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Attaque dans un Canadian Tire : Rehab Dughmosh condamnée à 7 ans de prison

Une illustration judiciaire montre l'accusée, Rehab Dughmosh, assistée d'une interprète en langue arabe durant son procès.

Rehab Dughmosh, assistée d'une interprète en langue arabe durant son procès

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Radio-Canada

Rehab Dughmosh, une Ontarienne reconnue coupable en janvier d'une attaque terroriste dans un magasin Canadian Tire à Toronto, écope d'une peine d'emprisonnement de sept ans.

Revêtue d'un drapeau du groupe armé État islamique, Rehab Dughmosh s'était attaquée en juin 2017 à des employés du magasin avec un couteau et un bâton de golf, avant d'être maîtrisée au sol.

Personne n'avait été blessé grièvement.

La femme de 34 ans avait admis les faits reprochés à son procès, disant agir au nom de Daech qu'elle avait tenté de rejoindre sans succès en 2016 en Syrie.

En cour jeudi matin, l'inculpée, vêtue d'un niqab, est demeurée impassible tout au long du prononcé de sa sentence.

La juge Maureen Forestell a indiqué qu'elle avait tenu compte des circonstances particulières du crime et de la prévenue en imposant la peine, notamment ses problèmes de santé mentale qui l'ont amenée à adopter un système de croyances extrémistes.

Selon les renseignements présentés en cour, elle souffrirait de troubles d'anxiété et potentiellement de psychoses et d’hallucinations, des symptômes pour lesquels elle reçoit présentement des traitements qui semblent efficaces.

La magistrate a aussi cité comme facteur atténuant la confession de la mère de famille, ce qui a mené à de plus courtes procédures judiciaires.

En revanche, la juge a expliqué que la nature terroriste du crime et l’ampleur de la préparation pour cette attaque agissaient comme facteurs aggravants.

Rehab Dughmosh ne pouvait plaider coupable, parce qu'elle ne reconnaît pas l'autorité de la justice canadienne.

Outre son intention de se joindre à un groupe terroriste, la Torontoise avait été reconnue coupable de fabrication et de possession d'armes et d'agression armée.

En raison du temps déjà passé en détention, Rehab Dughmosh devrait passer environ 4 ans et demi de plus derrière les barreaux. Il reviendra à la Commission des libérations conditionnelles de déterminer si elle peut être libérée plus tôt, si elle ne représente plus une menace pour la société.

Troubles mentaux

La Couronne demandait une peine de 8 ans de prison, citant aussi la condition mentale de Rehab Dughmosh comme facteur atténuant.

Un examen psychiatrique mené en 2017 indiquait que la Torontoise était apte à subir son procès.

Toutefois, le mari de la prévenue avait raconté aux enquêteurs qu’elle passait beaucoup de temps seule, enfermée jour et nuit dans une pièce de leur appartement, regardant en boucle des vidéos de propagande de l'EI. Elle disait qu’elle entendait des voix et était convaincue qu’elle faisait l’objet d’une surveillance constante des autorités.

Rehab Dughmosh, qui n'a pas d'avocat, avait refusé de parler pour sa défense lorsque la magistrate lui a demandé de présenter ses arguments.

L'amie de la cour, Ingrid Grant, avait pour sa part indiqué que la femme était en partie en rémission grâce aux médicaments antipsychotiques qu'on lui a prescrits en détention. Selon elle, la prévenue n'affiche plus de comportement obsessif compulsif, ses hallucinations ont disparu et elle n'a plus d'envies meurtrières ni d'idées suicidaires.

Avec des renseignements fournis par Katherine Brulotte et Jean-Philippe Nadeau

Toronto

Terrorisme