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analyse

La CAQ et le PQ se retrouvent sur la question identitaire

Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé.
En appuyant la CAQ dans le dossier des signes religieux, le Parti québécois flatte une large part de son électorat. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Alex Boissonneault

Avec la mise en veilleuse de l'option souverainiste, plusieurs s'attendaient à un réalignement de la politique québécoise sur l'axe idéologique gauche-droite. En ce début de mandat du gouvernement Legault, force est de constater que les enjeux de laïcité et d'immigration imposent plutôt l'identité comme nouvelle ligne de fracture.

On pourrait appeler bloc nationaliste les frères ennemis caquistes et péquistes que l'électorat, la migration du personnel politique, et maintenant l'ordre du jour législatif, semblent raccorder malgré eux.

La complicité était bien réelle au Salon bleu, mercredi, quand la députée Catherine Fournier a dénoncé la « campagne de peur du Parti libéral et de Québec solidaire » depuis le dépôt du projet 9.

C'était juste après que le premier ministre François Legault s'est félicité du rapprochement entre son gouvernement et le PQ sur l'interdiction des signes religieux.

L’alliance naturelle

Dans le dossier de la laïcité, il est de plus en plus évident que la CAQ n’aura qu’à lâcher un peu de lest sur la reconnaissance des droits acquis pour que les péquistes appuient un projet de loi.

Une entente avec le PQ permettrait au gouvernement de faire le plein de légitimité. La CAQ pourrait alors se targuer d'interdire le port du voile aux enseignantes avec l’appui d’une majorité des voix exprimées en octobre, en plus de sa majorité parlementaire.

Pour le reste, le chef du Parti québécois, Pascal Bérubé, a rappelé qu'il s'entend avec le ministre Simon Jolin-Barrette sur l'essentiel : pour que la loi soit adoptée avant l’été, et pour tirer un trait sur de nouvelles consultations.

Un pari risqué pour le PQ

En appuyant la CAQ, le Parti québécois flatte une large part de son électorat, tout en demeurant au centre d’un dossier qui fait la pluie et le beau temps sur la scène politique.

Le parti souverainiste a aussi beaucoup à perdre, parce qu’il risque de devenir le faire-valoir du gouvernement. Paradoxalement, le tableau n’est pas sans rappeler la relation initiale entre le PQ et son prédécesseur indépendantiste, le RIN.

La dissolution de ce parti avait déçu le chef péquiste René Lévesque, qui aurait souhaité que le RIN puisse à la fois servir de repoussoir, et crédibiliser sa formation aux yeux de l’électorat.

Comme Lévesque avec les rinistes, Legault aurait beau jeu de donner des allures modérées au nationalisme de la CAQ, en le comparant au Parti québécois.

PLQ-QS alliés par défaut

Pendant ce temps, devant ce bloc nationaliste, libéraux et solidaires semblent aussi engagés dans leur propre rapprochement.

Dominique Anglade et Andrès Fontecilla ont rivalisé d'ardeur pour dénoncer la réforme de l’immigration du gouvernement Legault. En mars, Québec solidaire pourrait rejoindre les libéraux dans leur opposition à l’interdiction du port des signes religieux.

Pour le PLQ et QS, ce mariage de convenance pourrait coûter un divorce avec le vote francophone des régions.

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