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Des missionnaires du Bas-Saint-Laurent coincés en Haïti

Un pneu en feu dans une rue d'Haïti.

Des Québécois sont coincés en Haïti en raison des manifestations.

Photo : Radio-Canada

Maya Arseneau

Huit missionnaires du Bas-Saint-Laurent font partie de la centaine de Québécois bloqués en Haïti. Marie Beaulac, Clermont Deschênes et leur groupe devaient revenir de leur mission pour « La Bible Parle » mercredi, mais ils sont coincés dans ce pays des Caraïbes en raison de manifestations violentes.

Marie Beaulac et Clermont Deschênes sont originaires de Rimouski et de Mont-Joli. Leur retour d'Haïti était prévu mercredi, mais en raison des tensions actuelles dans le pays, ils ne sont toujours pas revenus.

Ils se trouvent présentement à 200 km de Port-au-Prince, et ils ne peuvent pas se rendre à l'aéroport, puisque des routes et des ponts sont bloqués.

La mission où vivent les missionnaires, à 200 km de Port-au-Prince.

La mission où vivent les missionnaires, à 200 km de Port-au-Prince

Photo : Gracieuseté - Marie Beaulac

Clermont Deschênes explique que la compagnie aérienne Air Transat leur a dit de se rendre à l'aéroport, à Port-au-Prince, mais le groupe affirme qu'avec 200 km de route à faire pour atteindre la capitale, il lui est impossible de s'y rendre de façon sécuritaire.

Toutes les routes sont bloquées, des grosses manifestations, des pneus qui brûlent. On ne peut pas sortir de notre camp plus qu'à 10 minutes à pied, pratiquement, puisque tout est fermé.

Clermont Deschênes, missionnaire

Il faut comprendre qu'il y a une seule route qui va à Port-au-Prince, il n'y a pas deux routes, il n'y a pas de routes secondaires. La route principale, si elle est bloquée, personne ne peut bouger, affirme Clermont Deschênes.

Tensions palpables

Le directeur de l’accueil et du culte et du ministère de la famille pour « La Bible Parle », Michel Bougie, explique que le groupe soutient la petite communauté de Tiverny depuis deux décennies.

Il affirme que le groupe y a construit une clinique, une clinique dentaire et 137 maisons depuis le tremblement de terre de 2010. L'organisme offre aussi des repas quotidiennement à 2000 élèves.

Pour ces raisons, ils pensent que le milieu les protégerait si jamais les choses dégénéraient, mais n'ont pas de craintes particulières à cet égard.

Ça fait 20 ans qu’on oeuvre en Haïti, on a vu plusieurs situations, on a vécu le tremblement de terre, on a vécu des coups d’État, mais il semble que, cette fois-ci, la population manifeste son désarroi de façon quand même assez importante, plus importante qu’on a vu dans les dernières années.

Michel Bougie, directeur de l’accueil et du culte et du ministère de la famille pour « La Bible Parle »

Clermont Deschênes ajoute que le groupe ne prend pas de risques.

Si quelqu'un va sur la route avec une voiture, ils vont nous dire de rebrousser chemin. Ils sont hostiles si on essaie de passer. Si on essayait de passer, ce serait extrêmement dangereux, mais on fait aucune tentative pour mettre la vie en péril des gens. On n'a pas essayé de sortir non plus parce qu'on a eu des avertissements que tout est complètement fermé. Donc, on est à notre camp, on a une bâtisse missionnaire et on reste tranquilles en attendant le déroulement des événements, soutient le missionnaire.

Il ajoute qu'il y a une seule solution pour quitter le pays : qu'un hélicoptère vienne les chercher.

En attente de réponses du gouvernement fédéral

Jusqu'à maintenant, on n'a eu aucune nouvelle. Ils disent qu'ils suivent ça de près, mais on n'a pas vu une alerte du gouvernement canadien de dire : "On va aller chercher nos Canadiens". On n'a pas vu rien de leur côté, déplore-t-il.

Le missionnaire explique que le groupe s'est buté à des réponses vagues à la suite de leurs courriels à l'ambassade.

Tout le monde dit : "Attendez". C'est comme s'ils se relancent la balle. Est-ce qu'Air Transat est le responsable parce qu'il y a eu du trouble [en] Haïti, ou est-ce que le gouvernement canadien va prendre à coeur de venir chercher ses compatriotes? C'est ça qu'on attend, de voir qui va prendre la pole pour nous aider à sortir, explique-t-il.

Clermont Deschênes assure que les missionnaires ont assez de nourriture et de médicaments pour le moment. Il indique que tout le monde va bien, même s'il ignore comment le groupe va s'en sortir.

On garde le fort et on va voir ce qui va arriver, soutient-il.

Dans un communiqué jeudi après-midi, le gouvernement fédéral a indiqué qu'il suivait de près l'évolution de la situation en Haïti et que le consulat était prêt « à fournir de l'aide à ceux qui pourraient en avoir besoin ».

D'après l'entrevue réalisée par Richard Daigle à l'Heure de l'Est

Bas-Saint-Laurent

Justice et faits divers