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Le Barachois au cœur d'une controverse entre Matane et son diffuseur

Bâtiment sous la neige près du fleuve Saint-Laurent.
Le centre d'arts le Barachois de Matane est ouvert seulement l'été. Photo: Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Jean-François Deschênes

La nouvelle entente que veut imposer la Ville de Matane au diffuseur de spectacle Kaméléart ne plaît pas. Les points de vue sont tellement divergents entre les deux groupes que le diffuseur a décidé de se retirer pour une année, le temps de faire le point sur son avenir.

Cette pause ne commencera pas tout de suite. Le diffuseur assure qu’il présentera les spectacles prévus à l’horaire ce printemps.

Le diffuseur espère revenir en 2020.

Ce choix difficile a été pris à la suite de la décision de la Ville de Matane de changer les règles d'administration concernant le théâtre d'été le Barachois selon le président par intérim, Bobby Marmen.

La Ville voulait imposer un nombre de spectacles et voulait que l'organisation prenne à sa charge toutes les activités qui peuvent se dérouler dans le Barachois, même celles qui ne se passent pas sur une scène, ce que Kaméléart refuse. Nous considérons que nous n’avons pas l’expertise pour faire la gestion, la location de ce bâtiment-là. Nous préférons nous concentrer sur notre mission première évidemment qui est la diffusion de spectacles , soutient M. Marmen.

Bobby MarmenBobby Marmen, président par intérim de Kaméléart Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

M. Marmen ajoute qu’en n’acceptant pas cette nouvelle entente, Kaméléart se prive d’un financement annuel de la Ville. Il fallait se recentrer avec nos propres activités.

Nous avions des divergences avec la Ville de Matane et je pense que comme conseil d’administration, tout à fait autonome, nous avons pris notre décision afin justement de repenser notre mission et être certains qu’on dessert bien notre diffusion de spectacles à Matane.

Bobby Marmen, président par intérim, Kaméléart
Le Centre d'art le Barachois de Matane.Kaméléart offre des spectacles au Centre d'art le Barachois de Matane depuis une trentaine d'années. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Main tendue

Le maire de Matane, Jérôme Landry, est surpris de la réaction du diffuseur et leur tend la main pour qu'ils en viennent à une entente.

Il croit cependant que l’offre de la Ville était raisonnable, soit 50 000 $ en financement annuel plus 10 000 $ pour la gestion du bâtiment.

Il rappelle que la Ville a versé plus de 400 000 $ dans les dernières années à Kaméléart pour les soutenir parce qu'ils vivaient de graves problèmes financiers. C’est de l’argent payé par les citoyens et il faut voir que Kaméléart, le deux tiers de leur spectacle sont déficitaires.

Nous ce qu’on essaie de faire, c’est de trouver une façon de les aider à être plus viable. Donc économiquement de réussir à générer plus de revenus en faisant des spectacles qui répondent mieux aux besoins des citoyens.

Jérôme Landry, maire de Matane

Conséquences

Cette décision n’est pas sans conséquence.

La directrice, Marie-Claude Soucy, et un employé à la billetterie perdront leur emploi dans quelques semaines ainsi que les nombreux contractuels qui sont employés durant les spectacles.

La directrice reste philosophe dans les circonstances. Ç’a été réfléchi, ç’a été étudié, ç’a été analysé, ce n’est pas une décision coup de tête. Ça, c’est rassurant. Moi j’ai terriblement confiance que Kaméléart va revenir plus fort.

Le directeur du Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec (ROSEQ), Frédéric Lagacé, estime qu'avec le retrait de Kaméléart, il sera difficile pour les Matanais de faire partie de la tournée des artistes de son organisation cet été.

Mine de rien, l’été est à nos portes quand on parle de diffusion parce que bon il y a toute une série d’opérations que ce soit contractuel, au niveau des communications, au niveau de la production de spectacle et les délais sont trop courts pour parvenir à une entente pour cet été, explique M. Lagacé.

Durant cette pause, Kaméléart se retire du comité qui planche sur le projet de nouvelle salle de spectacle.

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