•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quels pays ont gagné le plus d’Oscars du meilleur film en langue étrangère?

M. Fellini devant une caméra.

Le réalisateur italien Federico Fellini pendant le tournage d'« Amarcord », sorti en 1973 en Italie et en 1974 dans d'autres pays, dont les États-Unis, ce qui le rendait admissible pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1975. Il l'a remporté. C'était son quatrième, un record.

Photo : Getty Images / AFP

Bernard Barbeau

Le long métrage américano-mexicain Roma est l'un de ceux qui pourraient rafler plusieurs honneurs, dimanche soir, lors de la cérémonie des Oscars, notamment dans les catégories du meilleur film et du meilleur film en langue étrangère. Jamais une production non anglophone n'a remporté le prix du meilleur film. C'est l'une des raisons pour lesquelles la catégorie du meilleur film en langue étrangère a été créée.

C’est en effet la seule catégorie où les films réalisés de par le monde n’ont pas à se mesurer à ceux de la machine hollywoodienne. Et même là, certains films étrangers sont produits avec la collaboration de studios américains.

La soirée des Oscars a lieu chaque année depuis 1929. Elle a été diffusée à la radio dès l’année suivante et elle est présentée à la télévision depuis 1953.

C’est à partir de 1948 que l’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui organise la remise de prix, a souhaité récompenser des longs métrages produits en dehors des États-Unis. La Seconde Guerre mondiale était terminée et les Américains s’ouvraient sur le monde.

Jusqu’en 1956, l’Académie a décerné presque chaque année un prix spécial à une oeuvre étrangère pour sa qualité exceptionnelle, sans qu’il y ait d’abord de nominations. Ce prix n'a cependant pas été remis en 1954.

Puis, en 1957, elle en a fait une catégorie régulière.

Les productions de l’Italie et de la France ont outrageusement dominé cette catégorie jusqu’au tournant du millénaire.

Le cinéma du reste du monde s’étant développé au fil des décennies, ces deux pays ont dû apprendre depuis à partager les honneurs.

Tout de même, du total de 70 prix attribués à des films en langue étrangère depuis la cérémonie de 1948, pas moins de 56 sont allés à des productions européennes.



Le réalisateur italien Federico Fellini détient le record du nombre d’Oscars en bonne et due forme dans cette catégorie, soit quatre :

  • La Strada, en 1957
  • Les Nuits de Cabiria, en 1958
  • Huit et demi, en 1964
  • Amarcord, en 1975

M. Fellini partage cependant cet honneur avec son compatriote Vittorio De Sica si l’on tient aussi compte des prix remis avant 1957 :

  • Sciuscià, en 1948 (prix spécial)
  • Le voleur de bicyclette, en 1950 (prix spécial)
  • Hier, aujourd'hui et demain, en 1965
  • Le Jardin des Finzi-Contini, en 1972
Mme Loren et M. de Sica se regardent en souriant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le réalisateur italien Vittorio de Sica, qui a remporté deux Oscars du meilleur film en langue étrangère et deux prix spéciaux, vu ici en 1960 en compagnie de l'actrice Sophia Loren.

Photo : Getty Images / Hulton Archive/Keystone

Seulement quatre autres réalisateurs ont été récompensés plus d’une fois dans cette catégorie :

  • Le Suédois Ingmar Bergman (La Source, en 1961; À travers le miroir, en 1962; Fanny et Alexandre, en 1984)
  • Le Français René Clément (Au-delà des grilles, en 1951; Jeux interdits, en 1953)
  • Le Japonais Akira Kurosawa (Rashomon, en 1952; Dersou Ouzala – pour l'URSS –, en 1976)
  • L'Iranien Asghar Farhadi (Une séparation, en 2012; Le Client, en 2017)

Une seule invasion canadienne

Le seul réalisateur canadien à qui a été remise la statuette du meilleur film en langue étrangère est Denys Arcand, pour Les Invasions barbares, en février 2004.

