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Pénurie de foin : des agriculteurs forcés de vendre une partie de leur troupeau pour sauver leur ferme

Des balles de foin sont empilées sur une remorque.
Les réserves de foin sont rares. Photo: Radio-Canada / Emily Blais
Mélissa Savoie-Soulières

Après une saison estivale difficile pour les récoltes, les réserves de foin ne suffisent déjà plus à combler les besoins des agriculteurs. La pénurie de foin tant redoutée par les producteurs est bien réelle.

Le foin étant rare, son prix a augmenté de façon importante : il se vend jusqu'à trois fois plus cher.

L'an dernier, on a rentré pour 17 000 $ de foin. Cette année, mes premières vannes rentrent la semaine prochaine. L'an passé, je payais 45 $, 50 $ la grosse balle carrée. Cette année, c'est 90 $ la même balle, explique Normand Lapointe, producteur laitier à Saguenay.

Des coûts aussi importants occasionnent inévitablement des pertes pour les fermes. Ces pertes risquent d’ailleurs d’avoir des répercussions à long terme, selon l’Union des productions agricoles (UPA).

Pour une ferme qui a un chiffre d'affaires de 500 000 $, un 100 000 $ de moins en deux ans, c'est difficile à passer. C'est des répercussions sur les 5, 10 ans au moins à venir, se désole le producteur bovin Jean-Thomas Maltais.

Devant des coûts aussi élevés, des agriculteurs comme M. Maltais y vont de solutions draconiennes.

Le producteur bovin de Saguenay a décidé de vendre une partie de ses vaches, faute de foin pour les nourrir.

La solution à court terme, ça va être de vendre un 10 % du troupeau pour réussir à arriver au printemps. Mais qu'est-ce que tu veux, on n'a pas le choix. Sinon, on n’arrive pas.

Jean-Thomas Maltais, producteur bovin

Le gouvernement fédéral interpellé

Les agriculteurs réclament de l'aide du gouvernement fédéral. Ils reconnaissent qu'ils ont eu des compensations records cette année, mais rappellent du même souffle qu'ils ont aussi dû faire face à des conditions météo exceptionnelles.

C'est vrai qu'on a eu une compensation record, 11 millions, sauf que c'est une sécheresse record aussi. On ne quête pas, là.

Mario Théberge, président, Union des producteurs agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Vous, vous avez une maison, elle passe au feu, vous êtes indemnisé pour sa valeur, illustre le président régional de l’UPA. Sauf que là, on a une valeur de foin qui n'est plus la réalité.

Des discussions sont en cours avec la Financière agricole et le gouvernement fédéral afin de venir en aide aux agriculteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais également de partout de Québec.

Saguenay–Lac-St-Jean

Agriculture