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L’Inde ouvre la voie à la censure d’Internet

Une photo du premier ministre indien Narenda Modi, en train de prononcer une allocution.

Le premier ministre de l'Inde, Narenda Modi, est derrière cette initiative.

Photo : Reuters / Adnan Abidi

Radio-Canada

Un projet de loi déposé au Parlement indien propose de restreindre certains types de contenus sur Internet et de réduire la protection des communications chiffrées. Une initiative comparée au système de censure chinois et qui suscite des critiques de la part des géants du web.

En vertu des nouvelles règles, les contenus qui violent la vie privée ou qui sont jugés diffamatoires, haineux ou trompeurs par les autorités devraient obligatoirement être retirés des plateformes des géants du web. Des entreprises comme Google, Facebook et Twitter pourraient également être forcées de filtrer le contenu illégal à la source. La définition exacte de ces contenus illégaux n’est toutefois pas spécifiée.

Une autre règle proposée serait de permettre aux forces de l’ordre d’accéder aux communications chiffrées de services comme WhatsApp afin de pouvoir facilement retrouver les auteurs de messages. WhatsApp est régulièrement montré du doigt en Inde en raison du fait que l’application permet de propager rapidement de fausses informations qui ont déjà mené à des meurtres ou à d’autres événements tragiques.

Sous les nouvelles règles, les entreprises qui recevraient une plainte des autorités auraient 24 heures pour supprimer le compte à l’origine du contenu problématique et 72 heures pour retirer le contenu lui-même.

Le Parlement indien permet à la population de se prononcer sur les règles proposées jusqu’à jeudi soir. Le projet de loi pourrait donc être adopté dès vendredi.

Craintes de censure

Des organismes de défense des droits et libertés et des entreprises du web ont critiqué les règles proposées par l’Inde ces dernières semaines.

La question de l’accès aux communications chiffrées inquiète ces groupes, qui disent craindre pour la sécurité des internautes. Une loi portant sur cette question en Australie avait été vertement critiquée à la fin de l’année 2018.

« C’est inquiétant, parce que ça transforme les entreprises en ligne en censeurs et que ça réduit la sécurité », a expliqué à Forbes Amba Kak, avocate et conseillère en politiques publiques en Inde à Mozilla. « Les règles ne définissent pas ce qui compte comme du contenu “illégal” [...]. Et en raison de cette définition trop large, les entreprises seront forcées de faire appel à leur jugement en l’absence de contexte, et elles seront incitées à “supprimer d’abord et penser plus tard” ».

Certains commentateurs disent craindre les dérives si ce projet de loi était adopté. « Les changements proposés tendent vers l’autoritarisme », a indiqué au New York Times Apar Gupta, directeur général de l’Internet Freedom Foundation, qui défend les droits des internautes. « C’est très semblable à ce que la Chine fait à ses citoyens lorsqu’elle surveille toutes leurs actions et leurs publications sur les réseaux sociaux. »

Avec les informations de Forbes, et The New York Times

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