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De futurs enseignants déplorent que leur stage soit supervisé par vidéo

Une belle photo en gros plan
Une caméra Photo: Getty Images / mbbirdy
Alexandre Duval

Les étudiants en enseignement secondaire à l'Université Laval remettent en question la nouvelle approche pour superviser leurs stages. Depuis l'automne dernier, leurs mentors ne se rendent plus en classe; ils analysent plutôt leur performance avec une captation vidéo.

« On a plusieurs membres qui ont vécu cette expérience-là et qui n’ont pas apprécié », note le président de l’Association étudiante en enseignement secondaire à l’Université Laval (AEESUL), Gabriel Ouellet.

Le 30 janvier dernier, l’AEESUL a donc adopté une résolution pour un retour à une présence des superviseurs directement en classe, avec les stagiaires en enseignement.

L’automne dernier, M. Ouellet lui-même a fait l’expérience de cette nouvelle approche pédagogique. Il a donc dû se filmer en classe avec les élèves et c’est sur la base de cette vidéo que sa performance a été analysée.

À part dans les séminaires, je n’ai jamais vu ma superviseure de stage.

Gabriel Ouellet, président de l'Association étudiante en enseignement secondaire à l'Université Laval
Gabriel Ouellet, président de l'Association étudiante en enseignement secondaire à l'Université LavalGabriel Ouellet, président de l'Association étudiante en enseignement secondaire à l'Université Laval Photo : Radio-Canada

À son avis, le recours à la vidéo n’est pas une mauvaise approche en elle-même. M. Ouellet croit toutefois qu’il faut mieux doser, puisque la formule actuelle est trop impersonnelle.

« On veut travailler éventuellement dans un milieu où le contact humain est prioritaire, donc ça vient un peu à contresens de se dire que notre formation perd ce côté humain-là », illustre-t-il.

Dans un monde idéal, les superviseurs devraient se présenter dans les milieux de stage « au moins une fois par semaine », selon M. Ouellet, « pour prendre le pouls de comment va la relation entre le stagiaire et la classe ».

« Avec la vidéoscopie, on ne ressent pas ce lien-là », explique-t-il au nom des quelque 400  étudiants membres de l’AEESUL.

Une formule nouvelle

La captation vidéo s’inscrit dans une vaste entreprise de refonte de la supervision des stages en enseignement à l’Université Laval.

Au printemps 2018, l’Université annonçait que les superviseurs ne seraient plus des enseignants d’expérience, mais plutôt des chargés de cours avec un plus grand bagage académique.

Cette situation avait été dénoncée par le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval (SCCCUL). Devant la grogne, l’administration avait fait marche arrière.

Elle a toutefois maintenu le recours à la vidéoscopie. Le SCCCUL s’était aussi élevé contre cette nouvelle approche, mais la présidente Christine Gauthier dit aujourd’hui vouloir analyser la situation avant de poser un jugement final.

Ce qu’on a convenu, c’est de laisser la chance à ce modèle pédagogique d’être développé […] Il va y avoir une évaluation de ce travail-là qui va être faite au bout d’un an.

Christine Gauhier, présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université Laval
Christine Gauthier, présidente du Syndicat des chargé(e)s de cours de l'Université LavalChristine Gauthier, présidente du Syndicat des chargé(e)s de cours de l'Université Laval Photo : Radio-Canada

Mme Gauthier ajoute que la nouvelle tâche des superviseurs sera aussi analysée puisque le nombre d'heures inclus dans leurs contrats diminué d'environ 50 % par rapport à l'an dernier.

Rencontre prévue

La directrice du département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Université Laval indique que le nouveau modèle de supervision de stage est en cours d'élaboration. « On est dans une année de transition », explique Anabelle Viau-Guay.

Se disant sensible aux revendications des étudiants, Mme Viau-Guay indique qu'une rencontre avec leur association aura lieu lundi. Elle ajoute que dans certains cas particuliers, comme lorsqu'un étudiant éprouve des difficultés, le superviseur peut encore se rendre en classe.

Ce n'est pas une décision mur à mur. On joue avec un ensemble de modalités pédagogiques.

Anabelle Viau-Guay, directrice du département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Université Laval
Anabelle Viau-Guay, directrice du département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Université LavalAnabelle Viau-Guay, directrice du département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Université Laval Photo : Radio-Canada

Mme Viau-Guay explique toutefois que la vidéoscopie a fait ses preuves parce qu'elle permet à l'étudiant d'avoir « un recul supplémentaire sur sa pratique par rapport à une rétroaction qui est faite à chaud ».

Le recours aux captations vidéo permet aussi aux superviseurs de sauver du temps de déplacement. « Notre pari, c'est que le temps qui serait pris à être sur la route, on va le redonner aux stagiaires. »

Le président de l’AEESUL, Gabriel Ouellet, indique que son association prendra le temps de bien documenter les expériences de ses membres au cours des prochaines semaines. Les conclusions seront ensuite présentées à la direction du département.

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