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Fausses accusations : Mario Gauthier heureux et déçu du jugement qui lui accorde 100 000 $

Mario Gauthier est adossé au mur d'un corridor du palais de justice de Chicoutimi en compagnie de son avocate.
Mario Gauthier, en pleine discussion avec son avocate Marie-Claude Gagnon lors du procès au civil. Photo: Radio-Canada
Gilles Munger

L'entrepreneur de Jonquière Mario Gauthier se dit à la fois heureux et déçu du jugement de la Cour supérieure qui force une plaignante à payer 100 000 $ pour de fausses accusations d'agressions sexuelles portées contre lui en 2012. Ce montant devra être versé à sa famille et lui.

Sa conjointe Liette Côté indique qu'elle et lui apprécient qu'un second jugement vienne confirmer que l'agression sexuelle n'a jamais eu lieu. Mario Gauthier avait déjà été acquitté des accusations criminelles portées contre lui.

Cette fois-ci, la Cour supérieure force celle qui avait porté plainte aux policiers à verser 100 000 $ de compensations à Mario Gauthier pour avoir porté de fausses accusations.

Liette Côté croit toutefois qu'il sera à peu près impossible de toucher les 100 000 $ des mains de la jeune femme qui avait 14 ans à l'époque parce qu'elle serait insolvable. Elle ajoute que le couple envisage d'aller en appel du jugement de la Cour supérieure pour forcer les policiers à rendre des comptes dans ce dossier.

Dans sa décision au civil, la juge Lise Bergeron indique qu'elle doit forcer la présumée victimes d'agression à compenser Mario Gauthier parce qu'elle ne s'est jamais rendue au tribunal pour présenter sa version des faits. Le Tribunal n'ayant donc pas d'autre choix, sur les questions de fausses déclarations, que de disposer de la demande à la lumière de la preuve présentée, indique la juge Bergeron.

Elle précise d'autre part que la preuve ne permet pas d'identifier une faute de la part des policiers dans ce dossier.

Jugement inquiétant pour les victimes

Cette décision de la juge Lise Bergeron soulève aussi des inquiétudes chez ceux qui aident les victimes d'agressions sexuelles. En forçant la jeune femme à verser une compensation, certaines d’entre elles pourraient craindre des poursuites si jamais leur présumé agresseur était acquitté.

« Ça pourrait avoir un impact de dissuader certaines victimes. C'est important, si c'est un de leur besoin de porter plainte, de tout de même le faire. On peut les informer comment fonctionne le processus judiciaire criminel et civil.

Christine Audet, intervenante sociale à la Maison Isa de Chicoutimi

Elle ajoute qu'il est excessivement rare que les allégations portées par des présumées victimes soient fausses.

À la Direction des poursuites criminelles et pénales, on préfère ne pas commenter, précisant qu'il est trop tôt pour savoir si ce jugement au civil pourrait avoir un impact sur les causes criminelles d'agressions sexuelles.

Saguenay–Lac-St-Jean

Justice et faits divers