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Le Conseil des écoles fransaskoises veut être le premier à recruter les enseignants francophones

Des élèves en classe.
La Saskatchewan connaît une pénurie d'enseignants francophones. Photo: iStock
Gabrielle Proulx

Le Conseil des écoles fransaskoises (CEF) veut être le premier à mettre la main sur les étudiants francophones qui terminent leurs études universitaires en enseignement en Saskatchewan. En raison de la hausse des inscriptions dans les programmes d'immersion en français au Canada, la compétition s'annonce féroce pour le CEF, qui doit faire face à cette nouvelle réalité.

En prévision de la rentrée scolaire 2019-2020, le coordonnateur des ressources humaines au CEF, Marcel Lizotte, estime avoir besoin d’une vingtaine de nouveaux enseignants francophones.

Avec les départs à la retraite ou les demandes de congés annuels, le recrutement du personnel enseignant francophone demeure une source de préoccupation pour M. Lizotte depuis une dizaine d’années.

Le pire est à venir encore. Je m’excuse, mais c’est la réalité.

Marcel Lizotte

Le CEF demande donc la collaboration du ministère de l’Éducation de la Saskatchewan, du ministère des Langues officielles et de la Francophonie à Ottawa ainsi que des universités pour surmonter cette pénurie. Une demande appuyée par l'Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), qui a diffusé un communiqué à ce sujet vendredi.

Depuis 12 ans, le nombre d'élèves inscrits aux programmes d'immersion et dans les écoles fransaskoises a doublé en Saskatchewan, selon l'ACF. La situation a donc des effets considérables sur « la demande pour les enseignants et les enseignantes francophones dans notre province », d'après l'organisme.

Il va falloir que les gens au niveau des ministères soient aussi proactifs. Puis, qu’on n'attende pas dans deux, trois ans pour dire : "Oh mon dieu, il manque tellement d’enseignants." , poursuit de son côté Marcel Lizotte du CEF.

La popularité des programmes d’immersion

L'augmentation du nombre d'inscriptions d'élèves en immersion française dans la province et dans l'ensemble du pays rend plus difficile le recrutement de professeurs en immersion française, admet le ministère de l’Éducation de la Saskatchewan. 

Ce dernier souligne que le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 comprend un engagement du fédéral et des provinces dans le but de mettre au point une stratégie concernant le recrutement des enseignants en contexte minoritaire.

Par ailleurs, une récente étude du Commissariat aux langues officielles indique que le nombre d'élèves en classe d'immersion a augmenté de 20 % en quatre ans.

Le rapport affirme, entre autres, que l’offre et la demande d’enseignants en français langue seconde pose problème dans certaines régions de l’Ouest canadien et du Nord, là où le nombre relativement restreint de locuteurs du français, le coût élevé de la vie et l’éloignement peuvent créer des défis uniques .

Dans ce contexte, tant le CEF que les programmes d’immersion se font concurrence pour mettre le grappin sur une denrée rare : des enseignants qui maîtrisent le français.

L’attrait socioéconomique des programmes d’immersion ne fait pas de doute pour la directrice générale au niveau national de l’organisme Canadian Parents for French, Nicole Thibeault. Dans ce cas-ci, le recrutement d’enseignants francophones pose aussi un problème pour les écoles d'immersion, selon elle.

Les parents sont nombreux à vouloir inscrire leur enfant dans un programme d'immersion, dit-elle, mais les raisons qui expliquent le manque de places disponibles sont multiples. La raison qui est cependant le plus souvent invoquée est celle du manque d'enseignant.

Souvent, le Conseil scolaire va revenir en disant : c’est une pénurie de profs!

Nicole Thibeault, directrice générale, Canadian Parents for French - national

Pour sa part, l'ACF se réjouit du fait que les Canadiens reconnaissent la valeur du bilinguisme, « mais il faut maintenant régler le défi de la pénurie d’enseignants. Nous croyons que ce rapport [du Commissaire aux langues officielles] indique un point de départ intéressant », de souligner l'organisme.

La qualité du français n'est pas en péril

Le CEF souligne que la pénurie d’enseignants francophones n’a pas d’incidence sur la qualité et les compétences du personnel enseignant.

Depuis deux ans, les futurs enseignants doivent, avant leur embauche, réussir un test de français produit par l'Université TELUQ, au Québec.

Des outils pédagogiques et les services d’un mentor sont aussi offerts aux nouveaux enseignants, souligne le CEF.

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