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Invasion de hockeyeurs québécois chez les Bombers de Flin Flon

Les six hockeyeurs québécois posent.
De gauche à droite : Vincent Nardone, Chrystopher Collin, Donovan Houle-Villeneuve, Tyler Higgins, Gabriel Waked et Jacob Delorme. Photo: Radio-Canada / Alexandre Lauzon
Charles Lalande

Les Bombers de Flin Flon ont convaincu cette saison six hockeyeurs québécois de se joindre à la formation manitobaine, qui fait partie de la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan (SJHL) parce que cette ville est située à la frontière entre les deux provinces.

L’entraîneur-chef et directeur général de l’équipe, Mike Reagan, est l’un des hommes du monde du hockey qui a attiré le plus grand nombre de Québécois dans l’Ouest canadien au cours des dernières années.

Ce dernier a habité pendant la majeure partie de sa vie à Flin Flon, mais il a fait un arrêt de trois ans au Québec. Il a passé une année, à Causapscal, et deux autres, à Amqui, où il a joué pour les As, dans la Ligue de hockey senior de l'Est du Québec (LHSEQ).

Mike Reagan derrière le banc des Broncos. Ses joueurs et lui regardent attentivement le match.Mike Reagan est l'entraîneur-chef des Bombers de Flin Flon depuis 2006. Il a hérité du poste de directeur général en 2013. Photo : Radio-Canada

Il avoue que ce court passage au Québec lui a permis de créer un bon réseau de contacts. De plus, il se rend à Montréal chaque été pour assister au tournoi Meltdown, qui réunit des centaines de patineurs qui défilent devant des recruteurs de tous les niveaux.

Grâce à ses efforts, Mike Reagan a attiré six Québécois dans son vestiaire cette saison, soit le quart de sa formation.

Chrystopher Collin, attaquant

Chrystopher Collin en action lors d'un match à Weyburn.L'an dernier, Chrystopher Collin a remporté l'or au Défi mondial junior A avec la délégation du Canada-Ouest. Photo : Radio-Canada

Natif de Bois-des-Filion, dans les Basses-Laurentides, l’attaquant Chrystopher Collin dispute sa deuxième saison avec les Bombers, ayant maintenu une moyenne de 1 point par match. Un tel rendement lui a permis de doubler ses statistiques en comparaison à ses années dans les rangs Midget AAA avec les Vikings de Saint-Eustache.

En juillet 2018, Chrystopher Collin s’était engagé avec l’Université d'État de Bowling Green, en Ohio, aux États-Unis, en vue de la saison 2019-2020. Un mois plus tard, il a modifié ses projets en acceptant l’invitation du Titan d’Acadie-Bathurst, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

« Je n’ai pas tant trippé là-bas. Je me suis ouvert les yeux à la dernière minute avant de perdre mes chances de jouer dans la NCAA aux [États-Unis]. Je suis donc revenu à Flin Flon », explique-t-il.

Étant donné qu’il n’a pris part à aucune joute de saison régulière avec le Titan, il lui est encore possible d’accéder à la NCAA en vertu d’une clause spéciale [clearinghouse], dans la mesure où Bowling Green souhaitait toujours faire appel à ses services. Pour y arriver, l’étudiant-athlète pourra faire la demande à un comité, qui tranchera s’il peut ou non suivre son plan initial.

Chrystopher Collin estime qu'il aura une meilleure idée de ce que lui réserve le hockey au cours de l'été.

Vincent Nardone, attaquant

Vincent Nardone en entrevue à Radio-Canada.Vincent Nardone est attendu à l’Université de Nebraska-Omaha pour la saison 2020-2021. En attendant, il ne sait toujours pas où il va jouer l'année prochaine. Photo : Radio-Canada

Au hockey, il est possible de décrire Vincent Nardone comme étant un joueur qui a vécu une éclosion tardive [late bloomer]. L’athlète originaire de Rosemère, près de Montréal, a fait sa place en 2017-2018 dans le Midget AAA, lui aussi à Saint-Eustache, à l’âge de 17 ans, à sa troisième et dernière année d’admissibilité.

