depuis l'élection de la CAQ. Ni des investissements en infrastructures.

La FCSQ évalue que, juste pour l'entretien de ses bâtiments, elle aurait besoin d'un milliard de dollars supplémentaires pour chacune des dix prochaines années, alors qu'un minimum de 600 millions serait requis pour construire de nouvelles écoles.

Le défi des maternelles 4 ans

Malgré son opposition au projet, la FCSQ promet d'aider le gouvernement à implanter les maternelles 4 ans partout au Québec, destinées principalement à dépister les troubles d'apprentissage de façon précoce.

« Nous ne croyons pas à la mesure uniformisée, [mais] nous serons collaborateurs », a répété Alain Fortier vendredi. « Là où nous pourrons le faire, nous le ferons. Mais nous croyons aussi que nous avons un réseau de CPE [centres de la petite enfance] extrêmement remarquable au Québec qui peut aussi faire ce travail. »

Ainsi, les commissions scolaires s'engagent à respecter le projet de loi 5, déposé jeudi, qui les obligera à rendre accessible à tous les maternelles 4 ans, et ce, de manière progressive entre 2020 et 2023.

À l'heure actuelle, seules les écoles où l’indice de défavorisation se situe entre 8 et 10, sur une échelle de 10, ont accès à de telles classes.

Une lettre « paternaliste » du ministère?

Signe que le torchon brûle entre les commissions scolaires et le gouvernement, nombre d'entre elles ont vivement réagi à une simple lettre du ministère de l'Éducation reçue la veille de la tempête de mercredi. La missive, signée par la sous-ministre Sylvie Barcelo, les invitait « à limiter les déplacements des élèves, des parents et du personnel », c’est-à-dire à fermer les écoles.

Mme Barcelo signalait aussi « que le ministère de la Sécurité publique rappelle l'importance d'effectuer le déneigement des toitures ».

Le message a été perçu comme un « manque flagrant de confiance envers les employés des commissions scolaires qui se lèvent à 3 h du matin » pour prendre des décisions dans ces circonstances, nous a-t-on confié à la présidence d'une commission scolaire. « Du jamais vu », a ajouté une autre présidence.

C'est comme si tout à coup, à la veille d'une tempête, ce que nous faisons depuis des dizaines et des dizaines d'années, c'est-à-dire d'avoir le souci premier de la sécurité de nos élèves, on n'était pas capable de faire ce travail.

Alain Fortier, président de la FCSQ

Le cabinet du ministre affirme que cette lettre n’était pas une initiative du ministre Jean-François Roberge; il en approuve néanmoins le contenu.

En réponse aux critiques, l’attaché de presse du ministre, Francis Bouchard, rétorque que le ministère « n’a pas été paternaliste, simplement proactif » et qu’il a fait preuve de « diligence ».

L’Organisation de la sécurité civile du Québec aurait invité le ministère à prévenir son réseau pour assurer la sécurité des élèves et du personnel, explique-t-il.

Politique provinciale

Politique