« Nous sommes tellement reconnaissants de ce que Le Seigneur des anneaux ne se soit pas qualifié pour cette catégorie! » avait déclaré à la blague la productrice Denise Robert sur la scène du Kodak Theater, à Los Angeles. Le Retour du roi, troisième volet de la trilogie de Peter Jackson, avait en effet raflé 11 Oscars ce soir-là.

M. Arcand sourit, tenant sa statuette.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denys Arcand lors de la cérémonie des Oscars en 2004.

Photo : AFP / Laura Rauch

Après que Mme Robert eut procédé aux remerciements d’usage, M. Arcand avait fait rire l’assistance en lançant seulement : « C'est fini! Il n’y a plus de temps pour moi, comme d’habitude! »

Le producteur Daniel Louis complétait le trio monté sur scène pour recevoir l’Oscar des mains de l’actrice d’origine sud-africaine Charlize Theron.

Denys Arcand avait aussi été nommé en 1987 pour Le Déclin de l'empire américain, dont Les Invasions barbares était la suite directe, et en 1990 pour Jésus de Montréal, dont Les Invasions barbares reprenait également quelques personnages.



Le processus de nomination

Les longs métrages en nomination sont désignés par l’Académie à partir des soumissions reçues d’un organisme responsable dans chaque pays. Ici, c'est Téléfilm Canada qui choisit chaque année le film qui représentera le Canada. Chaque pays ne peut soumettre qu’un seul film, et un film ne peut être soumis que par un seul pays, même si plus d’un a collaboré à sa production.

Si l’Académie n’avait reçu que huit soumissions en 1957, ce nombre a depuis explosé, atteignant 92 en 2018. La France est le seul État qui a soumis un film pour chaque cérémonie depuis l'apparition de la catégorie.

Pour qu’un film soit admissible, ses dialogues principaux doivent être dans une langue autre que l’anglais, ce qui explique que ce sont le plus souvent des films de réalisateurs québécois qui représentent le Canada.

Il y a toutefois des exceptions. Par exemple, le film Water, de la Torontoise Deepa Mehta, soumis en 2007, est en hindi et en anglais; et Atanarjuat, du Nunavutois Zacharias Kunuk, soumis en 2002, est en inuktitut. Atanarjuat n'a toutefois pas été retenu pour une nomination, alors que Water l'a été.

Les films en nomination cette fois-ci sont :

  • Werk ohne Autor, de Florian Henckel von Donnersmarck – Allemagne
  • Une affaire de famille, de Hirokazu Kore-eda – Japon
  • Cold War, de Paweł Pawlikowski – Pologne
  • Capharnaüm, de Nadine Labaki – Liban
  • Roma, d’Alfonso Cuarón – Mexique

Téléfilm Canada avait soumis cette année Chien de garde, de Sophie Dupuis, mais il n’a pas été retenu par l’Académie.

Roma pourrait marquer l'histoire des Oscars

Plan d'ensemble des quatre sur un tapis rouge.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón et, de gauche à droite, les actrices Marina de Tavira, Yalitza Aparicio et Nancy Garcia, en décembre dernier.

Photo : Getty Images / Victor Chavez

Comme mentionné plus haut, en plus de la catégorie du meilleur film en langue étrangère, Roma est cité dans celle du meilleur film (Gabriela Rodriguez, productrice), qui clôturera la soirée, de même que dans celles du meilleur réalisateur (Alfonso Cuarón), de la meilleure actrice (Yalitza Aparicio), de la meilleure actrice dans un rôle de soutien (Marina de Tavira), du meilleur scénario original (Alfonso Cuarón), de la meilleure photographie (Alfonso Cuarón), des meilleurs décors, du meilleur montage de son, et du meilleur mixage de son.

Le seul autre long métrage étranger à avoir reçu autant de nominations dans toute l’histoire des Oscars est Tigre et Dragon, d’Ang Lee, en 2001. Le film taïwanais avait remporté quatre statuettes, dont celle du meilleur film en langue étrangère.

Roma a déjà ravi de nombreuses récompenses, dont :

Cinéma

Arts