Non repêché dans la LHJMQ, l’attaquant n’a pas mis de temps pour faire tourner les têtes dans l’uniforme des Bombers de Flin Flon, à un tel point qu’une quinzaine d’universités américaines étaient à ses trousses. Il a finalement choisi l’Université de Nebraska Omaha pour la saison 2020-2021.

Vincent Nardone en train de patiner lors d'un match à Weyburn.Vincent Nardone est attendu à l’Université de Nebraska-Omaha pour la saison 2020-2021. En attendant, il ne sait toujours pas où il va jouer l'année prochaine. Photo : Radio-Canada

Lors d’une présentation promotionnelle réunissant les meilleurs joueurs des ligues de hockey junior du Manitoba et de la Saskatchewan à la mi-janvier, Vincent Nardone en a mis plein la vue aux nombreux recruteurs présents à Regina.

Selon des informations recueillies sur place, un recruteur des Maple Leafs de Toronto s’y est rendu uniquement pour observer le joueur et lui parler. Le principal intéressé précise qu’il a également discuté avec trois autres formations de la Ligue nationale de hockey (LNH).

« Mes objectifs en arrivant à Flin Flon étaient de signer avec une université américaine et de gagner la Coupe RBC [le championnat canadien], je ne pensais même pas à la LNH. C’est sûr que j’aimerais ça être repêché cet été, mais ça n’a jamais été un objectif. »

J’essaie de ne pas trop y penser et de rester humble, car il y a de fortes chances que ça n’arrive pas.

Vincent Nardone

Donovan Houle-Villeneuve, attaquant

Trois joueurs québécois sur le banc des Bombers.Donovan Houle-Villeneuve (#27) entouré de Chrystopher Collin (à gauche) et Vincent Nardone (à droite). Photo : Radio-Canada

Après s’être fait un nom au Collège Notre-Dame, à Montréal, dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS), Donovan Houle-Villeneuve est arrivé à Flin Flon durant l’été 2017.

L’an dernier, il a eu besoin d’une période d’adaptation afin de s’acclimater à son nouvel environnement. Cette saison, il est nettement plus à l’aise et cela s’est transposé sur la feuille de pointage.

Statistiques de Donovan Houle-Villeneuve 

2017-2018 : 21 points en 58 matchs
2018-2019 : 40 points en 42 matchs

« L’an dernier, c’était un gros changement. Cette saison, je suis arrivé plus fort, plus confiant, plus vite, et j’ai plus de temps de glace, alors ça aide beaucoup », avoue celui qui porte le numéro 27.

L’attaquant droitier aimerait lui aussi faire se tailler une place au sein d'une université américaine. Il dit d’ailleurs être en contact avec quelques équipes, mais n’a toujours pas reçu d’offre. S’il n’y arrive pas, il n’exclut pas la possibilité de disputer une troisième année sous la gouverne de Mike Reagan pour clore sa carrière junior.

Tyler Higgins, défenseur

Tyler Higgins, souriant, en entrevue à Radio-Canada.Après avoir été échangé trois fois et libéré une fois en moins d'un an, Tyler Higgins est heureux de finir sa carrière junior à Flin Flon. Photo : Radio-Canada

Après 140 matchs dans la LHJMQ avec les Foreurs de Val-d’Or, le défenseur à caractère défensif Tyler Higgins a été échangé trois fois en sept mois avant d’être libéré à la fin du mois de novembre 2018.

« Je cherchais une équipe sérieuse avec laquelle j’allais pouvoir finir ma carrière junior. Mon agent m’a fortement recommandé d’aller jouer à Flin Flon. En arrivant, j’ai été surpris de tomber sur cinq gars qui parlent français », admet le géant de 1,95 m et de 104 kg, originaire de Beaconsfield, dans l'ouest de l'île de Montréal.

