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Offrir des douches... au lit en CHSLD

Un dispositif portable permet aux préposés de laver des résidents de CHSLD dans leur lit.

Photo : Radio-Canada

Davide Gentile

Dans un réseau à court d'espace et de personnel, offrir un bain aux résidents des CHSLD demeure un défi. Le CISSS des Laurentides compte offrir à certains d'entre eux une solution de rechange : la douche au lit.

Un nouvel appareil fait son apparition dans les CHSLD des Laurentides depuis quelques semaines.

Le dispositif mobile permet d'offrir une douche au lit aux résidents des établissements de longue durée de la région. « Le client reste dans sa chambre et on n'a pas à le manipuler avec le lève-personne », explique la préposée aux bénéficiaires Caroline Bondu.

Testée l'automne dernier, la douche au lit Rubis sera graduellement implantée dans les 15 CHSLD du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides.

Remplacer le bain

Pour installer la douche portative, on passe d'abord une toile de caoutchouc sous le résident en l'accrochant avec d'énormes pinces aux rebords métalliques du lit. On crée ainsi une cuve temporaire qui remplace le bain le temps de laver le résident.

Des préposées utilisent l'appareil sur un mannequin.

Des préposées préposées utilisent la double portative sur un mannequin.

Photo : Radio-Canada

L'appareil, placé près du lit, contient de l'eau chauffée et un pommeau de douche qui sert à laver et rincer le résident de la tête aux pieds. L'eau utilisée est aussi aspirée et renvoyée vers le module dans un compartiment séparé. On sèche la personne après le lavage qui est effectué sans que la personne ait eu à quitter son lit.

Plus rapide que d'utiliser un lève-personne

Les premiers essais du nouvel appareil d'hygiène ont été très concluants, relate Caroline Bondu, préposée aux bénéficiaires au Centre multiservice de Rivière-Rouge. « Ça nous a pris 35 minutes de A à Z. C'est moins long que ce que ça aurait pris en donnant un bain », précise-t-elle.

Le bain au lit n'est pas la solution idéale pour tous les résidents, mais l'appareil est plus confortable pour les patients très malades ou très fragiles physiquement.

« Pour un client qui a une fracture, c'est souvent mieux de donner un bain au lit que de le bouger plusieurs fois », souligne Caroline Bondu. Une situation de plus en plus fréquente, surtout que la moyenne d'âge des résidents en CHSLD augmente et que leur mobilité diminue.

Réduire l'anxiété

Christophe Cadoz précise que le résident visé « est celui qui vit une anxiété par rapport au processus de transfert ». C'est le cas des résidents incapables de marcher, qui doivent être déplacés avec un lève-personne, suspendus. Ils sont nus sur plusieurs mètres entre leur chaise jusqu'au bain.

Une préposée transporte un mannequin avec un lève-personne.

Une préposée transporte un mannequin avec un lève-personne.

Photo : Radio-Canada

Une opération qui est souvent source d'anxiété et de douleur. « Quand tu les déplaces, des fois on les entend [les os] craquer », raconte la préposée Caroline Bondu.

Pour bonifier les services

« Quand c'est le bon soin pour la bonne personne, je pense que c'est définitivement un gain de temps », ajoute Christophe Cadoz, directeur des services aux personnes âgées au CISSS des Laurentides. Un élément important. Surtout que le réseau veut offrir à tous les résidents qui le souhaitent deux bains par semaine, alors qu'on manque de personnel.

En plus, la vétusté et le manque d'espace de plusieurs CHSLD rendent souvent l'ajout de salles de bain difficile. « Une salle de bain avec lève-personne, ça prend beaucoup d'espace. On ne peut pas toujours trouver cet espace », mentionne M. Cadoz. Comme il est portatif, le système de douche au lit, qui se vend 15 000 $, peut aussi se transporter d'une chambre à l'autre.

L'entreprise française qui commercialise le bain Rubis, qui a fait certifier son produit au Canada, a déjà convaincu des résidences privées d'acheter ce produit. « D'autres régions comme la Mauricie et l'Estrie commencent à réagir », confirme Lionel Bertorello d'Équipement médical mobile. Il affirme ne pas avoir rencontré de résistance chez le personnel des CHSLD ayant testé le produit.

Une impression confirmée par la préposée Caroline Bondu. « Les employés étaient curieux de savoir comment ça fonctionne, dit-elle. Parce qu'ici, comme ailleurs, la pression sur les préposés augmente d'année en année en raison du vieillissement de la population. »

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