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Enseigner le français en immersion, entre vouloir et pouvoir

Les besoins en immersion du Collège Jeanne-Sauvé
Radio-Canada

Des professionnels du secteur de l'immersion française confirment que la hausse de l'intérêt pour ce type d'enseignement s'accompagne d'une réelle difficulté de recrutement. C'est aussi le constat que fait le commissariat aux langues officielles, selon un récent rapport.

À Winnipeg, la Division scolaire Louis-Riel est celle qui a le plus de classes d’immersion en français. Pour son directeur général, Christian Michalik, c’est une bonne chose que le fédéral se rende compte des problèmes du secteur.

« Le défi, c’est que l’immersion continue à être très populaire et que le nombre d'élèves continue à croître », explique-t-il.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, recommande ainsi d’investir 47 millions de dollars pour « trouver des mesures durables pour répondre à ce problème de manque d’enseignants ».

La directrice générale de l’Association canadienne des professionnels de l’immersion (ACPI), Chantal Bourbonnais, abonde dans le même sens que lui.

« Il y a des difficultés d’adaptation à cette hausse fulgurante de 20 % d’inscriptions sur les cinq dernières années », reconnaît-elle.

Où trouver les enseignants?

Selon Chantal Bourbonnais, la principale difficulté est de réussir à trouver des personnes qualifiées pour enseigner.

« Dans les facultés, on peine à recruter des jeunes qui veulent terminer leur scolarité en enseignement du français langue seconde », remarque-t-elle.

La directrice générale de l’ACPI estime qu’il y a un défi pour rendre ce type de formation attrayante.

Le français langue seconde est une spécialité. Les gens en immersion doivent avoir une qualification supplémentaire pour l'enseigner.

Chantal Bourbonnais, directrice générale de l’Association canadienne des professionnels de l’immersion

Elle ajoute que les enseignants en immersion ont également une charge de travail supplémentaire de traduction et d’adaptation des ressources pédagogiques.

Motiver une nouvelle génération

« Il faut repositionner l’enseignement du français langue seconde comme une carrière de choix dans un contexte d’un Canada qui développe son bilinguisme », explique Raymond Théberge insiste.

Avec l’aide du gouvernement fédéral, Chantal Bourbonnais souhaiterait la mise en place d’une campagne nationale de valorisation de la profession.

« Il faudrait viser les jeunes du secondaire, des programmes d‘immersion ou des jeunes qui sont en ce moment en éducation », précise-t-elle.

Le commissaire aux langues officielles voudrait également « trouver des façons d’attirer des gens d’autres professions qui souhaitent changer de carrière ».

La possibilité de créer des passerelles pour recruter des enseignants de français langue étrangère dans d’autres pays tels que la France est également une option envisagée.

Pour Christian Michalik, il est possible de simplement valoriser la profession directement en classe auprès des élèves en la vivant « de façon authentique au quotidien ».

Plus de formations

Il reste que, selon Chantal Bourbonnais, il n’y a encore que trop peu de formations de français langue seconde au pays.

À Winnipeg, l'Université de Saint-Boniface dit qu'elle fait déjà des efforts pour contribuer à réduire la pénurie, la faculté de l'éducation admettant plus d'étudiants.

Au total, l'Université estime qu'entre 60 et 70 futurs enseignants obtiennent leur diplôme chaque année.

Avec des informations d'Abdoulaye Cissoko, Pierre Verrière et Julien Sahuquillo

Manitoba

Éducation