Après cinq années loin de sa famille et de ses amis, Tyler Higgins souhaite se rapprocher de la maison pour effectuer son stage universitaire. Il a donc contacté les dirigeants des programmes de hockey de l’Université McGill et de l’Université Concordia pour les convaincre de le recruter.

Jacob Delorme, gardien

Jacob Delorme sur le banc des siens lors des cérémonies d'avant-match.Depuis deux ans, le gardien Jacob Delorme a les yeux rivés sur les États-Unis. Photo : Radio-Canada

Repêché par les Foreurs de Val-d’Or durant l’été 2016, le gardien de but Jacob Delorme a préféré explorer un autre chemin que le hockey junior majeur québécois. Le portier de 18 ans en est à sa première saison à Flin Flon. Il espère que cet arrêt au Manitoba lui permettra de réaliser son rêve de jouer dans une université américaine.

« Le processus est enclenché. J’ai déjà parlé avec quelques équipes par l’entremise de mon conseiller, mais rien de sérieux. »

J’envisage de revenir à Flin Flon l’an prochain et d’avoir le poste de numéro un dès le début de la saison.

Jacob Delorme

Ce printemps, le Drummondvillois aimerait bien répéter ses exploits de l’an dernier, alors qu’il avait mené le Boomerang du Cégep André-Laurendeau aux grands honneurs du hockey collégial québécois. Il avait largement contribué aux succès du Boomerang en étant le meilleur gardien de but des séries éliminatoires. En neuf matchs, il a obtenu sept victoires, en plus de conserver une moyenne de buts alloués à 1,67 et un pourcentage d'efficacité de 0,941. « C’est une expérience qui va pouvoir me servir cette année en séries. »

Gabriel Waked, gardien

Gabriel Waked devant son filet lors d'un match à Weyburn.La saison 2019-2020 sera la dernière saison junior de Gabriel Waked. Il ne sait toujours pas à quel endroit il fera son dernier tour de piste. Photo : Radio-Canada

Lors de son passage d’un an avec l’Armada de Blainville-Boisbriand, qui s’est conclu en janvier dernier, le gardien de but de Saint-Bruno-de-Montarville, Gabriel Waked, a été envoyé dans la mêlée seulement dix fois. À Flin Flon, il a disputé le même nombre de joutes en seulement un mois.

« Quand Mike [Reagan] m’a appelé, il m’a dit que les Bombers y allaient pour la Coupe cette année et que j’allais jouer. Je n’ai pas hésité à y aller. Sur le plan personnel, cela a été un peu difficile au début, mais ça va bien maintenant », raconte celui dont le frère aîné, Antoine, évolue dans l’organisation des Canadiens de Montréal.

Avant son arrivée au Manitoba, Gabriel Waked connaissait déjà l'autre gardien québécois, Jacob Delorme. Ils se sont affrontés en 2016-2017 dans les rangs Midget AAA en plus de faire un camp d’été organisé par l’entraîneur des gardiens, Olivier Michaud.

Jusqu'à maintenant, Mike Reagan n'a pas choisi de gardien numéro un. Les deux hommes masqués québécois partagent le filet. « La compétition est saine. C’est toujours bon pour une équipe d’avoir deux bons gardiens. C’est ça qui va nous permettre de remporter les séries », conclut Gabriel Waked. Des propos qui ont trouvé écho chez Jacob Delorme.

Trois papas et une maman des joueurs québécois ont fait le voyage en Saskatchewan pour voir leur fils. Trois papas et une maman des joueurs québécois ont fait le voyage en Saskatchewan pour voir leur fils. En haut : Robert Delorme et Linda Messier (parents de Jacob). En bas : Eric Nardone (père de Vincent) et Julien-Alexandre Houle (père de Donovan). Photo : Radio-Canada / Charles Lalande

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