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Vers un essouflement de la course à pied en Estrie?

Un homme se prépare pour une course à pied en attachant les lacets de son soulier.

Course à pied

Photo : iStock

Radio-Canada

Le manque de bénévoles force l'annulation de courses en Estrie. Après le Défi des collines enneigé de Sainte-Catherine-de-Hatley, qui devait avoir lieu le samedi 16 février, le Demi-marathon de Coaticook est forcé de prendre une pause en 2019. Toutefois, plusieurs autres facteurs nuisent à l'organisation de tels événements dans la région.

Le directeur de course de Courir en Estrie Patrick Mahony reconnaît que l’organisation des courses se complexifie depuis quelques années. C’est de plus en plus difficile d’avoir des bénévoles, même si on a des organismes pour nous donner un coup de main et qu’on [leur] fait un don. Les gens ont des contraintes de temps, ont d’autres activités, c’est la fin de semaine… 

Il souligne également la lassitude ou la fatigue d’un « noyau » de bénévoles, qui assume année après année l’organisation des courses, sans voir de relève. Je pige toujours dans la même talle de bénévoles. Il y en a qui se tanne, et c’est normal […] ce n’est vraiment pas facile, mais leur présence est extrêmement appréciée quand ils sont là.

La course n’est d’ailleurs pas le seul sport à souffrir du manque de bénévoles. Patrick Mahony montre du doigt le Tour de la relève internationale de Rimouski, un événement international de vélo sur route, qui a également jeté l'éponge en 2019, faute d'intérêt de la population et de manque de bénévoles.

Personne ne voulait s'en occuper. Les gens n’ont juste plus de temps.

Patrick Mahony, directeur de course de Courir en Estrie

Météo et perte d’intérêt

D’autres facteurs compliquent également l’organisation des courses, selon Patrick Mahony, dont la météo en dent de scie. Selon lui, les gens hésitent longuement avant de s’inscrire afin d’être sûrs d’avoir un temps clément la journée de l’événement. Or, les inscriptions de dernières minutes causent plusieurs problèmes, puisqu’il est difficile d’estimer le nombre de personnes qui seront présentes. Les gens préfèrent payer deux fois le prix et être certains de la température.

Patrick Mahony admet également que l’intérêt pour la course commence à diminuer au profit d’autres sports comme le triathlon, qui permet de varier les entraînements et donner un répit aux parties du corps extrêmement sollicitées par la course. D’autres sportifs ont opté pour le vélo, qui connaît un engouement depuis deux, trois ans.

Les courses connaissent ainsi généralement une baisse de 10 % des inscriptions, une diminution « notable ».

Cela a été une grosse mode. Certains ont embarqué là-dedans tête première, sans trop se préparer. Ils voulaient courir toutes les fins de semaine en faisant leur meilleur temps et se sont blessés.

Patrick Mahony, directeur de course de Courir en Estrie

Stagnations du nombre de courses

S’il y a eu une explosion des activités de course pendant quelques années, ce nombre stagne depuis trois ans, autre signe de la baisse d’intérêt pour ce sport. Il y a un eu gros boum, tout le monde et sa grand-mère organisaient une course et il y a en qui ont des expériences qui n’ont pas été très concluantes, cela a été très difficile sur l’organisation […] le nombre de courses est à la baisse, le nombre de coureurs aussi. Les gens ont un très grand choix et vont magasiner. 

Les courses festives – ces courses orientées davantage vers le happening– ont également fait du tort aux événements axés sur la compétition, selon Patrick Mahony. Mais même ces courses, dont de grandes franchises, n’échappent pas à la baisse de participation. L’été dernier, la Color Run de Sherbrooke a été annulée, faute d’un nombre suffisant de participants. La course avait pourtant réussi à attirer plus de 5000 coureurs lors de sa première édition sherbrookoise, en 2015.

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