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Le chef conservateur Dennis King présente des excuses pour d’anciens messages Twitter

Dennis King prononce un discours
Dennis King est devenu chef du Parti progressiste-conservateur de l’Île-du-Prince-Édouard le 9 février 2019. Photo: CBC/Brian McInnis
Radio-Canada

Le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, affirme qu'il n'avait pas l'intention d'offusquer qui que ce soit avec ses messages Twitter publiés ces dernières années. Certains de ses messages, dit-il aujourd'hui, n'auraient pas été appropriés de la part d'un chef de parti politique.

Avertissement : cet article contient des mots vulgaires

Dennis King a remporté la course à la direction de son parti le 9 février. Durant sa campagne, explique-t-il, certains messages publiés par l’entremise de son compte Twitter @dennyking7 ont commencé à circuler parmi les progressistes-conservateurs.

Il demande maintenant aux gens qui lisent ces messages de tenir compte du fait qu’il n’était pas chef du parti quand il les a publiés.

Avant de devenir chef, explique M. King, il a été un comédien, un conteur, et il essayait d’augmenter le nombre de ses abonnés en essayant de faire de l’humour. Il a aussi été chroniqueur politique à la pige pour la CBC.

Maintenant qu’il est chef d’un parti politique, ajoute-t-il, il comprend que certaines personnes peuvent s’offusquer.

Si vous êtes offusqués, j’en suis désolé. Ce n’était pas mon but, affirme Dennis King.

Un message de mauvais goût, selon une intervenante

Dennis Kinga publié plus de 5000 messages sur Twiiter depuis l’ouverture de son compte en 2013. Les messages portent majoritairement sur l’actualité sportive et ils ne sont pas considérés comme étant choquants.

Le réseau féministe de l’Île-du-Prince-Édouard juge toutefois que certains messages contiennent des propos misogynes, particulièrement ceux accompagnés du mot clé #uglyonescounttoo (c’est-à-dire: les laides comptent aussi).

La valeur des femmes est souvent réduite à leur pouvoir d’attraction aux yeux des hommes, explique Jillian Kilfoil, du réseau féministe. Ce message Twitter appuie cela et il est de mauvais goût, dit-elle.

Un message Twitter avec le mot clé #uglyonescounttooL'un des messages Twiiter publiés par Dennis King qui contiennent un mot clé controversé. Photo : Twitter

Dennis King reconnaît que ce message est évidemment de mauvais goût lorsque l’on sait qu’il est maintenant chef d’un parti politique. Il assure qu’au moment des faits il ne faisait pas de grandes illusions sur ses chances d’exercer un tel emploi, et qu’il ne publierait rien de tel de nos jours.

Le chef progressiste-conservateur dit qu’il avait informé son parti de ses comptes de médias sociaux aux fins de vérification. Il n’a pas supprimé les messages controversés lorsqu’ils ont refait surface, principalement parce que cela n’aurait pas caché le fait qu’il les avait publiés, explique-t-il.

Il essaie aussi de rester fidèle à lui-même en tant que personne. Il avait une autre vie avant celle de chef politique, souligne-t-il. Cette ancienne vie de communicateur fait partie des raisons pour lesquelles il s’est lancé en politique.

J’ai des défauts. Aucune fumée blanche n’est sortie de la cheminée du Centre Eastlink samedi. Nous n’avons pas élu un pape.

Dennis King, chef du Parti progressiste-conservateur de l’Île-du-Prince-Édouard

Un expert lui conseille d'en supprimer et de s’excuser

CBC a décrit les messages en question à Chad Rogers, un stratège politique établi à Toronto qui a aidé le Parti conservateur du Canada dans le passé à vérifier les antécédents de candidats.

Il affirme qu’un message Twitter de Dennis King publié en janvier 2018 fait référence à Mike Hunt, ce qui est un jeu de mots faisant allusion au sexe féminin, et il qualifie d’ignorant et de stupide un autre message publié en 2016 que les gens peuvent juger insultant envers les clients de Walmart.

Les mots clés #whackos et #inbreeders figurent à la fin du messageUn message Twitter de Dennis King faisant allusion aux clients de Walmart Photo : Twitter@DennyKing7

Le pire, selon Chad Rogers, est un message publié en 2017 qui contient les mots « c***sucker » et qu’il qualifie d’homophobe. Il conseille à M. King de supprimer ce message et de présenter des excuses.

Dennis King se défend en assurant qu’il n’emploie pas cette expression au quotidien. Il dit avoir pris des précautions en n’écrivant pas complètement l’un des mots, et qu’il voulait seulement divertir les gens à l’époque.

Tout le monde peut faire des commentaires déplacés à un moment donné sur les médias sociaux, reconnaît Chad Rogers. Mais, ajoute-t-il, lorsque les propos touchent au racisme, au sexisme, à la misogynie ou à l’homophobie, l’humour a été poussé trop loin et on peut en être tenu responsable.

Faute avouée à demi pardonnée

Jillian Kilfoil ajoute que les politiciens ne devraient pas être tenus en otage par d’anciens messages Twitter.

Le réseau féministe croit que toute personne peut se racheter, explique Mme Kilfoil. Elle invite toute la population de la province, particulièrement les personnalités politiques, à éviter les propos et les comportements misogynes.

Lorsque des personnalités vont trop loin dans leurs propos, le public se demande si elles en tirent des leçons, ajoute Chad Rogers. C’est ce que les gens souhaitent, selon lui.

Avec les renseignements de Kerry Campbell, de CBC

Île-du-Prince-Édouard

Politique provinciale