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Pour l'administration Trump, les voitures importées menacent la sécurité nationale

Plusieurs voitures sont stationnées dans une concession automobile avec des prix de vente affichés sur leur pare-brise
L’administration du président américain Donald Trump agite la menace d'imposer des tarifs douaniers supplémentaires pouvant atteindre 25 % sur les importations de voitures et d'équipements automobiles. Photo: Reuters / Mike Blake
Agence France-Presse

Le département américain du Commerce a conclu que les voitures et les équipements automobiles importés menaçaient la sécurité nationale des États-Unis en affaiblissant leur industrie automobile, ont indiqué des sources concordantes à l'AFP, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles taxes douanières.

Les conclusions de son enquête, révélées jeudi à l'AFP par deux sources automobiles européenne et américaine, risque d'intensifier les tensions avec l'Europe pour laquelle l'automobile est un point sensible. Car elle tombe près d'un an après le début de la guerre commerciale entre les États-Unis et ses partenaires, déclenchée par l'administration Trump avec des taxes douanières supplémentaires sur l'acier et l'aluminium.

Le président républicain Donald Trump a missionné ce département fin mai pour qu'il mène une enquête approfondie sur les importations de véhicules afin de « déterminer leur impact sur la sécurité nationale ».

En toile de fond, il agite la menace d'imposer des tarifs douaniers supplémentaires pouvant atteindre 25 % sur les importations de voitures et d'équipements automobiles, un épouvantail pour cette industrie en Europe, notamment en Allemagne.

Les conclusions de l'enquête sont « positives » sur la question de savoir si les voitures importées sont une menace, a indiqué une source sous couvert d'anonymat, précisant que le rapport du département devrait être remis au président d'ici la date butoir de dimanche soir.

Ces travaux concluent que ces importations sont une mauvaise chose pour la sécurité nationale, a renchéri une seconde source.

En revanche, aucune n'a précisé les recommandations de l'administration Trump ni si certains pays pourraient être exemptés d'une hausse des tarifs douaniers.

Selon une source proche de l'administration américaine, le rapport sera remis à M. Trump « avant l'expiration de la date butoir ».

Le milliardaire disposera alors de 90 jours pour prendre sa décision.

Il n'est toutefois pas certain que le rapport soit rendu public, ont fait valoir les deux sources de l'industrie automobile.

De nouveaux tarifs douaniers?

Pour imposer des droits de douane supplémentaires en mars 2018 sur l'acier et l'aluminium importés, M. Trump s'était servi d'une procédure rarement invoquée de la législation commerciale américaine : l'article 232, qui s'appuie sur des arguments liés à la défense nationale pour limiter l'importation de produits et de biens aux États-Unis.

Après avoir exempté l'Union européenne et le Canada, la Maison-Blanche avait finalement imposé en juin des taxes sur l'acier de ses alliés, suscitant leur indignation et leur incompréhension face à un argumentaire jugé irrecevable et « absurde ».

Invoquer la sécurité nationale pour justifier des taxes imposées aux alliés est « risible », avaient notamment dit le premier ministre canadien Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron.

Les constructeurs allemands dans la ligne de mire

Si Donald Trump décidait d'imposer de nouveaux tarifs douaniers sur l'automobile, les constructeurs allemands seraient parmi les plus touchés.

« Si les tarifs [douaniers] augmentent, ce n'est pas bon pour le consommateur, ce n'est pas bon pour notre réseau de concessionnaires et ce n'est pas bon pour l'économie », a prévenu mercredi Bernhard Kuhnt, PDG de BMW en Amérique du Nord, sur la chaîne CNBC.

La marque a déjà préparé divers scénarios en interne, dont certains pourraient conduire à des suppressions d'emplois aux États-Unis, a mentionné à l'AFP une source proche du dossier.

BMW dispose en Caroline du Sud de la plus grande usine de production de voitures au monde.

En 2017, 70 % des 371 316 véhicules produits sur ce site étaient destinés à l'export.

« Les tensions commerciales sont une source d'incertitudes aussi bien pour les constructeurs que pour les consommateurs », a déclaré à l'AFP une porte-parole de Daimler-Mercedes-Benz.

En 2018, les groupes automobiles allemands ont exporté 470 000 voitures de l'Allemagne vers les États-Unis, selon la fédération des constructeurs VDA.

Selon une étude du cabinet EY, des taxes douanières de 25 % sur les voitures coûteraient près de 8 milliards de dollars aux constructeurs allemands.

Les possibles ripostes de l'Union européenne

Dans le cadre de l'enquête du ministère, les principaux acteurs américains et étrangers ont été interrogés à l'été 2018, et des centaines de commentaires écrits ont été reçus, pour la plupart hostiles à de telles taxes.

Le porte-parole de la Commission européenne Daniel Rosario a rappelé jeudi que Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'étaient mis d'accord fin juillet 2018 pour ne pas imposer de taxes douanières supplémentaires tant que les deux parties étaient en discussions.

« L'UE riposterait si les États-Unis décidaient d'adopter une quelconque mesure », a dit M. Rosario.

Bruxelles a d'ores et déjà préparé une liste de produits qui pourraient être taxés en représailles, à hauteur d'environ 30 milliards de dollars.

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