•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le spectre d'une épidémie de peste porcine africaine fait frémir les producteurs canadiens

Quatre porcs s'agitent derrière une barrière, leur museau entre les barreaux.
Selon le ministère de l’Agriculture du Canada, l’industrie porcine canadienne contribue pour 24 milliards de dollars à l’économie du pays et représente 4,5 milliards de dollars en exportations. Photo: iStock
Denis-Michel Thibeault

Cinq ans après les premiers cas de diarrhée épidémique porcine (DEP) au Canada, la peste porcine africaine (PPA) rend les autorités nerveuses. Bien qu'aucun cas n'ait encore détecté au pays, l'Agence canadienne d'inspection des aliments et les producteurs sont aux aguets.

Selon le directeur général de Porc Manitoba, Andrew Dickson, la découverte de la PPA serait un désastre pour les producteurs canadiens.

« Nos exportations s'arrêteraient immédiatement si l'on découvrait la maladie, affirme-t-il. Ce serait un désastre majeur pour notre industrie. »

Il explique que 70 % du porc canadien et 90 % du porc manitobain sont destinés à l’exportation.

Selon le ministère de l’Agriculture du Canada, l’industrie porcine canadienne contribue pour 24 milliards de dollars à l’économie du pays et représente 4,5 milliards de dollars en exportations.

Plus de 8000 fermes et 100 000 travailleurs, surtout au Québec, en Ontario et au Manitoba, pourraient être touchés si la PPA arrivait au Canada.

La maladie a été détectée en Europe, au mois de juillet 2017, et en Chine, à l’été 2018.

La peste porcine africaine est une maladie virale fortement contagieuse qui touche les cochons d'élevage et sauvages. Le virus entraîne des taux de mortalité élevés et peut infecter les troupeaux. Il n'existe pas de traitement ni de vaccin.

Prendre les précautions nécessaires

Bien que l’Agence canadienne d’inspection des aliments ne s’inquiète pas encore de l’arrivée de la maladie au Canada, d’importantes précautions sont prises.

« Notre gouvernement prend très au sérieux la menace que représente la PPA pour la santé de nos animaux et l'industrie porcine canadienne. Alors que la PPA ne comporte aucun risque pour la santé humaine, on sait qu'elle pourrait avoir un effet dévastateur sur les fermes et sur ceux qui dépendent de l'industrie porcine », affirme le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Lawrence MacAulay.

En 2017, le plus important producteur de porc au Manitoba, HyLife, avait été durement touché par la DEP. Plus de 35 000 porcs avaient dû être abattus pour éviter la propagation. Depuis cinq ans, près de 100 000 animaux ont été abattus au Manitoba à cause de la DEP.

Le président de HyLife, Claude Vielfaure, souhaite éviter qu’une épidémie similaire ne se reproduise, surtout que, cette fois, les exportations seraient suspendues.

« Pour nous, ce serait un désastre. La Chine achète beaucoup de nos produits », affirme-t-il.

M. Vielfaure affirme également porter une attention particulière à ses importations, qui pourraient contaminer les troupeaux.

« On amène beaucoup de produits importés de la Chine et on travaille au niveau national avec le Conseil canadien du porc pour nous assurer que nous importons des produits qui sont sécuritaires », affirme-t-il.

Le gouvernement canadien dit que cette maladie peut s’introduire au pays de plusieurs façons :

  • Les voyageurs qui entrent ou retournent au Canada et qui ne déclarent pas de la viande ou des produits contenant de la viande;
  • Les voyageurs qui visitent des fermes dans des pays ou des régions infectées par la PPA et, à leur retour, visitent des fermes au Canada;
  • Du fourrage et des ingrédients utilisés dans le fourrage provenant de pays infectés;
  • Le fait de nourrir des cochons avec de la viande ou des produits contenant de la viande (restants de cuisine, nourriture pour animaux de compagnie, etc.), une pratique illégale au Canada;
  • Des mesures insuffisantes dans la ferme pour prévenir l’infection.

« Le gouvernement fédéral est chargé de s’assurer que la maladie n’entre pas au Canada », affirme Andrew Dickson, qui admet toutefois que les producteurs ont aussi un rôle à jouer.

Le ministère de l'Agriculture dit qu'un comité de gestion portant sur la PPA, réunissant des dirigeants des gouvernements fédéral et provincial ainsi que de l’industrie dans ce secteur, a été mis en place. Le comité examinera des mesures,puis les adoptera et les mettra en œuvre rapidement et coordonnera les efforts pour réagir rapidement si une épidémie se déclarait au pays.

Santé

Économie