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Paraplégique depuis un an, elle fonce dans la vie

Camille René dans une salle de gym, qui fait du vélo avec sa chaise roulante
Camille René s'entraîne dans un gym de Drummondville deux fois par semaine, accompagnée d'une kinésiologue. Photo: Radio-Canada / Josée Ducharme
Marilyn Marceau

Il y a un an, Camille René venait tout juste d'apprendre, à l'âge 23 ans, qu'elle ne pourrait plus jamais marcher. Nous l'avions rencontrée quelques jours après son accident de motoneige et déjà, la jeune femme du Centre-du-Québec promettait de ne pas se laisser abattre par cette nouvelle et de continuer à mordre dans la vie. Un an plus tard, elle peut dire mission accomplie.

Camille René nous accueille chez ses parents, à Saint-Léonard-d’Aston, où elle habite le temps de s’habituer à tous les changements.

Souriante, dans une chaise roulante qui lui laisse un maximum de liberté pour ses mouvements, la jeune femme nous raconte tout ce qu’elle a fait ces derniers mois.

Camille René dans la nature, en ski de fond de lugeAgrandir l’imageCamille René a pratiqué plusieurs sports depuis son accident de motoneige qui l'a laissé paralysée, notamment le ski de fond. Photo : Facebook/Camille René

Elle explique qu’elle a joué au basket, au hockey sur luge, du ski de fond, de l’escalade et même un saut en parachute.

Je voulais vraiment faire du parachute une fois dans ma vie. Un coup que j’ai eu mon accident, je me suis dit : ”je ne m’empêcherai pas de faire ce que je voulais faire avant mon accident”, raconte-t-elle.

Camille René avec un homme en parachuteCamille René rêvait de faire du parachute et elle l'a fait, malgré son handicap. Photo : Facebook/Camille René

Mais c’est dans le vélo que la jeune femme s’est livrée corps et âme. Elle a participé à des championnats canadiens, québécois et à une coupe du monde. Elle est même récemment allée s’entraîner en Floride.

Je suis contente de voir qu’il y a autant de sports qui sont adaptés pour le monde en chaise roulante, parce que c’est déjà quand même dur comme situation, donc c’est l’fun qu’il y ait gros d’ouverture dans cela.

Camille René couchée sur son vélo en habit de compétitionCamille René, lors d'une compétition de vélo Photo : Anael Desmarais photographe

Le choc de la « vraie vie »

Un des moments les plus difficiles pour Camille a été son retour à la maison, après plusieurs semaines passées dans un centre de réadaptation.

D’être de retour dans ma vie, mais en chaise roulante, ça a été rough.

Camille Renée, 24 ans
Camille René dans sa chaise roulante l'hiver, dans sa cour, devant l'église du village de Saint-Léonard d'AstonCamille René a perdu l'usage de ses jambes à l'âge de 23 ans. Un an plus tard, elle est plus active que jamais. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

S’habituer dans l’environnement, c’est ça qui est le plus dur et le point de vue urinaire, tout ce qui a changé sur mon corps et de m’habituer là-dedans.

Elle a aussi dû apprendre à ralentir.

Que ça prenne plus de temps, c’est ça qui est le plus dur. Me préparer le matin ne prend plus cinq minutes, c’est long. Tout est plus long.

Même s’il faut que ce soit plus lentement, Camille René ne veut pas se priver. La jeune femme n’a pas peur d’essayer, quitte à échouer.

Oui, je suis tombée une coupe de fois sur le dos, en essayant des affaires, mais c’est pas grave, je me relève….. Ben je ne me relève pas vraiment toute seule, il y a quelqu’un qui vient m’aider!, raconte-t-elle en riant.

De la force physique et mentale

Camille René doit faire des efforts pour rester autonome et gagner en force. Elle se rend à un gym à Drummondville deux fois par semaine. Une kinésiologue l’accompagne dans son entraînement.

Ça m’apporte de la meilleure forme physique et j’en ai besoin dans ma situation.

La jeune femme était déjà très active, ce qui l’aide.

Son équipe d’intervention souligne aussi qu’elle a une excellente résilience ainsi qu’un bon sens de l’humour et de l’autodérision, ce qui l’amène à progresser rapidement dans sa réadaptation.

Sa force est aussi dans son caractère. Camille René n’a rien perdu de son courage et de son optimisme.

Je suis encore plus positive que je l’étais avant. Je vois plus les bons côtés de tout dans la vie.

Camille René, 24 ans
Amélie Côté-Lambert aux côté de Camille René dans une maisonAmélie Côté-Lambert est la grande amie de Camille René. Elle était présente lors de l'accident, le 3 février 2018. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

Amélie Côté-Lambert connaît Camille depuis toujours. L’accident de motoneige s’est produit devant ses yeux en février 2018. Elle accepte d’en parler publiquement pour la première fois.

Camille venait de déposer son amie chez elle à Saint-Félix-de-Kingsey. Quelques minutes plus tard, en raison d’un problème technique, Camille n’a pas pu éviter une butte qui se trouvait devant elle et est tombée de la motoneige.

Sur le coup, c’était : ”elle va se relever, elle va être correcte”, mais ça n’a pas été ça, dit-elle.

Amélie est montée dans l’ambulance avec Camille. Elle raconte que malgré son état, la jeune femme a fait rire l’ambulancier et les premiers répondants qui y étaient.

Camille René souriante, sur son lit d'hôpitalMême sur son lit d'hôpital, à Sherbrooke, alors qu'elle sait qu'elle ne pourra plus jamais marcher, Camille René trouve la force de sourire. Photo : Gracieuseté de Camille René

Son amie est une source d’inspiration pour elle.

On voit que c’est possible, que ce n’est pas un handicap qui va l'empêcher de vivre, c’est vraiment pas ça, dit-elle.

Amélie assure que Camille René est bien entourée, mais qu’elle le rend bien aussi.

Tout le monde est là pour elle, mais elle est là pour le monde aussi.

Amélie Côté-Lambert, amie de Camille René

Un autre avenir pour Camille

Camille René se sent maintenant prête à franchir de nouvelles étapes. J’aimerais ça être en appartement ou avoir ma maison. J’aimerais ça vraiment être autonome à 100 %, dit-elle.

Je veux avoir ma cuisine adaptée pour me faire à souper, pour que ce soit facile de me faire à manger. Avoir vraiment mon appartement, qui est adapté pour moi, d'être bien dans mes affaires.

Son prochain défi sera aussi de trouver sa voie, professionnellement. Camille René était en voie de devenir agente correctionnelle dans les prisons, mais elle a dû abandonner cette idée.

Ça ne me dérange pas, il y a tellement plein d’options dans la vie que je peux trouver un emploi malgré mon handicap.

Camille rêve aussi de progresser dans le sport et qui sait, peut-être un jour se rendre aux Jeux paralympiques.

Camille René sur son vélo stationnaire, au solDans le garage attenant à la maison, Camille René a installé son vélo adapté sur un support fixe pour pouvoir se pratiquer l’hiver. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

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