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Robert Charlebois revient en forme avec un grand cru, Et voilà

À 74 ans, Robert Charlebois lance un vingt-cinquième album en carrière.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Radio-Canada

Il a été capable du meilleur avec Solidaritude (1973), il a été capable du pire avec Swing Charlebois Swing (1977). À 74 ans, Robert Charlebois lance un vingt-cinquième album en studio intitulé Et voilà. Accompagné par le fantôme de Réjean Ducharme, par la voix de sa vieille amie Louise Forestier et par de nouveaux musiciens, le chanteur nous propose un disque de bilan de carrière, inspiré et inspirant. Un cadeau pour les fans.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Ça commence par un riff de blues à la guitare acoustique puis, rapidement, la voix embarque, pleine d’échos du passé, sortie tout droit de la belle époque où l'écrivain Réjean Ducharme donnait, sur des bouts de papier de toilette, des paroles à un Robert Charlebois au sommet de son art.

Le Manque de Confiance en Soi, première chanson de cet album, Ducharme l’avait écrite dans les années 1970 pour Pauline Julien et Robert Charlebois. C'est la conjointe du chanteur qui l'a retrouvée, comme par magie, dans ses archives.

On va manquer not' coup / On va faire fall ball / On va faire pétak

Restons chacun che-nous / On mang' pas trop d'misère / On en mang' pas tant qu'ça / On va toutt pard' nos jobs

Le ton est donné.

Les admirateurs du Robert Charlebois de la première heure vont adorer. Une grande chanson qui fait revivre le pur trip québécois du Garou des années 1970.

Les Enfantômes du passé

Les dix pièces de cet album constituent autant de clins d'oeil à sa carrière, reprenant les mêmes sons, les mêmes expressions musicales. Après avoir salué son ami Réjean Ducharme, l'interprète de Madame Bertrand chante Monsieur L'ingénieur, un duo avec sa vieille complice Louise Forestier. L'allusion est amusante, plus de cinquante ans après leur collaboration à L'Osstidcho, même si, côté inspiration, on est à des années-lumière de Lindberg, leur duo de 1968.

Deux hommes, assis face à face, discutent autour d'un pioano à queue.

Louis-Philippe Ouimet a rencontré Robert Charlebois pour discuter de son nouvel album.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Sur l'autoroute de la nostalgie, Simon Proulx (Les Trois accords) vient prêter main-forte en signant les paroles de Musique de Chambre, un bon yé yé où Robert Charlebois chante son passé de rockeur et son désir de s'habiller en mou.

J'ai planté des fleurs sur mon casque de l'armée / J'ai caché mes pleurs sous mon masque de hockey

Je m'habille en mou, je me lève trop tard / Je veux rien faire d'autre que gratter ma guitare

Charlebois chante son passé, les idoles disparues, dont Johnny Halliday. Sur Johnny, Charlebois a ce trémolo dans la voix qui nous rappelle les années 80. La preuve que le rock, ça se passe très bien en français, merci.

Robert Charlebois solide

Robert Charlebois a écrit les paroles de la moitié de l'album, des histoires d'amour, du temps qui passe, pour la plupart.

Jean-Pierre Ferland chantait « C'est à trente ans que les femmes sont belles / Avant elles sont jolies / Après ça dépend d'elles ». Charlebois, lui, chante le contraire dans Les Filles de mon âge, accompagné par des choeurs à la sauce Beatles :

On grandit ensemble / On vieillit ensemble / Il faudra bien partir ensemble / J'ai toujours aimé les filles de mon âge

Mais on a beau avoir les meilleures chansons du monde, il faut bien bien les orchestrer et les endisquer.

La réalisation de ce disque enregistré à New York et à Montréal a été confiée au duo de réalisateurs Gus van Go et Werner F (Les Trois Accords, Les Cowboys fringants) qui ont bien compris le « son Charlebois ».

La retraite pour Charlebois?

Robert Charlebois a toujours dit que la retraite ce n'était pas pour lui. Sur la chanson-titre de l'album qui semble annoncer la fin d'un chapitre, il récite :

J'ai perdu tellement d'amis cette année / Trois cheveux blancs mais j'ai gardé mon nez

 Plan épaule d'un homme qui discute.

Robert Charlebois

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Après avoir passé 55 ans à bosser pour le public et pour tous les « ratés sympathiques » (Ordinaire), Robert Charlebois chante toujours avec énergie, humour et autodérision.

Et voilà est la preuve qu'il a toujours du panache.

La retraite? Espérons qu'elle ne s'intéressera pas à Charlebois. De toute façon, le golf ne lui a jamais bien fait.


Robert Charlebois
« Et voilà »
Réalisation : Gus van Go et Werner F
La Tribu
Cote : 4/5

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