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CFG Construction de Québec responsable de la mort d'un camionneur

Le camion accidenté sur le site du chantier
Camion accidenté sur le site du chantier Photo: Sûreté du Québec
Radio-Canada

L'entreprise CFG Construction de Québec est déclarée coupable d'avoir causé la mort de l'un de ses employés, Albert Paradis.

Albert Paradis, 50 ans, a perdu la vie après que son camion se soit renversé dans une pente du parc éolien de la Seigneurie de Beaupré, en septembre 2012.

La juge Hélène Bouillon s'est montrée très sévère jeudi en déclarant l'entreprise coupable de négligence criminelle causant la mort.

La compagnie a fait preuve d'un « haut niveau de négligence » dans l'entretien et les réparations du camion de 12 roues, estime la juge Bouillon.

Le camion s'était renversé dans une courbe. Il n'y avait aucune trace de freinage apparente.

CFG Construction responsable de la mort d'un camionneur : réaction de la fille du défunt

L'ensemble du système de freinage était dans un état de déséquilibre à la suite de réparations parcellaires insuffisantes.

Hélène Bouillon, juge de la Cour du Québec

Le Tribunal s'est montré critique envers le propriétaire de l'entreprise, Franky Glode, qui a affirmé au procès que la santé et la sécurité des employés étaient au coeur de ses préoccupations.

« Le témoignage de ce dirigeant, pourtant bien articulé, est tout sauf transparent », a vilipendé la juge.

Elle a retenu que le manque d'entretien du poids lourd et son état mécanique déficient étaient connus au sein de l'entreprise « où les économies de bout de chandelle régissent les dépenses ».

CFG Construction s'était placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité deux ans avant le drame.

Le camionneur se plaignait de l'état des freins

Albert Paradis s'était plaint à de nombreuses reprises du système de freinage du camion, allant même jusqu'à aviser sa conjointe dans les instants avant l'accident que s'il n'était pas rentré pour le souper, c'est qu'il serait mort.

La juge a rejeté la prétention voulant que le travailleur ait pu et dû ne pas prendre la route s'il entretenait des doutes sur la fiabilité de son poids lourd.

« Sa décision de gagner sa vie pour faire vivre sa famille, de faire le travail demandé, malgré ses craintes et ses appréhensions, ne peut signifier un transfert complet de responsabilité et décharger la compagnie du respect de ses obligations légales de maintenir le camion dans un état sécuritaire », a tranché la juge Bouillon.

Albert Paradis était camionneur, pas mécanicien.

la juge Hélène Bouillon

La famille du défunt satisfaite

La veuve d'Albert Paradis a lancé un cri de satisfaction lorsque la juge a déclaré l'entreprise coupable, avant d'éclater en sanglots tout comme ses trois enfants également présents dans la salle.

« Dans le fond, ça ne ramènera jamais notre père, mais ce qu'on veut, c'est montrer un exemple que c'est important que les camionneurs soient entendus », a déclaré la fille du défunt, Jessy Paradis.

La famille a trouvé particulièrement éprouvant des éléments soulevés par l'entreprise pour tenter de se défendre.

Par exemple, le camionneur toujours à l'emploi de CFG, Jean-François Godon, a soulevé l'hypothèse qu'Albert Paradis s'était jetée en bas du camion pour avoir de la CSST.

« Ça fait mal parce qu'Albert ce n'était pas un lâche, c'était un travaillant », a fait valoir la conjointe du défunt, Sylvie Dionne.

La juge a d'ailleurs qualifié ce moyen de défense de « théorie tristement saugrenue ».

Amende

Le Tribunal devra maintenant déterminer le montant de l'amende à imposer à l'entreprise fautive. La famille d'Albert Paradis n'a pas d'attente à cette étape des procédures.

« Le montant, qu'ils vont demander, ça ne changera rien. Mais, au moins, les camionneurs seront protégés et il n'y a pas une autre famille qui va vivre ce qu'on a vécu », a exprimé la veuve.

Le propriétaire de l'entreprise Franky Glode a rapidement quitté la salle d'audience sans faire de commentaire.

Procès et poursuites

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