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  • Envoyés spéciaux
  • Les touristes québécois coincés en Haïti seront rapatriés samedi

    Des manifestants à Port-au-Prince réclament la démission du président Jovenel Moïse.

    Photo : The Associated Press / Dieu Nalio Chery

    Radio-Canada

    Les 113 touristes québécois coincés dans un hôtel d'Haïti depuis plusieurs jours en raison des manifestations et des violences en cours seront rapatriés au pays samedi, a confirmé le premier ministre François Legault. Le transporteur aérien Air Transat avait précédemment fait savoir que des hélicoptères pourraient être employés pour transporter les touristes de leur hôtel à l'aéroport de Port-au-Prince.

    Ottawa a par ailleurs annoncé qu'il suspendait l'expulsion des Haïtiens en instance de renvoi en raison de la situation dans leur pays.

    Alors que l’ambassade canadienne en Haïti est fermée pour une cinquième journée de suite en raison des violentes manifestations et des pillages qui embrasent le pays, Air Transat tente toujours de rapatrier 113 touristes canadiens, pour l'instant incapables de quitter l’hôtel Royal Decameron pour se rendre à l’aéroport de Port-au-Prince.

    Il s'agit de deux groupes de touristes qui avaient acheté un forfait tout-inclus auprès d'Air Transat. L'un des groupes devait prendre l'avion dimanche dernier, l'autre, mercredi.

    Mais dans les deux cas, les transferts de l'Hôtel Royal Decameron à l'aéroport n'ont pu se faire à cause de la présence de barricades sur les routes. Les touristes ont dû réintégrer leur hôtel.

    Lors d'une mêlée de presse, M. Legault s'est dit « inquiet de la situation en Haïti », avant de préciser qu'il avait discuté avec l'ambassadeur du Canada sur place.

    « On regarde la possibilité d'avoir, [samedi] matin, trois hélicoptères qui vont partir de l'hôtel pour amener les 113 passagers à l'aéroport », a précisé le premier ministre, plus tôt vendredi.

    Pour l'instant, la situation semble être sous contrôle.

    François Legault, premier ministre du Québec

    26 écoliers québécois coincés

    Vendredi matin, le vice-président affaires publiques d’Air Transat, Christophe Hennebelle, a par ailleurs confirmé qu’un groupe de 26 élèves et 4 accompagnateurs des écoles Le Boisé et Le tandem, de Victoriaville, se trouvent aussi en Haïti depuis le 6 février. « Nous faisons le maximum pour qu’ils aient de la place sur le vol de dimanche », a déclaré Christophe Hennebelle.

    Le vice-président affaires publiques d’Air Transat a expliqué que la compagnie privilégie toujours pour l'instant un transport des ressortissants canadiens par voie terrestre jusqu’à l’aéroport de Port-au-Prince, où un avion est toujours disponible pour les ramener au Canada.

    Dans un courriel transmis vendredi après-midi, M. Hennebelle a précisé qu'Air Transat « finalise actuellement un plan d’évacuation pour le rapatriement des 113 personnes présentement à l’hôtel Royal Decameron Indigo Beach Resort & Spa, qui sera mis en application au cours des prochaines heures ».

    Les détails du plan seront dévoilés dans un communiqué de presse publié samedi, a précisé le responsable du transporteur aérien.

    Les routes ne sont plus sécuritaires et les autorités policières et militaires ne sont pas en mesure de fournir une escorte aux Canadiens.

    Pour se rendre de l’hôtel jusqu’à l’aéroport international Toussaint Louverture, les touristes doivent en effet franchir une distance de plus de 72 kilomètres, soit un trajet d’environ 1 h 30 à travers plusieurs villes et villages où les heurts se poursuivent sans relâche depuis une semaine.

    Le transporteur n'exclut pas la possibilité d'utiliser des hélicoptères pour transporter les touristes de l'hôtel à l'aéroport. « La route était l’option que nous privilégions hier, mais elle est impraticable en ce moment, et nous considérons donc toutes les options », écrit-il dans un courriel à Radio-Canada. Il dit tenir compte des enjeux de sécurité dans son évaluation des solutions à privilégier.

    Air Transat assure être en contact constant avec Affaires mondiales Canada dans l’attente d’une fenêtre d’opportunité qui permettrait l’évacuation de ces Canadiens, en sécurité dans leur hôtel.

    Ottawa suspend les expulsions vers Haïti

    Au même moment l’Agence des services frontaliers du Canada annonce qu’elle suspend l’expulsion des Haïtiens en instance de renvoi en raison de la situation dans leur pays.

    « Suite à une décision prise par l’ASFC, en date du 15 février 2019, un sursis administratif aux renvois (SAR) vers Haïti entre en vigueur immédiatement jusqu’à nouvel ordre », écrit la porte-parole de l’ASFC, Judith Gadbois-St-Cyr.

    Dans un courriel envoyé à La Presse canadienne, la porte-parole n'a pas indiqué combien de temps ce sursis allait être en vigueur ni combien de gens ont été expulsés du Canada vers Haïti depuis le début de la crise.

    Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que son gouvernement est « très préoccupé par la situation en Haïti », notamment celle des Canadiens coincés là-bas, et qu’il travaille avec « les Affaires mondiales et tout notre corps diplomatique » pour leur venir en aide.

    Le premier ministre Trudeau a ajouté que c’est une situation qui a aussi des impacts sur bien des Canadiens qui ont de la famille et des proches en Haïti.

    En ce qui a trait à la position d’Ottawa face à la contestation du président Jovenel Moïse, le premier ministre s’est contenté de déclarer que le Canada allait « continuer de fournir de l’aide au peuple haïtien ».

    Les tensions sont toujours vives vendredi en Haïti, où les mouvements de protestation populaire contre le président Jovenel Moïse, qui ont déjà fait 7 morts, se poursuivent dans plusieurs villes du pays.

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